Burundi: Une menace sécuritaire demeure.

Le colonel Makenga et ses hommes du M23, le 8 juillet 2012. REUTERS/James Akena
Le colonel Makenga et ses hommes du M23, le 8 juillet 2012.
REUTERS/James Akena

Au Burundi, alors qu’une rencontre, organisée  par le -BNUB- Bureau des Nations Unis au Burundi, en vue de préparer une bonne ambiance pour les élections de 2015, vient de se clôturer et que 2 opposants au régime démocratique du Burundi ( Alexis Sinuhije du MSD – avec un poids électoral de 4,75% aux communales de 2010- et  Pascaline Kampayano – avec un poids électoral de 1,65% de l’UPD – tous deux membres de l’ADC Ikibiri) sont venus crier haut et fort que “le temps de la concertation avec l’opposition” et du “dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition” est venu, les autorités burundaises, eux demeure sur leur garde…

Bien que la sécurité soit très bonne au Burundi, des indicateurs montrent que quelques choses se trament à l’ombre des Barundi … Et ce, au delà des frontières voisines !
Le Ministre de l’Intérieur, M.Edouard Nduwimana, (Membre du CNDD-FDD, avec un poids électoral de 64% ) vient de faire un appel à M. Agathon Rwasa ( FNL, avec un poids électoral de 16,4% ) et M. Nyangoma Léonard (CNDD, avec un poids électoral de 0,98% ) pour qu’ils retournent au Burundi. Ces 2 personnages politiques burundais sont tout 2 à l’instar des 2 autres (voir in supra), membres de l’ADC Ikibiri, coalition qui rassemble des partis politiques -mauvais perdantes- lors des dernières élections démocratiques de 2010.

Voici quelques indicateurs négatifs au niveau régional ?

Lorsque le Burundi est mis – au second plan – dans des négociations régionales comme celle de Kampala entre les forces négatives du M23, les gouvernements Congolais, Rwandais, et Ougandais, souvent c’est que c’est déjà mal parti.
A Bujumbura, on a toujours peur que la RDC et le Rwanda ne trouvent comme terrain d’entente, avec la communauté internationale, de transferer leur guerre commune au Burundi en vue de garantir la paix à la grande province du Kivu.

Au Nord-Kivu, le gouverneur M.Julien Paluku est confronté à plus d’1 Million de déplacés de guerre sans assistance depuis la fin de l’année dernière. Pour cause, des combats entre 2 factions des forces négatives du M23, selon la société civile.
Selon les bruits qui courent les FNL et les FDLR se seraient fracturées en deux. Certains désormais suivent le projet -M23- dont Agathon Rwassa côté FNL (membre de l’ADC Ikibiri) et d’autres demeures ancrés à la défense des Bahutu rwandais et burundais. Fin de l’année dernière, une coalition M23 et ADC Ikibiri ( comprenant des FNL et des ex-FAB [Forces Armées Burundaise sous Buyoya] ) avaient tenté pénétrer au Burundi venant du Congo par Bubanza, et Cibitoke. “Grâce à une bonne collaboration entre les habitants Barundi et les forces de sécurité burundaises, il n’y eu aucun survivant parmi les assaillants”, disait un citoyen de Cibitoke. A ce moment, les militaires rwandais s’étaient, eux, massés en grand nombre aux frontières burundo-rwandaise…

L’ADC Ikibiri est aussi accusée, par la société civile congolaise, d’avoir générer un conflit entre les Bafulero (tribu congolaise) et des Burundais vivant en RDC Congo. Il est dit en RDC qu’une “communauté Barundi” est apparue comme de nulle part l’année dernière comme pour imiter -les Banyamulenge- rwandais. Cela a dégénéré en une bataille rangée entre les Congolais et les Burundais qui vivaient autrefois en bonne harmonie dans la plaine de la Ruzizi.

Au Sud Kivu, on apprend par les congolais vivants à Bujumbura et à la frontière Burundo-congolaise, que les habitants des hauts plateaux d’Uvira fuient massivement les rebelles coalisés des FDLR (Rwandais) et du FNL (Burundais, membre de l’ADC Ikibiri). Plus de 1000 familles vivent dans des conditions déplorables à Mushojo…
La situation sécuritaire reste préoccupante dans les hauts et moyens plateaux du territoire d’Uvira,les FNL et FDLR poussent les populations des villages de Kitundu, Kagogo, Cishagala, Muchuba et Masango vers Mulenge. Ces villages se vident chaque jour de leurs habitants. Selon les membres des organisations de défense des droits de l’homme sur place qui font état d’une concentration de FDLR dans cette zone du territoire d’Uvira, disent: «Il n’y a aucune présence des militaires FARDC dans les localités occupées par les groupes armés étrangers».
Le médecin directeur de l’hôpital de Panzi au Sud-Kivu, Dr Denis Mukwege, dénonce les viols qui sont commis par ces divers forces négatives.

A Bujumbura, pendant que le BNUB organise – sa conférence politique – où il essaye de réintégrer les acteurs de l’ADC Ikibiri (MSD, UPD,CNDD, FNL-RWASA) qui sont majoritairement impliqués -comme- acteur dans le conflit congolo-rwandais à l’EST de la RDC Congo, certains comme vendeurs d’armes ou d’autres comme miliciens, selon des rapports de l’ONU, l’entourage du pouvoir burundais s’interroge … De plus, le Burundi annonce qu’il enverra des militaires Barundi au Mali !?
La dernière offensive -promenade de santé – du M23 fin de l’année dernière était apparue, aux yeux des Barundi, comme celle d’un test militaire – grandeur nature – avant quelque chose de plus sérieux.

DAM, NY, AGNEWS, le 15 mars 2013

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