Burundi: Saint-Cyr et la Révolution des Bahima burundais

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Sylvere Sota à Sant Cyr (Photo: patricksota.unblog.fr )

Sylvere Sota à Sant Cyr (Photo: patricksota.unblog.fr )

Le vieux Sylvère Sota est mort paisiblement le 28 décembre 2012 ( l’année dernière ) de crise cardiaque chez lui.

Jean Ntiruhwama aura été sans conteste le grand manitou de la révolution des Bahima au Burundi. C’est lui qui aurait repéré Sylvère Sota fin des années 1950 et qui, par la suite, poussera les jeunes étudiants Bahima burundais à évoluer en France … ( Petit anecdote, à la mort de Feu Rwagasore, d’après un témoin qui était là ce jour là dans la pièce où il a été tué. Quelques minutes avant l’assassinat du Muganwa, Jean Ntiruhwama aurait échangé sa place avec celle de Feu Rwagasore… ).

Sylvere Sota (Photo: patricksota.unblog.fr )

Sylvere Sota (Photo: patricksota.unblog.fr )

Le vieux Sylvère Sota était un Muhima burundais, proche du fameux lugubre Arthémon Simbananye. Il est né le 26 octobre 1938 sur la colline Ijuru en commune Mugamba dans la province de Bururi.
En novembre 1962, Sylvère Sota est envoyé étudier à l’ Académie Militaire de Saint-Cyr (France), comme le tristement célèbre Albert Shibura … Il rentre au Burundi le 10 août 1965 avec le grade de Sous-Lieutenant. Et est appelé à servir la Compagnie Support (actuel Camp Muha).
Sylvère Sota est un des acteurs clés des événements de la nuit du 18 au 19 octobre 1965 ( Coup d’Etat et massacres de Muramvya)  qui avaient été conçus par le Secrétaire d’Etat à la Défense Nationale, le Capitaine Michel MICOMBERO, en connivence avec son entourage ethnico-clanique (Tutsi-Hima).
Le Suisse M. Jean Ziégler sur ce “Coup d’Etat manqué du 18 octobre 1965”, concluait que le coup d’Etat avait été dirigé par des jeunes barundi, officiers tutsi (des Bahima) brevetés de l’Ecole militaire de Saint-Cyr.
Le 12 mai 1966, Sylvère Sota  passe à l’Etat Major Général, et en novembre 1966, en tant que membre important du Conseil National de la Révolution (CNR), instance suprême du pays, il participe avec 4 autres ( Micombero, Shibura Albert, Jean Ntiruhwama, Arthémon Simbananye ) au Coup d’Etat des Bahima Burundais qui mettra fin à la Monarchie millénaire des Barundi – Ingoma Y’Uburundi -.
En 1969, le dictateur Micombero le décore et il obtient son grade effectif de Capitaine. A partir de 1970, en tant que membre de l’Etat Major Général des Forces Armées burundaise, il sera l’ expert militaire du Dictateur Micombero et membre d’une Mission Spéciale du Conseil de Sécurité des Nations Unis.
Pendant la 3ème phase du Génocide Régicide du Burundi en 1972, Sylvère Sota sera à l’avant plan. En novembre 1973, le sanguinaire Micombero le décorera Major. En 1974, il obtient son grade effectif de Commandant et devient le tout premier officier burundais à la tête du service 4 (gestion et achat du matériel militaire) en remplacement du belge Leclerc. La coopération militaire Belge sera remplacée par celle de la France après le Génocide de 1972. En 1975, il devient Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Burundi en République Arabe Libyenne. En 1976, Sylvère Sota obtient son grade effectif de Major.

La Commission nationale Vérité Réconciliation (CnVR) a perdu une personnalité qui aurait pu éclairer les Barundi sur l’ascension des Bahima Burundais vers les années 1960, la mort de Rwagasore , la chute de la Monarchie, le Génocide de 1972, et le rôle de la France pendant ces années là. Toutefois, il reste des gens comme Zenon Nicayenzi, Paul Rusiga, Arthémon Symbananye, Mpozagara Gabriel  etc.

La Dictature des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, et Buyoya) a fait plus de 4.5 Millions de victimes Bahutu Barundi (Batutsi – non Hima et Baganwa compris).

DAM, NY, AGNEWS, le 24 juin 2013

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