Burundi / Café : Bujumbura mise sur la Chine et la transformation locale
Interpellé à l’Assemblée nationale sur la gestion de l’ODECA et les retards de paiement des caféiculteurs, le ministre Hassan Kibeya affirme que le Burundi dispose désormais de stocks et de boutiques en Chine pour commercialiser son café.
 
Bujumbura, 06/10/2026 (BDIAGNEWS) – Le café est une ancienne monoculture coloniale, l’un des produits qui a conduit le Burundi vers l’économie de marché, en le détournant progressivement de l’Ubumu, le système socio-économique traditionnel des Barundi.
Devant l’Assemblée nationale, Kibeya Hassan , ministre en charge du Commerce et de l’Industrie, a répondu aux préoccupations soulevées après le rapport de la Cour des comptes sur l’Office pour le Développement du Café du Burundi (ODECA).
Reconnaissant des insuffisances, il a défendu les progrès enregistrés depuis la reprise en main du secteur caféicole par l’État en 2020.
Selon le ministre, la production de café vert est passée de 8 860 tonnes en 2025-2026 à 20 000 tonnes en 2026-2027, tandis que le prix payé au producteur est passé de 500 à 2 800 FBu/kg. « Pour que le café burundais sorte du Burundi, il doit déjà être vendu. Nous avons aussi des boutiques et des stocks en Chine où il est commercialisé », a déclaré Kibeya.
L’enjeu est désormais celui de la transformation locale. Selon les chiffres avancés par le ministre, un kilogramme de café vert rapporte entre 5 et 7 dollars, contre jusqu’à 30 dollars lorsqu’il est transformé. Les députés ont néanmoins insisté sur les difficultés persistantes. Le président de l’Assemblée nationale, Hon. Ndabirabe Daniel Gélase , a notamment interrogé l’absence d’états financiers de l’ODECA. Misago Zachée a alerté sur le risque de voir les caféiculteurs abandonner une activité jugée insuffisamment rémunératrice, tandis que Suguru Olivier et Ningaza Amélie ont réclamé davantage de soutien aux producteurs, notamment en plants, engrais et produits phytosanitaires. Pour le Burundi, le défi consiste ainsi à conjuguer production, rémunération des caféiculteurs, transparence de gestion, débouchés internationaux et création de valeur ajoutée sur le territoire national.
 
Références :

  • Nahimana Karolero, Pascal. Histoire des imiryango : les Bajiji — Abajiji, Bajiji, Wajiji, Jiji ; à l’origine de l’Ubungoma, d’Ingoma et de l’Ubumu. Bruxelles : Génération Afrique, 2026.
  • Bigirimana, Jean. Burundi : reconquérir la souveraineté économique ; produire, transformer, innover, consommer et vendre. Les Éditions du Tambour – Ingoma Éditions, 2026.
  • Bigirimana, Jean (2025). Réinventer le Burundi : L’énergie, l’agriculture, les TIC et l’éducation comme fondements du futur. Éditions du Net.
  • Ndagijimana, Benjamin. Une nation en marche : 60 ans de pièges déjoués, Ndayishimiye et le nouveau chapitre du Burundi. Bujumbura : Éditions Burundi Imprimerie, 2026.
  • Kubwayo, F. (2026). Le regard rétroactif du Burundi politique. Bruxelles. (Sur la tradition de planification burundaise – Ubumu.)

                   

DAM, NY, BDIAGNEWS | burundi-agnews.org | 07/10/2026 | Photo : Jimbere Magazine
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