Burundi: Flope d’une grève annoncée par un collectif.

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Photo iwacu-burundi.orgSuite à une réunion tenue mercredi dernier avec le Vice-président du Burundi, S.E. Rufyikiri Gervais, à l’endroit des Industriels et certains représentants de la société civile, certaines associations non satisfaites (controlées par des proches de l'ancienne dictature militaire des Bahima burundais -Micombero, Bagaza,et Buyoya-) avaient décrété un appel à une Grève Générale jeudi le 15 Mars 2012. Ce fut un véritable flope général !

Pourtant tout avait bien commencé … Les Confédérations syndicales COSYBU et CSB, les Collectifs FORSC, OAG et CPAJ ainsi que les organisations de la société civile OLUCOME, ABUCO, PARCEM, FORUM INTER-UNIVERSITAIRE, FOCODE, I J C I , REJA, CCI /LCBU, ACAT-BURUNDI, avaient communiqué l'appel à un grève générale contre la vie chère pour le jeudi 15 mars 2012.

Le jeudi venu ! Personne ! Rien ! Alors pourquoi ce flope ?

La gouvernement du Burundi est actuellement mobilisé par une dynamique de développement du pays. Les citoyens barundi sont en ce moment très occupés par des travaux de développement communautaires. C'est à dire à construire : des écoles, des centres de santé, des villages, des chemins (ex. pour désenclaver les collines),et des stades. Des campagnes de plantations de fruits sont en cours  pour permettre à ce que le Burundi puisse devenir bientôt un grand exportateur de fruits. Comme cela lui a déjà bien réussi avec les plantations de café et de thé. Alors pourquoi pas les fruits?

A Bujumbura, une certaine élite (celle des enfants de la Dictature de Bahima burundais) s'oppose à cette dynamique… Au travers des organisations civiles qu'ils contrôlent, ils ont tenté de détourner les Barundi de leurs préoccupations actuelles. Ils souhaitent les mobiliser à une grève générale -contre la vie chère-.
Ce qui est vrai ! A Bujumbura, cette classe de nantis est assommée par la montée exorbitante des prix des denrées de la vie quotidienne (carburant ,eau et électricité) qui suit la courbe de ceux des marchés internationaux. Ces derniers sont frappés de plein fouet.
Au gouvernement, des membres interrogés, se disent étonnés par cette initiative de grève… Car nombreuses parmi ces organisations en grève, dont une partie sont des ONGs locaux, tout au long de l'année, se dépensent à ternir l'image du Burundi (Droits de l'Homme, Corruption, évocation de rébellion naissante etc.) avec pour conséquence un désintérêt croissant de certains bailleurs de fond. Privant ainsi, le Burundi de nombreux investissements ! Bref, ces associations civiles, finalement non patriote, participent à l'appauvrissement des Barundi en général. Actuellement à l'intérieur du pays, les travaux réalisés par les citoyens barundi sont financés par le peu de deniers publiques et l'argent privé provenant des habitants eux-mêmes. Alors que le manque a gagné aurait permis certainement des pas de géant dans cet effort de développement national initié par S.E. Nkurunziza Pierre, Président du Burundi.
A travers son deuxième vice-président, l’Assemblée nationale du Burundi a réagi : Au sujet de la cherté de la vie, l’Assemblée nationale constate qu’effectivement le coût de la vie devient très cher, mais qu’il est à situer et comprendre dans un contexte global qui va au-delà du simple cadre national. L’Assemblée nationale a dès lors  invité  la population à ne pas répondre à ces sollicitations de grève et de manifestations sans fondement. Elle l’invite plutôt à rester sereine et à continuer à vaquer à ses occupations…  Le Sénat du Burundi (composé d'élus communaux) a été plus loin ! Il  prend acte des différentes interventions de ces organisations spécifiques de la société civile du pays  mais les invite à doubler plutôt leurs efforts dans la mobilisation de la population à travailler qu' à arrêter  à se croiser les bras  et à descendre dans la rue en cette période particulière de crise économique mondiale. Avec la présence d'ONGs (financées par des bailleurs étrangers publiques ou privés)  aux côtés des organisations locaux, le Conseil National de Sécurité a cru bon d'intervenir (une question de sécurité nationale) et recommande plutôt de mobiliser vers un travail encore plus ardu afin d'augmenter la production nationale.
Un citoyen burundais, interrogé par AGnews, rencontré dans un chemin de retour de Muramvya  accompagné d'autres citoyens ( entassés dans un minibus aux abords non sécurisant), trouve tout cela déconcertant : "Non je suis plus riche qu'avant !" dit-il en riant. Il reprend :" Notre Président lui pense à nous à l'intérieur du pays. Ce n'est pas comme avant ! Ces organisations de ces enfants dont on connaît leurs parents pour ce qu'ils ont fait au pays, continuent à nous narguer (La Dictature des Bahima burundais, c'est 4,5 millions de victimes parmi les Bahutu Barundi comprenant aussi les Baganwa et les Batutsi ). Ils verront lorsque l'on descendra massivement  à Bujumbura dans la rue pour stopper – les quota ethniques – , privilèges injustes et discriminatoires (dont ils bénéficient et qu'ils ne dénoncent pas ! Eux qui ont eu la chance d'étudier contrairement à nous …)  qui leur permettent de demeurer arrogants en continuant à nous ennuyer lorsque l'on se concentre à reconstruire le pays de nos propres mains … ". Le correspondant d'AGnews a du couper court  car  apparemment il s'agissait de citoyens furieux et assez énervés par ce qu'ils entendaient dans certains médias !  En effet, ces derniers pensaient que le correspondant d'AGnews étaient un journaliste de radios privés burundaises qui semblent ne pas avoir la cote parmi ces gens.

Le flope de jeudi dernier est ainsi compréhensible. Mais les organisations en question semblent ne pas baisser les bras. Elles souhaitent désormais mobiliser pour le 26 mars, avec cette fois-ci certaines organisations syndicales d'enseignants. Le pari est lancé !  A suivre.

DAM, NY, AGnews, le 20 mars 2012.

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