Burundi :  Reprise en main sur ses richesses minières

Burundi, Ingoma y’Uburundi : D’un État Tambour millénaire à la renaissance économique sous le nouveau monde multipolaire

Le Burundi, Ingoma y’Uburundi, est un vieux État « Tambour » millénaire en Afrique. Depuis 1879, il a fait face à l’agression de « la Croix et la Bannière » — une alliance coloniale qui a visé à détruire son ordre traditionnel et ses institutions politiques et socio-économiques.

Un peuple, une mémoire brisée : repères historiques

PériodeÉvénement
1879–1919Agression de « la Croix et la Bannière » contre Ingoma y’Uburundi : la colonisation.
1911Hans Meyer installe l’outil raciste colonial géopolitique du conflit interethnique Hutu–Tutsi.
1920–1930Génocide contre les Banyamabanga, avec pour intention de démanteler Ingoma (État et institutions politiques des Barundi) et l’Ubumu (système socio-économique des Barundi).
1929Destruction de l’institution du Karyenda, le Tambour Sacré. Mukakaryenda, Ruburisoni, est convertie de force et devient Maria Ruburisoni. Karyenda disparaît. Les Bahima et les Bami b’Ijuru (Ntare wi Nkoma, Nzobe yi kirwa, Mutaga wa Magamba, Mwambutsa wa Magamba) n’ont plus de fonctions.
1935–1950Conversion massive des Barundi au christianisme, majoritairement au catholicisme.
1959–1966Destruction d’Ingoma pour instaurer un État néocolonial : la République.
1962Fin de la colonisation : indépendance du Burundi.
 
  
1966–1972-73Destruction de l’Ubumu : génocide contre les Hutu du Burundi pour instaurer une économie de marché.
1988–1998Guerre géopolitique entre les États-Unis et la France (fracture au sein de la Croix et la Bannière) : massacres de Ntega Marangara (1988) ; la France lance la démocratisation de l’Afrique à la Baule (1990).
1993–2003Guerre civile burundaise.
1998Déclaration de Saint-Malo : fin de la guerre en Afrique entre la France et le monde anglo-saxon (USA-UK).
2003–2022En pleine globalisation unipolaire américaine néolibérale (GUAN), ethnicisation de la société à travers l’accord d’Arusha et démocratisation du Burundi.
 
Ainsi, de 1881 à nos jours, le Burundi fait face à la colonialité.  Aujourd’hui, en 2026, le monde est entré dans le nouveau monde multipolaire des BRICS+. Abordant les grands dossiers de l’actualité nationale dans une interview exclusive au Journal Intumwa, S.E. le Président Ndayishimiye Évariste , Général Major, est longuement revenu sur la question des minerais, un secteur qu’il considère comme l’un des moteurs de la transformation économique du Burundi.
Le chef de l’État a regretté que, durant plusieurs décennies, les richesses minières du pays aient été exploitées sans que les revenus générés ne profitent réellement aux caisses de l’État ni à la politique socio-économique burundaise.
Le Président a également déploré que, depuis l’époque coloniale jusqu’à une période récente, les Burundais aient été amenés à croire que leur sous-sol était pauvre en ressources minières. Selon lui, cette perception a longtemps été entretenue et transmise de génération en génération, y compris à travers l’enseignement scolaire, alors que le Burundi dispose en réalité d’un potentiel minier important.
Illustrant cette réalité, un étudiant burundais poursuivant ses études à l’étranger a témoigné : « Dans l’université où j’étudiais, on nous enseignait que le Burundi faisait partie des pays africains disposant d’importantes ressources minières. ». Un constat qui contraste avec les idées longtemps véhiculées à l’intérieur du pays sur les richesses de son sous-sol.
Le Président Ndayishimiye a salué les réformes engagées ces dernières années dans le secteur minier, notamment l’implication des jeunes et des coopératives dans une exploitation mieux organisée et davantage encadrée par l’État. Grâce à cette nouvelle approche, les minerais sont désormais exploités et exportés à travers des circuits officiels, permettant au pays de mieux tirer profit de ses ressources naturelles.
Selon le Président, les premiers résultats de cette politique commencent déjà à se faire sentir à travers l’augmentation des recettes issues des exportations minières et l’entrée accrue de devises dans l’économie nationale. Il a notamment fait remarquer que, depuis le démarrage de cette nouvelle dynamique dans le secteur minier, le dollar américain continue de baisser sur le marché parallèle, une évolution qu’il associe à l’amélioration progressive de la disponibilité des devises dans le pays.
Pour le chef de l’État, la valorisation transparente et responsable des ressources minières représente une opportunité historique pour accélérer le développement économique du Burundi. Il estime que les richesses du sous-sol doivent désormais profiter aux Burundais et contribuer davantage à la création d’emplois, au financement des projets de développement et à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Références

– En février 2025, l’Union africaine (UA) a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains. Cette décision, adoptée le 16 février 2025 lors de la 38ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marque un tournant décisif dans la quête de justice historique pour le continent. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à son tour une résolution historique, qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité ».
– Baranyanka CharlesLe Burundi face à la Croix et à la Bannière, Bruxelles, 2015. (« La Croix et la Bannière » désigne l’alliance historique entre le Vatican, la France — notamment via les Pères Blancs de Lavigerie —, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les États-Unis contre l’ordre traditionnel burundais depuis le XIXᵉ siècle.) – Ave Caesar, Bruxelles, 2017.
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– Rugurika MathiasRepères historiques du Burundi : Tome 1 : de la période précoloniale à l’indépendance, le 1er juillet 1962, 2022.
– Nahimana Karolero PascalHistoire du Burundi : Les grandes dates de l’histoire des Barundi et de l’État millénaire africain — Ingoma y’Uburundi, Bruxelles, Génération Afrique, 2024. – Réfugiés du Burundi — Quand Ingoma s’est tu. Histoire géopolitique d’un peuple brisé par la colonialité, Bruxelles, Génération Afrique, 2025. – Burundi : La diaspora burundaise — Du monde, de Belgique et d’ailleurs — Histoire, trajectoires et ancrage, Bruxelles, Génération Afrique, 2025.
– Kubwayo FélixLa lente reconnaissance du génocide de 1972 contre les Hutu du Burundi, Bruxelles, 2025. – Mémorandum sur les massacres répétitifs des Hutu du Burundi de l’indépendance à 1992 : Appel à la conscience mondiale, Bruxelles, 2025. –  Le regard rétroactif du Burundi Politique, Bruxelles, 2026.
– Ntibantunganya SylvestreHistoire d’un génocide occulté : Le génocide des Bahutu du Burundi de 1972-1973, Bruxelles, Sigumugani, 2025.
– Niyongabo PhilippeLes phares étouffés dans le brouillard de la haine, Bruxelles, Éd. Sigumugani, 2026.
– Nzeyimana FrédéricBurundi : Génocide des Bahutu par la dynastie des Batutsi Bahima Nazis : Une analyse anthropologique des mensonges de l’histoire et des origines rwandaises du génocide contre les Bahutu du Burundi, Montréal, Éd. Sigumugani, 2025. – et al., Mémorandum au Chef de l’État du Burundi : Desiderata des victimes du génocide commis contre les Bahutu du Burundi en 1972-1973, Montréal, Éd. Sigumugani, 2025.
– Sindayigaya Jean-MarieRenaissance de l’Afrique par les Valeurs de l’Africanité-Ubuntu, Bruxelles, 2023.
– Ntabona AdrienL’Ubuntu (Humanité réussie), ses roses et ses épines au Burundi, Bujumbura, Cirid, 2020. – Les bashingantahe repères vivants de l’Ubuntu, Bujumbura, Cirid, 2022.
– Harerimana Eric-InnocentUmurundi, une identité inclusive, Éd. Iwacu, Bruxelles, 2025.
Bigirimana Jean, La révolution sahélienne : Appel à l’unité africaine, Les Éditions du Net, Bruxelles, 2026. –Réinventer le Burundi : L’énergie, l’agriculture, les TIC et l’éducation comme fondements du futur, Les Éditions du Net, Bruxelles, 2025.
Ndagijimana Benjamin, Une nation en marche : 60 ans de pièges déjoués — Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi, Éditions Burundi Imprimerie, Bujumbura, 2026.
 
 
 
DAM, AGNEWS, NY : burundi-agnews.org, Dimanche 31 mai 2026 |  Photo : Intumwa Burundi @IntumwaNews
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