Burundi – RDC / Géopolitique : Kabila Joseph prend la tête du FRN, le Burundi face aux rivalités des Grands Lacs
À Goma, Joseph Kabila prend la direction du Front pour la refondation de la nation (FRN), dans un contexte de compétition internationale pour les minerais stratégiques et de tensions sécuritaires touchant directement le Burundi.
 
Goma (RDC), 12 octobre 2026 (BDIAGNEWS) – L’ancien président congolais Kabila Joseph a pris la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire annoncé lundi à Goma, ville de l’est de la République démocratique du Congo contrôlée par le M23 depuis janvier 2025.  Le FRN succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et se présente comme son héritier de plein droit.  Propulsé par le Président du Rwanda, Kagame Paul,  Kabila est secondé par  Nangaa Corneille et  Bisimwa Bertrand en qualité de vice-présidents, tandis que le général-major Makenga Sultani conserve le commandement de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC) avec rang de vice-président. D’autres personnalités, dont Kaniki Freddy, figurent également dans la direction. Lors d’une conférence de presse organisée à la résidence de l’ancien chef d’État, les signataires ont affirmé vouloir « fédérer et coordonner les forces de résistance » pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « tyrannie », « par tous les moyens, y compris la force ».
Cette recomposition intervient alors que Washington a conclu un partenariat stratégique minier avec Kinshasa en décembre 2025, tandis que l’Union européenne entretient, depuis février 2024, un protocole d’accord sur les matières premières critiques avec Kigali.
Le Burundi occupe une place particulière dans cette confrontation géopolitique, en tant que partenaire sécuritaire de la RDC face à l’AFC/M23. Parallèlement, à Genève, l’Union européenne a soutenu le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme au Burundi, malgré l’opposition de Gitega. Cette pression diplomatique est perçue au Burundi comme la prolongation de la « guerre humanitaire » engagée depuis la crise de 2015 à son encontre.
En ce monde multipolaire, entre rivalités occidentales avec la Chine et les BRICS+, réarmement européen face à la Russie et recomposition des alliances régionales, le Burundi tente de préserver sa souveraineté politique, sécuritaire et économique face aux ambitions concurrentes des grandes puissances dans les Grands Lacs.
DAM, NY, BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 12/10/2026 | Sources : Actualite.cd, ONU Genève, Commission européenne, ministère des Affaires étrangères de la RDC, Reuters, RFI
News Reporter