Burundi: Les Forces de Défense Nationale -FDN- et les 49 ans d’Indépendance.

49 ans d'Indépendance

Souvent lorsque l’on se pose la question de l’indépendance d’un pays, on évoque à premier abord sa dépendance économique mais aussi, une des institutions que l’on regarde, c’est son armée. Alors en ce millénaire peut on parler d'”Indépendance” des -FDN- Force de Défense Nationale burundaise ?

En ce 49 anniversaire de l’Indépendance, les Forces de Défense Nationale -FDN-Barundi viennent de faire un défilé qui a rendu la fierté à chaque citoyen Rundi.

Lorsque l’on parle des FDN, c’est : la Somalie ; le CIC qui organise un séminaire de formation à l’intention des Officiers militaires en droit international humanitaire ; l’Assemblée Nationale Rundi qui adopte des amendements des projets de loi régissant la FDN pour percevoir des indemnités jusqu’à la retraite ; la 7éme assemblée générale annuelle et du 4éme championnat militaire régional de cross country du CISM-ECALO; la sécurisation des frontières avec la RDC en partenariat avec les FARDC ;une délégation militaire chinoise conduite par le Ministre de la Défense,le Général Jia Xianing ; l’évaluation ADAPT-AFRICOM- des FDN Rundi (USARAF) ; l’EASTBRIG (la brigade d’intervention des pays d’Afrique de l’Est) ; le Conseil de la Paix et de la Sécurité de l’Afrique Centrale (COPAX/CEEAC); – les forces de la CEPGL (Grands Lacs – en cours) ; la Tripartite Plus ; les Forces de l’Union Africaine (UA); et de l’ONU … Bref, en effet, il apparaît que les FDN c’est tout cela ! On remarque tout de même une certaine complexité …

AGnews a tendu le micro pour répondre à cette interrogation légitime des Barundi,concernant l’indépendance des FDN Barundi, à M. Richard Nahimana, un Burundais exilé aux USA depuis de très longues années, originaire de Muramvya, politologue de formation, expert juriste dans une multinationale américaine.

M. Richard Nahimana commence en disant : « A 49 ans de l’Indépendance du Burundi, le globe a complètement évolué. Aujourd’hui, il y a un – état mondial – qui se met en place, avec le G8 comme gouvernement économique (comprend les chefs d’Etats et les grands patrons des multinationales) ; le Conseil de sécurité comme gouvernement politique (contrôle l’ONU, les institutions Bretons Wood, les Droits de l’Homme / Démocratie) ; l’Otan comme armée; le CPI comme instrument judiciaire. L’espoir est que derrière cet – Etat mondial -, un autre monde est entrain de se dessiner mais avec des couleurs asiatiques celui-là … -Espoir- car je crois que le monde ne peut pas être -un- mais pluriel ».

Selon le politologue Rundi : « La question est importante en cette période où le monde change. L’Afrique connaît des bouleversements qui s’accélèrent. La mise en place des grands blocs économiques qui se multiplient. Pour les Barundi, c’est l’EAC et bientôt ZLE -Comesa/Eac/Sadc- etc … Il est grand temps de se poser cette question. Lorsque l’on regarde par exemple comment les armées Tunisienne et Egyptienne ont résisté à cette nouvelle forme de pression internationale … C’est à dire en moins de quelques jours, elles ont cédé en obéissant à la diplomatie internationale en délaissant leur nation. Ces deux armées n’ont pas été bâties sur de bonnes fondations. Elles étaient financées non plus par leur nation respective mais bien par des puissances étrangères. De plus, lors des recrutements au sein des armées, le critère de sentiment national était délaissé par celui des liens familiers avec le pouvoir. En d’autres mots, elles étaient déjà dirigées par le nouveau gouvernement mondial… ».

Le politologue reconnaît que la globalisation avance à grands pas. Il explique ceci: « Répondre à la question si que les FDN Rundi sont toujours -les Forces de Défenses des Barundi -, je dirais que “oui”. Mais cela, grâce à l’Accord Globale de Cessez le Feu de novembre 2003, qui a sacré le CNDD/FDD, formation de S.E. le Président du Burundi, Nkurunziza Pierre, vainqueur de la guerre civile burundaise qui opposait les démocrates Bahutu Barundi aux tenants de la dictature militaire sanglante des Bahima Barundi (Micombero/Bagaza/Buyoya) avec ses 2.5 millions de victimes en 40 ans. Mais jusqu’à quand elle sera indépendante ? La nouvelle armée burundaise, en formation, FDN, est arrivée à juguler ce conflit né depuis l’indépendance entre les Bahima et les Bahutu Barundi (Batutsi et Baganwa compris). Car traditionnellement, le pays ne pouvait jamais être aux mains des Bahima. C’était un sacrilège… Il faut rappeler que sous le mwami Ntare Rutshatsi vers 1410, une guerre de 10 ans va opposer le monarque Rundi aux Bahima de Ruhinda. A l’issu de cette guerre, les Bahima vont perdre. Ils ne seront plus une composante – de confiance- au sein de la société Rundi. Il faudra attendre, entre 1960 et 1966, les intrigues géostratégiques régionales de l’Indépendance se jouant entre 3 composantes : l’ONU (derrière les intérêts de l’Usa, de la Chine, et de l’URSS -actuel Russie-); la Belgique; et la France. Ce sont, entre autres, ces éléments qui vont permettre de revoir les Bahima barundi arriver au pouvoir Rundi en décapitant la Monarchie millénaires des Bahutu Barundi.C’est cela qui explique l’amour que présente l’ex dictateur Buyoya Pierre (véritable Pol Pot burundais avec ses 400 000 morts Barundi) avec – sa quatrième ethnie -, la fameuse -Communauté Internationale- ».

M. Richard Nahimana explique : « L’armée FDN burundaise est en pleine reconstruction depuis 2003. Elle essaie de retrouver son indépendance. C’est à dire sa facette nationale perdue depuis l’avènement de la République des Bahima Barundi en 1966 (Par ailleurs, il faudrait que les Barundi changent le drapeau aux trois étoiles cela aiderait beaucoup le retour de la – confiance – des Barundi ). Aujourd’hui, on demande à cette armée nationale en formation -FDN- de devenir une armée régionale, avec comme objectif de devenir l’armée de l’Union Africaine. Il y a un danger car l’aspect national de l’armée burundaise risque d’être dilué. De plus, comme on le voit de plus en plus, l’armée sera financée par des organisations étrangères. Le problème est que les FDN seront de moins en moins payés par l’Etat du Burundi. Par exemple, c’est le même phénomène que l’on perçoit avec les ONG nationaux (OLUCOME, FORSC, ABUCO etc.). Ces dernières n’obéissent plus à une logique nationale. Elles travaillent pour autrui (c’est à dire l’ – Etat mondial – ou Communauté Internationale ou autres). Les FDN Burundais risquent le même phénomène. Les parlementaires Rundi doivent être vigilants à cela. Il faudra de plus en plus faire attention à ce que nos FDN ne soient pas des consultants pour d’autres… Tant que chaque FDN sera rémunéré par l’ – Etat Rundi – il n’y aura pas de problème. L’armée burundaise sera donc toujours réellement indépendante ».

Le Burundo Américain termine : «  on voit que ce qualificatif -Indépendant- dépend essentiellement de la dépendance -économique- du Burundi et de l’aspect nationaliste des Barundi… L’Etat Rundi devrait, pour jouer la bonne carte dans ce monde qui se crée, compter sur sa diaspora. Elle est sa carte maîtresse ! Ici aux USA, le Sénat est le lieu où tous les lobbies économiques mondiaux s’expriment. De nombreux sénateurs roulent pour des forces économiques mondiales. Ce lieu sacré permet aux politiciens américains de sentir qu’ils ont encore un certain contrôle sur quelques choses … Mais il s’agit d’un sentiment. Ce phénomène fait que, pour certains politiciens, l’Etat américain n’est plus le meilleur financier… De plus, leurs campagnes politiques sont souvent payées -de manière spécifique- par des grands groupes économiques. Pour l’Etat américain, ce n’est pas encore grave car il coordonne et garde le contrôle du nouvel – Etat mondial- . Si, les politiciens Barundi, dont les députés et sénateurs, deviennent des lobbyistes comme certains politiciens américains, le contrôle du Burundi par les Barundi pourrait très facilement disparaître. Qui contrôlerait encore les FDN Barundi ? Là réside le danger de demain…».

DAM, NY, AGnews, le 6 juillet 2011.

 

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