Burundi: La manipulation de députés belges et d’Amnesty International (Ernest Manirumva).

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L'intellectuel Burundais  Innocent Bano dénonce la manipulation des députés belges et d'Amnesty International par un lobby composé  par – les Enfants de la Dictature-.  Pour rappel, la Dictature des Bahima burundais a fait en près de 40 ans de régime, 4.5 millions de victimes Bahutu Barundi (Batutsi et Baganwa compris).  Aujourd'hui, de peur d'être juger, ces derniers tentent, avec leur réseau civil et diplomatique d'accuser les victimes Bahutu Barundi  de ce Génocide . M. Innocent Bano, politologue de formation, explique …
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Les non-dits du défilé des Belges déguisés en défenseurs des droits d’Ernest Manirumva devant l’Ambassade du Burundi en Belgique
 
A la veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Burundi, nul ne pouvait s’imaginer que ce qui vient de se produire en Belgique au siège de la représentation diplomatique du Burundi pouvait arriver. Un groupe de citoyens belges nostalgiques de la longue traversée du désert du peuple Burundais, déguisés en défenseurs des droits humains et en complicité avec leurs agents Burundais, viennent d’envahir l’Ambassade du Burundi pour réclamer que justice soit faite pour un individu dont apparemment ils ne connaissaient même pas le nom
 
En témoigne le tâtonnement du parlementaire supposé représenter ce groupe lors de l’entretien avec les autorités de l’Ambassade du Burundi à Bruxelles. Par ailleurs, comme les Burundais approchaient la célébration du dix-huitième anniversaire de la mort de S.E Cyprien Ntaryamira, on avait l’impression à première vue que ces soi-disant défenseurs des droits humains venaient manifester leur solidarité à la famille de l’illustre victime et au peuple Burundais en général pour que la vérité sur les mobiles de sa disparition éclate. Malheureusement, le slogan et la stratégie n’étaient pas différents de ceux de l’opposition radicale et de certains de leurs soutiens au sein de la société civile burundaise ainsi que leur mercenaire Neila Ghoshal, avec comme arme à la  main Ernest Manirumva. A observer cette manifestation en Belgique, l´on voit combien certains opposants, parmi les nostalgiques des régimes autoritaires du passé, manipulent les consciences européennes pour lever une mobilisation à leur profit. Ce qui vient de se passer s’inscrit dans cette logique. Mais ce qui est davantage surprenant c’est le moment choisi pour une telle action.
 
            Tout d’abord, les Burundais se préparaient à commémorer le dix- huitième anniversaire de la mort  de leur ancien Président, Cyprien Ntaryamira, quand soudain, (à peine trois jours avant cette commémoration) ils apprennent qu’un groupe des Belges défilent devant l’ambassade pour réclamer que justice soit faite pour Ernest Manirumva. Ceci a été perçu tout d´abord comme une provocation et une insulte par un grand nombre de Burundais, dans la mesure où cette action médiatique avait comme objectif de dire qu’au Burundi seule la mort de Manirumva importe, en perturbant au passage la commémoration de l´assassinat de l´ancien président. Au-delà de cette provocation, cette manœuvre visait visiblement aussi à diviser encore une fois les Burundais. Oui au respect des morts dans la culture burundaise, mais exploiter politiquement un meurtre pour des fins politiques particulières est inacceptable. L’unité des Burundais est fondée sur le principe que tous les Burundais naissent libres et égaux devant la loi et devant Dieu. Ces Belges ont voulu dire à l’opinion que parmi tous les morts des Burundais, seul celui de Manirumva mérite justice et  mobilisation. Ce qui serait révoltant pour tous les Burundais qui ont perdu les leurs et qui aimeraient enfin connaître, avec l’instauration de la Commission Vérité et Réconciliation, la vérité. Les Européens amis de notre pays devraient considérer l’histoire du Burundi dans son ensemble et prendre garde à ne se laisser embarquer dans des exploitations partisanes.
 
            Deuxièmement, ce défilé arrive au moment même où la justice burundaise se penchait sur le dossier Manirumva. Pourquoi ces soi-disant défenseurs des droits humains n´attendent-ils pas la clôture de l´affaire ? Il semble qu´en vérité ils ne la souhaitent pas. Une stratégie pour faire pression sur la justice burundaise, pour créer l’amalgame et faire perdurer ce dossier afin que le cas Manirumva reste un fonds de commerce pour leurs revendications et leur survie. C’est visiblement une action coordonnée par ceux qui s’érigent contre  le pouvoir actuel, pourtant issu d´une élection internationalement reconnue comme transparente. Le défilé a été précédé par une rencontre à Bujumbura dans un hôtel de luxe entre Isidore Rufyikiri et certains parlementaires belges envoyés par Pancrace Cimpaye et Alexis Sinduhije. Certains diplomates belges proches de l’opposition burundaise auraient arrangé ce déplacement et cette rencontre.  Les propos, il y a bientôt deux mois, du représentant belge de l’Union Européenne au Burundi, Stefane De Loecker, toujours  récupérés ou sinon pré-dictés par l’opposition radicale et certains de ses soutiens au sein de la société civile burundaise, nous en disent plus. C’est un front pour la démocratie de quelques individus et contre la démocratie de la majorité : bref, une tentative de prendre en otage les aspirations de ce même peuple exprimées légalement et légitimement. A défaut du recours aux méthodes traditionnelles de changements de régimes, qui ne répondent plus à certains intérêts, cette manœuvre est délibérément destinée à faire croire à l’opinion internationale que sans la vérité sur la mort de Manirumva rien ne va au Burundi et que tel ou tel devrait être arrêté. Ce qui amènerait cette opinion internationale à revoir son engagement auprès du Burundi. Entre-temps, les aides destinées au Burundi seraient gelées et ce sera le peuple qui en sentira les effets. Et quand le gouvernement cherchera à y remédier, les mêmes qui ont milité pour le gel de ces aides indispensables pour améliorer le bien-être de la population burundaise, crieront à la vie devenue chère au Burundi et appelleront la population à descendre dans la rue. Les personnes qui ont défilé devant l’Ambassade du Burundi à Bruxelles font partie de ce front. Et pour celles qui n´en seraient pas conscientes, qu´elles en prennent urgemment conscience.
 
            Enfin nul n’ignore que le Burundi célèbre le cinquantenaire de son indépendance et que la Belgique, ancienne puissance coloniale, est activement impliquée aux côtés de ses partenaires Burundais pour que cet événement réussisse. La probabilité que cet évènement soit rehaussé par la présence de Sa Majesté le Roi de Belgique est grande. Et si cela se confirmait, certaines personnes joueraient perdantes dans leurs différentes tentatives de saboter sa venue au Burundi. Il n´est donc pas surprenant de voir que les opposants au pouvoir mobilisent leurs troupes pour que le Roi ne soit présent dans la capitale burundaise lors de cette célébration du Cinquantenaire de l’indépendance du Burundi. Le cas Manirumva s’invite donc dans ce débat politique belge. Et pour ne pas créer de polémique dans la classe politique Belge ou un incident diplomatique entre la Belgique et le Burundi, ceux qui sont contre le déplacement du Roi au Burundi utilisent comme armes politiquement exploitables et comme boucs émissaires des défenseurs des droits humains, en l’occurrence Amnesty International.
 
            Il serait dommage de terminer cette réflexion, sans rappeler quelques notions à toutes ces personnes qui de près ou de loin voudraient se cacher derrière le malheur du peuple burundais pour faire prévaloir leurs agendas politiques. Le Burundi est un Etat indépendant et mérite d’être considéré comme tel. Si un jour les Burundais pouvaient se permettre de s’immiscer dans les affaires de la Belgique pour défendre les droits des Belges, il y aurait certainement beaucoup à faire, et de même, les défenseurs des droits humains et amis du Burundi auraient aussi de quoi faire en s´engageant pour la défense des droits des Burundais dans leur propre pays. Il est indispensable de donner aux amis du Burundi une information équilibrée et juste, afin de ne pas les laisser s´embarquer malgré eux ou pas, dans des débats dont ils ne maîtrisent pas tous les tenants et aboutissants parce que pendant de longues années on leur a menti. Le Burundi est un pays qui se redresse d´une guerre civile meurtrière et les Burundais ne veulent pas revenir aux pratiques du passé. Malheureusement, certains semblent souhaiter réintroduire un chaos à leur profit politique et cela est inacceptable. Que les Burundais qui se sont tus pendant trop longtemps parlent enfin leur fait mal. L´on doit s´attendre à de multiples attaques de leur part contre le processus de vérité et réconciliation, qui est pourtant la seule voie acceptable pour que les Burundais puissent enfin se retrouver et la paix consolidée. A tous les amis sincères du Burundi et à tous les défenseurs sincères des droits humains de prendre la mesure réelle et profonde de leurs agissements et de s´informer convenablement pour savoir ce pour quoi ils se battent.
 
Par Innocent Bano ,  09 avril 2012
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