Burundi: La France-Afrique, les Franc-maçons et le Génocide burundais

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La France-Afrique : Il y a  60 ans au Cameroun  ( Photo : cameroonvoice.com )

La France-Afrique : Il y a 60 ans au Cameroun ( Photo : cameroonvoice.com )

En 1954, Cheikh Anta Diop sort “Antériorité des Civilisations nègres”. Il se met dos à dos toute la France-Afrique  ( un réseau de familles de Colons Français qui se sont enrichis sur le dos de l’Afrique, colonisée par la France ) mais en même temps les Francs-Maçons (  une organisation -dite secrète-  regroupant une partie de élite intellectuelle juive de la diaspora. Elle est née au 17ème siècle en Écosse et en Angleterre, alors que le peuple juif était sans patrie )… Pour les colons français, il ne faisait aucun doute de la supériorité raciale du Blanc sur le Noir. Tandis que, pour l’élite juive, la civilisation occidentale ( civilisation du monde civilisé ) était essentiellement grecque et juive (c’est à dire Judéo-chrétienne).

Le Burundi, ex-  vieux Royaume millénaire africain appelé autrefois Ingoma Y’Uburundi ,  depuis quelques semaines,  est accusé de préparer un Génocide  à l’instar de ce qui s’est passée au Rwanda en 1994. Les réseaux qui l’accusent sont d’une part :  la France-Afrique  et de l’autre,  les Francs-maçons.

Tout part d’un article du  The Guardian  sorti le 6 avril 2014, date du début de la commémoration du 20 ème anniversaire du Génocide du Rwanda …  Cet article, dont la source  est le patron du Bureau des Nations-Unis au Burundi  BNUB  ( connu pour ses liens avec la France-Afrique) accuse ( sans donner de preuves ) l’armée burundaise d’armer des jeunes militants du parti CNDD-FDD  (  la formation politique dont est issue le Président du Burundi , le très populaire S.E. Nkurunziza Pierre )  à l’instar des INTERHAMWE rwandais …   Le Génocide des Tutsi du Rwanda est très cher aux Francs-Maçons qui, depuis, son déclenchement en 1994,  en ont fait leur cause en mémoire du Génocide Juif de la 2ème guerre mondiale perpétré par l’ignoble Hitler qui a fait 6 millions de victimes : la Shoah.

A  un an des élections de 2015 au Burundi,  la France-Afrique souhaite un changement de régime dans ce pays. Elle espère un retour des Bahima burundais à la tête du pouvoir.  Elle a préparé ses poulains politiques burundais  et elle voudrait les mettre en position de bataille pour gagner. L’enjeu des élections de 2015, c’est le contenu du prochain quinquennat. Le Burundi va, dès 2017, acquérir une certaine indépendance énergétique avec les nombreux barrages hydroélectriques construites avec l’aide remarquée de la coopération Chinoise ( mais aussi de quelques états européens et de la Banques Africaines de Développement BAD ). Ainsi, les exploitations des gisements du sous-sols burundais (dont le Nickel …)  pourront débuter.     La France-Afrique, n’étant pas en odeur de sainteté, avec le régime démocratique actuellement au Burundi, qui a redonné le pouvoir aux enfants de l’ancien Royaume millénaire des Barundi ,   planifie – un plan macabre pour le Burundi -.

Ce plan est expliqué en filigrane par  M. Bernard Lugan,  historien français spécialiste de l’Afrique, né le 10 mai 1946 à Meknès au Maroc (en Afrique du nord) à travers son dernier livre : Rwanda, le Génocide en questions ( édition du Rocher, 2014 )  La France-Afrique, s’inspirant des leçons géopolitiques et géostratégiques du vécu au Rwanda  ( voir vidéo ), décrites par M. Bernard Lugan,   pense pouvoir provoquer et reproduire les mêmes effets au Burundi…

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Rwanda, le Génocide en questions ( Bernard Lugan, janvier 2014 )

Comme ce plan macabre de la France-Afrique surfe sur le Génocide Rwandais, il ne fallait pas attendre longtemps  une mobilisation quasi simultanée de toute la Franc-maçonnerie. Le gouvernement du Burundi est aujourd’hui acculé à s’expliquer sur des accusations sans fondement qui lui sont faites d’une part –  par la France-Afrique et ses média et autres associations interposés  ( RFI, AFP, Jeunes Afriques, PANA, Fédération Internationale des Droits de l’Homme FIDH ); et  de l’autre les Francs-maçons.   Il s’agit d’une des étapes du plan de conditionnement du Burundi pour arriver  à celles des années 1990 au Rwanda.

Pour comprendre cette guerre que mène la France-Afrique contre le Burundi de Pierre NKURUNZIZA, il faut remonter à l’indépendance vers les années 1960. Le Burundi acquière son indépendance en 1962  dans le sang,  avec l’assassinat du Prince (ou Muganwa) Rwagasore, la pendaison des fils  du prince Pierre Baranyanka,  et la mort suspecte du Prince Kamatari.  Cette situation est produite par les Bahima Burundais, coalisés secrètement à la France-Afrique, au détriment du  Cercle Royal Africain ou de La Royale Union coloniale belge  ( des organisations regroupant les familles de Colons Belges au Congo Belge et au Ruanda-Urundi  ). En 1965, au même moment que la France et la Belgique  préparent l’arrivée au pouvoir de Mobutu au Congo Kinshasa, après avoir tué le premier ministre  NGENDADUMWE Pierre,  des officiers Bahima burundais, fraîchement sortis de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en France, font un coup d’état.  Ces officiers  massacrent et exécutent des milliers de Barundi notamment parmi les chefs coutumiers liés aux clans royaux burundais (  c’est à dire des Bahanza, des Bajiji, et des Bashubi en particulier ).  Le Roi Mwambutsa IV prend la fuite. Afin de déposséder le Roi de ses pouvoirs pour qu’il ne puisse agir  de l’extérieur,  les Bahima burundais intronisent rapidement son fils qu’ils ont sous la main – Charles NDIZEYE- qui devient le roi NTARE V.   Quelques mois plus tard, les Bahima burundais (Micombero)  s’installent au pouvoir en abolissant la Monarchie millénaire burundaise et en instaurant la République.   La Belgique venait de perdre sa colonie Burundaise au détriment de la France. Certaines familles de colons Belges  arrivent toutefois à tirer les marrons du feu. Il s’agit pour la plupart de familles de Francs-maçons ( issues du courant politique libéral Belge).  Ceux-ci poursuivront leur destin colonial -impérialiste –  au sein de  la France-Afrique. Dès 1969, le Régime dictatorial  Hima du militaire Micombero  met à  exécution – le Plan Simbananiye – ( Le plan Hima au Burundi ) Ainsi des centaines d’officiers et d’administratifs  Barundi (dont des Ministres ) sont exécutés.   Le pire arrive en 1972 : Le Génocide Régicide du Burundi , le premier Génocide de grande ampleur  de l’Afrique des Grands-Lacs.  Entre avril et mai 1972,  quelques 500 000 Barundi dit “Bahutu” ( dont le jeune roi Charles NDIZEYE )  sont massacrés par le Régime des Bahima Burundais. Près d’ 1,2 Millions de Barundi Bahutu fuient le Burundi pour se réfugier au Zaïre (Congo RDC), au Rwanda, et en Tanzanie.   Lors de ce Génocide, la France-Afrique offre  gracieusement deux hélicoptères Alouettes III,  pour  massacrer un plus grand nombre de Barundi Bahutu.

Voici ce que diront des milieux proches de la  Franc-maçonnerie belge  lors de ce génocide contre les Barundi Bahutu du Burundi en 1972  à travers ce document –  NAUFRAGE AU BURUNDI – . On remarque que la Franc-maçonnerie belge  est mobilisée face à ce génocide mais en même temps, on minimise en insistant sur l’aspect tribal et en épousant l’argumentaire du Régime Hima de Micombero ( allié de la France-Afrique ) qui évoque la légitime défense alors qu’il n’en est rien.   Toutefois, il faut le reconnaître les Francs-maçons  aux USA, au Canada, et ailleurs dans le monde étaient interpellés par ce crime des crimes.  Par ailleurs, aux Nations-Unis, il existe un dossier dormant évoquant ce Génocide contre les Hutu du Burundi ( le rapport Whitaker de 1983  – du rapporteur spécial de l’ONU  Benjamin Whitaker –  ce rapport avait pour vocation de faire progresser la prévention et la répression du crime de génocide dans le monde ).

De 1965 à 2005, le régime dictatorial des Bahima burundais ( Micombero, Bagaza, Buyoya) sera choyé par cette France-Afrique.  La Dictature des Bahima Burundais ( Micombero, Bagaza, Buyoya)   fera plus de 4,5 Millions de victimes parmi les Barundi Bahutu – les enfants de l’ancien Royaume millénaire du Burundi, qui depuis 2005, sont revenus au pouvoir avec l’avènement de S.E. Nkurunziza Pierre.   Fin de cette année 2014,  cette France-Afrique souhaiterait que le Dictateur hima burundais  Pierre Buyoya devienne secrétaire général de la Francophonie. 

Entre 1996 à 2001, le Dictateur burundais Pierre Buyoya a instauré  des camps de concentrations de Bahutu Barundi. Pendant cette période, plus de 1/4 de la population burundaise ( près de 2 millions d’individus ) aura été interné. Des centaines milliers de Bahutu Barundi y perdront la vie. En février 1997,  dans les milieux proches de la Franc-maçonnerie belge, on aura grâce à l’article de Mme Colette BRACKMAN du journal Le Soir  ceci :  « Le souci sécuritaire se traduit aussi par une politique de villagéisation forcée : dans des collines, des populations entières, surtout hutues, sont rassemblées par les militaires dans des camps de regroupement. L’armée assure qu’elle tente ainsi de protéger les villageois de tout contact avec la guérilla hutue qui s’infiltre parmi les paysans, les obligeant à fournir des vivres et des abris. En réalité ces camps, qui rompent avec l’habitat dispersé typique du Burundi et du Rwanda, ressemblent plutôt aux hameaux stratégiques dans lesquels les Américains cantonnaient la population vietnamienne ou aux villages protégés dans lesquels l’armée enfermait naguère les indiens du Guatemala… » .  Malheureusement lors du voyage ( organisé par le FIDH ) au Burundi en 1998  de  M. Stephane Hessel, véritable ambassadeur de la paix et ancien déporté,  l’indignation face à ces camps ne sera pas au rendez vous.  Le Dictateur Buyoya ( sous embargo) et ses alliés de la France-Afrique, lui feront visiter un camp, confectionné pour l’occasion par le régime,  où l’on s’occupait de familles Tutsi …   Toutefois, il faudra attendre 2001 le vieux sage NELSON MANDELA ( parrainé par les Présidents américains  S.E.  Bill Clinton et  S.E. Jimmy Carter )  pour enfin en  terminer avec cette politique de Camps dit sadiquement  “de regroupement” de la population Hutu du Burundi.

Le philosophe allemand Friedrich Nietzsche dans «L’Antéchrist» [1] soupçonne le Christianisme, via Paul de Tarse (Saul),  de s’être construit en se voulant une synthèse des Dieux et Déesses d’autrefois connus en Égypte, Grèce ou à Rome comme ISIS ou  OSIRIS  … Réfléchissant  sur le fondement du religieux dans nos sociétés  monothéiste ou polythéiste,  pour africanistes (afro-centristes), ils y voient une preuve tangible de l’apport civilisationel de l’Afrique dans ce débat ( si pas une antériorité)…   Certes, dans notre monde contemporain et devenu global, il existe certains types de débats qui  irritent la Franc-maçonnerie, en l’opposant comme dans cet exemple aux Afrocentristes ( héritiers de Cheikh Anta Diop ). Mais au delà de cela, concernant le cas du Burundi (ex-Royaume millénaire africain),  les Franc-maçons, devenus à cause des circonstances de l’Histoire -la Shoah- , les garants d’un monde où le Génocide n’aura plus sa place,  devrait face au danger que voudrait profiler la France-afrique dans ce pays d’Afrique, voisin du Rwanda, réagir fermement.  On découvre à travers cet article que  – le côté mou –  des Franc-macons belges et français  dans cette région d’Afrique a  peut-être permis à ce que le Génocide du Rwanda puisse avoir lieu.  Au travers de cette histoire du Génocide Burundais, l’indulgence montrée, face aux Colons de la France-Afrique et à de leurs héritiers,  a conduit dans la région des Grands-Lacs à l’irréparable. Désormais, il est du devoir de la Franc-maçonnerie d’aider, de manière ferme,  à la reconnaissance du Génocide qu’ont connu les  Barundi, fils de l’ancien Royaume millénaire – Ingoma Y’Uburundi – et  ainsi  commencer à partager avec ces victimes burundaises leur destin en commun …

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[1] « Le christianisme, formule qui permet de surenchérir sur les cultes souterrains de toute sorte, ceux d’Osiris, de la Grande Mère, de Mithra,  par  exemple, – tout en les absorbant tous : c’est dans cette idée que réside le génie de Paul. » Friedrich Nietzsche (1844-1889), L’Antéchrist. p.58

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