Le professeur Bugwabari constate que les fêtes deviennent nombreuses au Burundi ( Photo : ikiriho 2017 )

Burundi : Un sociologue veut réduire les fêtes au sein de la société

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Le professeur Bugwabari constate que les fêtes deviennent nombreuses au Burundi ( Photo : ikiriho 2017 )

Le professeur Bugwabari constate que les fêtes deviennent nombreuses au Burundi ( Photo : ikiriho 2017 )

SOCIETE, ECONOMIE, SECURITE – Un sociologue burundais propose la réduction des fêtes au sein de la société pour aider à une augmentation de la production.

A Bujumbura, ce lundi 16 octobre 2017, M. Bugwabari Nicodème, historien et sociologue du politique, enseignant à l’Université du Burundi, a informé que selon lui la multitude des fêtes sociales au Burundi appauvrissait les familles burundaises.
Il cite comme fêtes : les fiançailles, la dot, le mariage, la levée de voile, la naissance, les funérailles, l’entrée dans le rang des Bashingantahe, l’inauguration d’une nouvelle maison, et les fêtes religieuses (le baptême, la première communion, la communion solennelle, la confirmation, la messe des prémices, des premiers vœux religieux, la profession perpétuelle, les jubilés, et les fêtes musulmanes comme la fin du jeûne de Ramadhan, la Tabaski, etc).

Le professeur Bugwabari explique : “Les fêtes appauvrissent les familles du fait des dépenses qu’elles occasionnent, mais aussi du fait qu’elles mobilisent les gens pendant des journées au cours desquelles ils auraient pu faire un travail productif … Parfois les fêtes commencent déjà le jeudi. C’est dire que ceux qui y participent auront travaillé seulement trois jours sur cette semaine, et le vendredi devient du coup un jour férié … Les Burundais en général ressentent de la fatigue et de l’anxiété devant des cotisations et contributions devenues insupportables. Il conseille la suppression de certaines fêtes ou la réduction du nombre de personnes qui doivent y participer… La cérémonie de Gukaraba, qui se déroule juste après l’enterrement, devrait concerner seulement la famille restreinte et se dérouler au domicile du défunt. La cérémonie de levée de deuil partielle devrait également être supprimée”. On se contenterait alors de celle de « Guca mubihunda », qui marque la fin du deuil des membres de la famille proche pour qu’ils reprennent le travail, chacun selon son métier, et de celle de la levée de deuil définitive“.
Selon M. Bugwabari, il faudrait insister sur les valeurs présentes au cœur de chaque fête, selon la tradition, et éviter d’accorder trop d’importance aux nombreux ajouts onéreux de la modernité, uniquement de nature à fatiguer les Burundais, en particulier les familles aux revenus très modestes.

Le questionnement du Prof. Bugwabari est pertinent car il interroge la société BARUNDI sur son mode de PRODUCTION économique et sur ses valeurs.
Le Prof. Bugwabari dit, concernant les fêtes, certaines sont justes, vraies car liées à la tradition ( aux liens avec nos ancêtres), dont harmonieuses ( communautaires). Toutefois ces fêtes il faudrait les rendre plus sobres. Par contre, il y a des fêtes qui ne sont pas justes, car liées à la MODERNITE et non à la TRADITION. Il faut que l’ETAT intervienne sur ces dernières.
Au Burundi, les Barundi, peuple d’Afrique, sont communautaires comme tous les astres qui cohabitent dans notre Univers et comme tous les peuples du continent africain. Les fêtes participent à fomenter cette Harmonie faisant partie de leur identité.

L’Esclavage et la Colonisation, ce dernier particulièrement pour le Burundi, ont brisé l’organisation traditionnelle socio-économique des pays africains. En Afrique, avant le 15ème siècle, il n’y avait pas de chômage ! L’Africain est communautaire et non individuel. Au Burundi par exemple, autrefois, lorsque l’on était jeune chez les Barundi, comme chez d’autres peuples Africains de manière générale, entre 14 et 21 ans ( peut être même avant ), on intégrait une des 4 corporations socio-économiques. Ces CORPORATIONS étaient à la fois – l’ECOLE d’aujourd’hui- mais aussi – l’EMPLOI ou le METIER – . Voici ces 4 corporations : 1/ HUTU : reprenant tous les métiers qui produisent pour le ROYAUME (l’ETAT), soit une CORPORATION DE PRODUCTION ( agriculteurs, éleveurs, commerçants, entrepreneurs, pécheurs, et artisans) ; 2/ TUTSI : regroupant les professions de CONFIANCE [5] liées au ROYAUME, une CORPORATION essentiellement DE GESTION ( guerriers, prêtres, médecins, savants, notables [ – comptable, conseiller du ROI, etc ] , grosso-modo la classe des FONCTIONNAIRES DE L’ETAT actuel ; 3/ TWA : regroupant les spécialistes de la FORÊT, de la NATURE, de L’ENVIRONNEMENT et du TEMPS ( une branche des scientifiques ), une CORPORATION de SCIENCE ( la Nature, l’Univers ) ; et 4/ une corporation de l’ETAT ( chez les BARUNDI, du MWAMI – le Roi ), elle était particulière. Dans cette corporation on s’occupait de l’éducation de la famille Royale dont les BAGANWA, les princes et les enfants des ROIS. On y codifiait les règles royales ( Code ésotérique ou la fameuse alliance ) et on veillait à ce qu’elles soient respectées. Par exemple, pour la DYNASTIE DES BAGANWA, avec le Cycle royal en 4 temps : NTARE, MWEZI, MUTAGA, MWAMBUTSA, à la fin du CYCLE, les membres BAGANWA de ce cycle terminé entraient souvent dans la CORPORATION TUTSI.

Selon le professeur Bugwabari, sociologue, de la corporation des GESTIONNAIRES ou FONCTIONNAIRES BARUNDI -TUTSI-, il faudrait réduire les fêtes, pour augmenter la PRODUCTION de l’ETAT. Selon lui, les fêtes rendent paresseux la corporation HUTU, qui ne produit pas assez pour l’ETAT (INGOMA).
Comme la PRODUCTION économique de l’ETAT dépend des HUTU il faut réduire leurs fêtes pour que l’économie du Burundi soit meilleure.
Les guerriers TUTSI ( aujourd’hui les forces de l’ordre Barundi ) disent que les fêtes renforcent le nationalisme des Barundi, nécessaire en cas d’agression contre l’ETAT. Ces fêtes attestent de la PAIX existante aujourd’hui au Burundi, en contradiction avec ce que l’on a connu sous la DICTATURE HIMA ( 1965-66 à 2005 ). Les prêtres de la corporation TUTSI des BARUNDI abondent dans le sens des GUERRIERS de la corporation TUTSI des BARUNDI. Les fêtes contribuent à appaiser les ancêtres donc à appaiser les BARUNDI …

Les HUTU commerçants ne sont pas d’accord avec le professeur Bugwabari car, pour eux, les fêtes leur permettent de faire des affaires et donc d’enrichir l’ETAT. Pour les autres membres de la corporation HUTU des BARUNDI, les fêtes permettent d’écouler leur PRODUCTION aux commerçants et donc d’enrichir l’ETAT.

Ainsi la corporation des TWA Barundi ne sont pas d’accord avec LA PROPOSITION du savant de la corporation TUTSI des BARUNDI de réduire les fêtes sociales au Burundi. Pour cette corporation TWA, ce sont les fêtes qui permettent de rendre solidaire les Barundi entre eux et ainsi renforcer l’ETAT ( INGOMA ). Les pauvres profitent aussi de ces fêtes pour boire et manger …

Pour la corporation de l’ETAT ( INGOMA ), les fêtes, aussi, permettent à ce que les HUTU, les TUTSI, les TWA et l’ETAT, puissent se rencontrer socialement ( par exemples : se marier ensemble, prier ensemble etc. ). Le Burundi actuellement est en proie à une agression extérieur importante provenant des familles occidentaux des anciens colons et esclavagistes, puissantes, aidées par certaines familles HIMA au Burundi et dans la REGION. La sécurité est la 1ère chose à prendre en compte en ce moment. A partir de 2020, avec l’équilibre budgétaire, l’équilibre énergétique et le début de l’industrialisation ( électrique ), l’ETAT et les pays de la région augmenteront leur PRODUCTION.

DAM, NY, AGNEWS, http://burundi-agnews.org, le mardi 17 octobre 2017

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