Burundi: Une rébellion virtuelle terrorise.

Share Button

Face à la politique du gouvernement Nkurunziza  (nom du Président du Burundi actuel)  tournée à 100% vers  développement national, l’opposition burundaise  répond  de manière violente  notamment avec l’aide précieuse  de spécialistes de médias.   M.Marc Rushishikara, spécialiste des questions de sécurité du Burundi et politologue, pour AGnews,  résume la méthode  avec ce titre grave, ironique et évocateur : – une rébellion virtuelle terrorise… Car la situation socio-économique va de mieux en mieux dans ce petit pays d’Afrique alors que la récession est à  la porte de nombreux autres contrées de la planète, selon le FMI.

 

Il s’agit de la contribution de M. Rushishikara  dans cette exercice  de bilan -de la situation du  Burundi pour 2011 – que tente de réaliser AGnews. Pour compléter votre  information  sur ce bilan vous pouvez  lire :   Un état impliqué dans le développement ( M. Bizimana Charles ) et  Le travail parlementaire en évolution positive d’année en année (Mme Nina Kayogera ).  Ces différents spécialistes, dans leur domaine,  commentent , pour AGnews, une analyse trouvée dans “Burundi : Un an par le trou de la serrure (de janvier 2011 à septembre 2011)”, une  revue réalisée et publiée chaque année par AGnews.

 

Lorsque vous  comparez  les graphiques -sur la question sécuritaire et le développement économique  de – 2008, 2009, 2010, et 2011, on constate que pour l’année 2011  le vert ( indicateur économique) domine tous les mois au dessus du rouge (la sécurité).  Selon  le politologue burundais,  Marc Rushishikara :  “2011 est  en ce moment la meilleur année d’un point de vue sécuritaire  qu’ a connu les Barundi depuis 2005.  Cela signifie que les indicateurs économiques sont en général assez  bons ( Il serait intéressant d’avoir les chiffres des touristes qui se sont rendu au Burundi cette année …)  Découvrons  quelques indicateurs économiques et   questions de sécurités  qui se sont manifestés de janvier 2011 à septembre 2011” :

Prenons ces quelques indicateurs économiques:

  • En janvier 2011, la Banque mondiale va continuer à financer le secteur de l’eau et d’électricité. Près de 23 millions de livres sterling d’aide à l’intégration régionale du Burundi (DFID).
  • Février 2011, le COMESA et la CEA ont décaissé 8,3 millions d’Euros d’appui au budget national. 4,3 millions de dollars d’aide alimentaire japonaise arrive au Burundi. Le COMESA sensibilise les partenaires de développement en vue de l’octroi du crédit agricole et le support en assurance en faveur des agriculteurs.
  • Mars 2011, les abatteurs se soulèvent à l’entrée de l’abattoir de Bujumbura. La Belgique injecte 5 millions d’euros au Burundi pour le secteur agricole. Le projet de chemin de fer entra la Tanzania, le Rwanda  et le  Burundi devra se doter de 3.5  Milliards d’US Dollars. Le gouvernement organise une réunion sur les enjeux de la croissance économique. Le Burundi et le Fonds monétaire international (FMI) signe  à Bujumbura un accord de prêt sans intérêts d’un montant de 160 millions de dollars sur les trois prochaines années.
  • Dès avril 2011, l’Etat du Burundi annonce que l’exploitation du nickel sera  prévue à l’horizon 2017. S.E. le Président NKURUNZIZA  inaugure à Ruyigi un stade moderne.
  • Mai 2011, les Barundi célèbre la fête du travail et des travailleurs. La Brarudi  hausse ses prix de boissons alcoolisées. Le Burundi enregistre une forte augmentation de ses recettes fiscales. Le chef de l’Etat participe aux travaux communautaires en province de Cibitoke.
  • En juin 2011, les autorités burundaise  organisent  une conférence panafricaine à Bujumbura sur la lutte contre la corruption . Le Président du Burundi,S.E. Pierre NKURUNZIZA se joint à la population de la colline MUGOZI de la commune CANKUZO pour y construire un Centre de santé. Le Président Nkurunziza apprécie l’objectif de  la Vision 2020 pour la province Cankuzo. « Vous êtes les premiers à vous fixer une vision pour que dans dix ans vous soyez parmi les cinq premières provinces en matière de développement, une vision semblable à celle du pays qui d’ici l’an 2020 ne doit plus compter parmi les pays du tiers monde », indique le chef de l’Etat aux citoyens de Cankuzo. Une bataille  est lancée par  le  ministère du commerce contre les fraudeurs de sucre.
  • Juillet 2011, les Barundi  reçoivent  20 millions de dollars US  du Japon  pour réhabiliter les artères de Bujumbura. Les marchandises circulant entre le Burundi et le Rwanda  vont payer désormais  la TVA suite à un  accord entre l’OBR du Burundi et le RRA du Rwanda.
  • Août 2011, une commission  est  mise en place pour étudier la question  qui entoure la pénurie de carburant dans le pays. La REGIDESO  explique dans une conférence de presse ses nouveaux tarifs d’eau et d’électricité. Il  y a le lancement de la stratégie nationale de développement du tourisme. Le  vice-président  apporte du ciment et des tôles à l’école primaire NYABIHANGA III en province de MWARO.
  • Septembre 2011, la SOSUMO envisage une nouvelle réglementation dans la distribution du sucre. Seule la spéculation peut expliquer la pénurie du sucre selon le directeur commercial de la Sosumo. Le Gouvernement Américain accorde un don de 11 millions de dollars au Burundi. Le président du Burundi participe à la construction du stade de Kayanza. Un spécialiste Burundais en électricité annonce que chaque Burundais pourrait utiliser des plaques solaires pour faire face aux problèmes énergétiques. Les élèves en vacances à Vyanda viennent de fabriquer 300.000 briques.

M.Rushishikara observe que ” parmi les quelques exemples,pour cette période on peut remarquer que près de 250 Millions d’US Dollars ont été injectés  dans l’économie burundaise. A cela , il faudrait ajouter les travaux communautaires réalisés,les fabrications de briques, les divers constructions de stades, de centres de santé ou de villages, les constructions de routes etc. Tout cela, à travers toutes les provinces du Burundi. Ces activités produisent et font appel à énormément de services… Il sera intéressant de voir ce que tout cela va refléter sur le produit intérieur brut (PIB) national pour cette année 2011. La politique de l”Etat – tournée vers le développement – depuis le second mandat de S.E. Nkurunziza Pierre va changer très vite le Burundi”.

Quelques points sécuritaires révélateurs pour cette période :

  • Dès janvier 2011, un commerçant de Ngozi vient d’être tué par une personne non encore identifiée. Deux personnes membres du parti FNL fidèles d’Agathon Rwasa ont été arrêtées ce matin dans la commune de Rumonge et sont accusé d’avoir organisé des attaques à Burambo. La CEPGL dénonce une coalition des groupes armés en gestation à l’Est de la RDC. Une  rencontre entre les présidents burundais et rwandais a lieu  sur la sécurité frontalière. Une grande alliance FDLR, des groupes Kayumba/Karegeya et Nsengiyumva, des Maï-Maï Yakutumba et Cheka, du Front patriotique pour la libération du Congo (FPLC), du groupe de Soki (Rutshuru), au Nord-Kivu ainsi du mouvement El Shabab, le groupe intégriste islamique, est en cours de formation.
  • Février 2011,  six soldats burundais  de l’AMISOM  sont tués à Mogadiscio.
  • Avril 2011, le porte-parole du FNL Iragi rya Gahutu Rémy pointe du doigt deux personnes et l’ADC-Ikibiri comme promoteurs de la violence actuelle au Burundi. 3 membres du CNDD-FDD  sont  tueés.  Dans Bujumbura Rural,  on signale  4 morts dans une règlement de compte  entre  militants politiques. Un ultimatum  est donné à des jeunes des Fnl de Bubanza  à  leurs confrères du Cndd-Fdd …
  • Mai 2011, une campagne de pacification dans  Bujumbura Rural est lancée par S.E.  Nkurunziza Pierre. Il promet la pacification de Bujumbura rurale endéans deux mois . La Province de Bujumbura doit savourer les dividendes de la paix a l’instar des autres régions du pays, estime le Président Burundais.
  • Juillet 2011, des affrontements ont lieu  entre les forces de l’ordre et des hommes armés à Cibitoke. On y déplore 8 morts.
  • Aout 2011, quatorze personnes sont appréhendés par la police aux quartiers Kanyenkoko et Gihwanya du centre urbain de Rumonge de la province de Bururi.
  • Septembre 2011, une rencontre à huis clos  est organisée entre le chef de l’Etat Burundais et son homologue Rwandais au chef lieu de la province Kirundo. Les  Forces de défenses de l’ East African Community participent à une formation organisée par USAFRICOM.  L’Etat du Burundi lance officiellement un plan d’action national pour le contrôle et la gestion des armes légères et de petit calibre (ALPC) et le désarmement des civils, ainsi que la dissémination du guide des meilleures pratiques pour un désarmement pratique.   Un groupe d’hommes armés de fusils et de grenades attaque le 18 septembre 2011, un bistrot communément appelé les « Amis » situé à Gatumba en Province Bujumbura.  39 personnes  sont tuées au cours de cette attaque.

M.Rushishikara  dit que ” la situation sécuritaire était généralement  bonne tout au long de cette année 2011 . Des médias ont tenté de faire vivre  la création d’une rébellion burundaise mais heureusement qu’elle n’est demeurée que virtuelle. Sa tentative de la rendre réelle  a produit  des actes du type du – massacre du 18 septembre à Gatumba -. Cet acte terroriste contre les citoyens barundi est à mettre sur le même registre (mais avec une ampleur plus grande) que le phénomène des  lanceurs de grenades, protestant contre les résultats des urnes,  juste  après les élections communales du mois de mai en 2010″.

M.Rushishikara conclut en disant: ” A la machine ruée vers le développement  qu’a mis en route S.E. le Président Nkurunziza Pierre, appuyé par sa formation politique du CNDD/FDD, l’opposition ADC Ikibiri  et la société civile affiliée à l’UPRONA  misent sur la terreur en vue de démotiver la population engagée – dans la course désormais annuel  – de la province la plus développée ayant ratifiée  la Vision 2020 – …   Heureusement  pour ces citoyens barundi  motivés, de janvier à septembre de cette année, la question sécuritaire au Burundi a été plus une affaire de tapage médiatique que de réelles insécurités.  Certains médias burundais ont tenté de -créer une rébellion au Burundi  – avec le FNL de Rwasa en  avant.  Mais cela a échoué.  La seule réussite est que des jeunes barundi sont morts à cause d’un jeu médiatique criminel qui les ont chauffés,en les poussant à l’affrontement avec l’autorité publique  en toute complicité avec des politiciens de l’ADC Ikibiri …  A partir du mois de juillet 2011, on est passé à un tout autre phénomène …  On entendait, au travers de certains médias pyromanes, ici et là des forces de l’ordre burundaises (la police)  affrontant -des hommes armées- avec des revendications via le web ( Fronabu-Tabara (1) ou  le Mouvement National Burundais (2)). Pour rendre, leur rébellion virtuelle et fictive au départ, plus réelle, des anciens militaires et gendarmes (ex-FAB) (surtout du Sud du pays) ,d’anciens démobilisés (qui travaillent ou non dans des sociétés de sécurité au Burundi), des étudiants ou des jeunes sans occupation  ont été approchées  moyennant  des compensations financières …  Ces groupes d’hommes armés, munis de fusils et de grenades ont attaqué le 18 septembre 2011, un bistrot communément appelé les « Amis » situé à Gatumba en Province Bujumbura.  39 citoyens burundais ont tués au cours de cette attaque.  Ce qui dérange actuellement les autorités burundaises, c’est  – ce phénomène du passage du virtuel à  une réalité ,  du clone au réel -. Il s’agit d’un résultat  produit uniquement par un travail minutieux de professionnel de médias consistant à véhiculer  parmi les auditeurs -les plus fragiles-  qu’il faut passer à l’acte. Le  fameux phénomène du clou que l’on frappe avec le marteau petit à petit tous les jours …   Le comble est que contrairement à une vrai rébellion, le virtuel aidé (financièrement) à devenir réel  s’est attaqué à des citoyens barundi,  suscitant un sentiment  de  terreur au sein de la population en général… Bref, la mise sur pied pure et simplement -du terrorisme- sur le territoire burundais …  Actuellement ces médias se font taper sur les doigts et ils crient contre une  répression  de l’Etat Rundi vis à vis de la liberté de la presse. “

(1) Interview exclusive du chef d’Etat major de la nouvelle rébellion Fronabu Tabara- 19 juillet 2011 http://burundi.news.free.fr/actualites/interviewtabarasuite.html
Communiqué de la nouvelle rébellion burundaise FRONABU-Tabara- 05 juillet 2011 http://burundi.news.free.fr/actualites/comfronabutabara.html
(2) Le Mouvement National Burundais, https://sites.google.com/site/apburundi/

DAM, NY, AGnews, le 18 novembre 2011.

Facebook Comments