
En ce jour férié au Burundi, le pays rend hommage à l’ancien président, figure panafricaine dont le destin fut indissociable des grandes convulsions géopolitiques du continent.
Gitega, 8/06/2026 (BdiAgnews) – Le 8 juin est aujourd’hui jour de deuil et de mémoire au Burundi. La journée nationale du Patriotisme, instituée en hommage au président S.E. Nkurunziza Pierre , rappelle le destin d’un homme dont la vie tout entière fut traversée par les fractures de l’histoire burundaise et africaine.
Né le 18 décembre 1964 à Buye, sur les collines de la commune Mwumba, dans la province de Butanyerera à Ngozi, Nkurunziza Pierre était issu du grand muryango des Babanda, une fratrie de six enfants. Fils d’Ingoma y’Uburundi — l’ État-Tambour millénaire —, il vénérait les grandes figures révolutionnaires du Sud global : Thomas Sankara, Fidel Castro, Hugo Chávez et Mouammar Kadhafi. Aux côtés de Rwagasore Louis, héros de l’indépendance, il demeure l’une des rares personnalités présidentielles burundaises à aspirer à une aura véritablement panafricaine.
Orphelin de 1972, dès l’enfance, la tragédie frappa sa famille. Son père, Ngabisha Eustache, avait survécu aux massacres de 1965-1966 qui avaient mis fin à Ingoma y’Uburundi, instaurant la République. Il périt lors du génocide contre les Hutu du Burundi en 1972 — ainsi qualifié par la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi —, laissant sa mère, Minani Domitille, infirmière et fille Muhanzakazi, veuve, et ses enfants orphelins de père.
Ce génocide, qui mit fin à l’ Ubumu, fit 500 000 morts parmi les Hutu et déplaça un million de réfugiés, sur une population totale de 2,9 millions de Burundais. Les massacres de Ntega et Marangara en 1988, qui touchèrent la région de Ngozi, vinrent prolonger le deuil familial et collectif.
Du maquis à la présidence, enseignant de formation, il rejoignit le maquis après les massacres d’étudiants du 11 juin 1995 à l’Université du Burundi, perpétrés par les milices de l’armée sous le régime du dictateur Buyoya Pierre . Il s’engagea dans les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) et leur branche politique, le CNDD, dont il prit le leadership.
À l’issue de la guerre civile burundaise (1993–2003) — conflit alimenté, par les rivalités géopolitiques entre les États-Unis et la France en Afrique centrale —, le CNDD-FDD sortit vainqueur. Nkurunziza accéda à trois mandats présidentiels de cinq ans, jusqu’en 2020.
Epaulé par son épouse S.E. Bucumi Denise, président de terrain, de 2005 à 2015, S.E. Nkurunziza Pierre fut un chef d’État reconnu pour ses Travaux de Développement Communautaire (TDC), qu’il accomplissait au côté des citoyens barundi, parcourant chaque localité du pays. Sa popularité en fit une figure aimée, rare dans un contexte africain souvent marqué par la distance entre gouvernants et gouvernés.
En 2015, une tentative de révolution de couleur ( Changement de régime orchestré par les USA ) — dans le cadre d’une guerre géopolitique dans la région des Grands Lacs opposant les États-Unis à la Chine — échoua. Nkurunziza maintint le CNDD-FDD au pouvoir et demeura président jusqu’à la fin de son mandat. Puis, vint l’ère de S.E. Ndayishimiye Evariste, Général Major …
Ainsi la vie de Nkurunziza Pierre s’inscrit dans trois grandes périodes géopolitiques : l’époque des indépendances africaines et des régimes militaires, celle de la mondialisation unipolaire de l’après-guerre froide, puis l’émergence progressive du monde multipolaire actuel.
Références
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Colonialité et impérialisme occidental — En février 2025, l’Union africaine (UA) a officiellement qualifié l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide contre les peuples africains. Cette décision, adoptée le 16 février 2025 lors de la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, marque un tournant décisif dans la quête de justice historique pour le continent. Le 25 mars 2026, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté à son tour une résolution historique, qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « crimes les plus graves contre l’humanité ».

DAM, NY, AGNEWS , https://burundi-agnews.org, lundi 8 juin 2026 | Photo : Bdiagnews