Burundi : Santé publique 2025-2026 — vaccination, épidémies, pénurie de personnel et essor des mutuelles

Avec 198 articles publiés entre janvier 2025 et juin 2026, soit 11,4 % de la communication officielle totale, la santé constitue le troisième grand axe de l’action publique burundaise. L’analyse met en évidence une priorité donnée à la lutte contre les maladies et à la prévention, dans un contexte marqué par des progrès sanitaires réels mais aussi par des défis structurels persistants.

Gitega, 07/07/2026 (BdiAgnews) – L’analyse de la communication officielle du Burundi entre janvier 2025 et juin 2026 révèle que la santé publique occupe une place stratégique, avec 198 articles publiés, soit 11,4 % de l’ensemble des publications gouvernementales. Cette couverture est assurée à près de 78 % par l’Agence Burundaise de Presse (ABP), traduisant une volonté des autorités de mettre en avant les politiques sanitaires engagées durant la période.

La répartition des publications, illustrée par le graphique ci-joint, fait apparaître huit grandes thématiques. La lutte contre les maladies constitue la première priorité sanitaire avec 52 articles (26,3 %). Les campagnes de vaccination et de prévention arrivent en deuxième position avec 38 articles (19,2 %), suivies des infrastructures sanitaires (27 articles — 14,1 %), de la santé maternelle et infantile (24 articles — 12,1 %) et de la coopération sanitaire internationale (20 articles — 10,1 %). Les questions liées au personnel médical et à la formation représentent 18 articles (9,1 %), tandis que la gouvernance sanitaire (12 articles — 6,1 %) et l’accès aux soins (6 articles — 3,0 %) apparaissent moins présentes dans la communication officielle.

La période est marquée par plusieurs progrès concrets. La vaccination contre le cancer du col de l’utérus — troisième cause de mortalité féminine au Burundi — a permis d’atteindre 69,9 % de la population cible. Les campagnes de distribution de moustiquaires, numérisées pour la première fois dans certaines provinces comme Ngozi, ont renforcé la lutte contre le paludisme, qui demeure la première pathologie recensée dans plusieurs districts sanitaires. Dans le domaine vétérinaire, des campagnes de grande ampleur ont été menées contre la fièvre de la vallée du Rift (52 288 bovins vaccinés en 2025), la dermatose nodulaire contagieuse et la fièvre aphteuse, contribuant directement à la sécurité sanitaire des ménages ruraux. En janvier 2026, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a officiellement validé l’élimination du trachome au Burundi, l’un des principaux succès sanitaires de la période et l’aboutissement de plusieurs années d’efforts dans les zones rurales.

Malgré ces progrès, des fragilités demeurent. Le choléra continue d’affecter plusieurs communes : des foyers ont été documentés à Rugombo en septembre 2025, à Cibitoke en février 2026 et dans le camp de réfugiés de Busuma en décembre 2025. La circulation du virus de la grippe de type A a été confirmée par le ministère de la Santé en janvier 2026. Face aux risques régionaux liés au Mpox et à la flambée d’Ebola en juin 2026, les autorités ont intensifié les campagnes de sensibilisation, notamment auprès des établissements scolaires, avec la mobilisation directe de la Première Dame, S.E. Ndayubaha Angéline.

L’inauguration de l’hôpital Ineza à Kabezi en mars 2025, la modernisation de l’hôpital militaire de Kamenge et l’ouverture d’une filière universitaire de médecine d’urgence et de secourisme professionnel en juin 2026 témoignent des investissements réalisés dans le secteur. Ces efforts demeurent cependant confrontés à une pénurie importante de ressources humaines : le Burundi estime avoir besoin de 3 800 sages-femmes supplémentaires pour réduire la mortalité maternelle et néonatale, tandis que plusieurs provinces enregistrent une désertion continue de prestataires de soins — dont au moins 14 dans la seule province sanitaire de Kayanza en janvier 2025.

Le développement des mutuelles communautaires de santé s’est nettement accéléré au premier semestre 2026. La réforme du Code de la protection sociale, adoptée en mai 2026, les travaux de la 9ème Assemblée Générale de la Commission Nationale de Protection Sociale (CNPS) et les campagnes de sensibilisation à l’adhésion reflètent une volonté politique d’élargir la couverture sanitaire. Toutefois, le coût des cotisations demeure un obstacle majeur pour de nombreux ménages ruraux, dans un pays où la pauvreté limite déjà l’accès à une alimentation équilibrée. Le Burundi a parallèlement renforcé ses partenariats avec l’OMS, l’Africa CDC, l’UNICEF et l’UNFPA, dans les domaines de la prévention, de la surveillance épidémiologique et du renforcement des capacités, notamment à travers la signature d’accords de don avec la BAD, l’UNICEF et l’OMS en septembre 2025.

Cette dynamique sanitaire a été portée par deux ministres sur la période. Le Dr Baradahana Lydwine a dirigé le Ministère de la Santé Publique pendant près de dix-huit mois. Sous son mandat ont été enregistrées les principales avancées de la période : la validation par l’OMS de l’élimination du trachome en janvier 2026, l’atteinte de 69,9 % de la population cible pour la vaccination contre le cancer du col de l’utérus, la gestion des foyers de choléra à Rugombo et Cibitoke — sur lesquels elle a tenu une conférence de presse en avril 2026 — et la signature des accords de don avec la BAD, l’UNICEF et l’OMS en septembre 2025. Le décret n°100/082 du 11 novembre 2025 confirmait d’ailleurs qu’elle était bien en poste à cette date, ce texte portant nomination de hauts cadres du ministère sur sa proposition, dont l’Inspecteur Général Dr Irambona Frédéric Faustin. Le Dr Nkezabahizi Fidèle lui a succédé après une prestation de serment à l’hémicycle de Kigobe le 29 avril 2026. Dès le jour de sa prise de fonctions, il a lancé officiellement l’introduction du vaccin contre le VPH (virus du papillome humain), déclarant : « Le Gouvernement du Burundi fait de la lutte contre le cancer du col de l’utérus une priorité nationale. »

Au terme de ces dix-huit mois, le bilan sanitaire dessine un système de santé engagé dans une dynamique de modernisation, où la prévention et la lutte contre les maladies dominent les politiques publiques. Les progrès enregistrés en matière de vaccination, d’élimination du trachome et d’essor des mutuelles contrastent avec des difficultés structurelles persistantes : insuffisance du personnel médical, inégalités d’accès aux soins, vulnérabilité des infrastructures et maintien de foyers épidémiques. À travers la présidence burundaise de l’Union africaine depuis février 2026, le Burundi dispose désormais d’une tribune supplémentaire pour promouvoir les priorités sanitaires du continent et consolider ses partenariats internationaux, à l’approche de l’échéance électorale de 2027.

Référence statistique : Analyse de 198 articles publiés entre janvier 2025 et juin 2026 sur la santé publique au Burundi (Présidence de la République, Burundi Agnews, Agence Burundaise de Presse).

DAM, NY, AGNEWS, https://burundi-agnews.org, Mardi 7 juillet 2026 | Photo : BdiAgnews / Archives

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