Burundi : Discours de S.E. le président Pierre Nkurunziza à l’occasion du 48ème anniversaire de l’indépendance.

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{jcomments on}DAM , NY,AGNEWS, le 1 juillet 2010 – Burundaises, Burundais, Amis du Burundi, 1. Nous commençons par rendre hommage à Dieu Tout Puissant pour les bienfaits dont il ne cesse de nous combler, et qui nous guide chaque instant sur le chemin du développement que nous avons choisi pour notre pays. A Lui, honneur et gloire.

 

2. En ce jour du 1er Juillet 2010, nous commémorons dans l’allégresse les quarante-huit ans (48) que le Burundi vient de vivre après son accession à l’indépendance. Nous avons recouvré notre droit à la liberté et à la dignité, et nous occupons la place qui est la nôtre dans le concert des nations. Aujourd’hui, les Burundais, nous organisons et dirigeons souverainement nous-mêmes notre nation. En effet, c’était le 1er Juillet 1962, lorsque le drapeau du Burundi indépendant flotta pour la première fois dans le ciel et que fut descendu le drapeau du colonisateur. Durant ce temps, l’hymne national, Burundi bwacu (Notre Burundi) a retenti sur tout le territoire national.


3. Nous souhaitons Bonne Fête aux Burundais et à tous ceux qui vivent au Burundi. Que ce joyeux anniversaire soit célébré également en ayant à la mémoire le don de soi qu’a témoigné le Prince Louis Rwagasore, héros de l’Indépendance.


4. La célébration de cette fête est une occasion très favorable de faire un bilan rétrospectif, pour prendre plus conscience de notre passé, examiner notre situation présente et projeter l’avenir. Nous devons nous rappeler d’où nous sommes partis, voir où nous sommes, et préciser où nous voulons arriver. Nous devons examiner ensemble notre part dans la consolidation de notre indépendance hier et aujourd’hui, et fixer comment nous pouvons la renforcer sans cesse dans la paix et l’unité.


5. Le thème de ce jour est : « Unissons-nous pour la consolidation de la paix et de l’unité, fondements de l’Indépendance véritable. »


Burundaises, Burundais, Amis du Burundi,


6. L’indépendance pour laquelle le Prince Rwagasore a lutté n’était pas fondée sur l’expulsion des étrangers, mais plutôt sur le rétablissement des Burundais dans leur droit à l’autodétermination dont ils avaient été privé de force, afin qu’ils puissent eux-mêmes veiller aux destinées de leur pays et qu’ils le gouvernent, tout particulièrement en passant par les élections des dirigeants, et en faisant respecter les bonnes coutumes et notre culture.


7. Ce que nous devons garder à l’esprit, c’est que l’indépendance n’est pas synonyme de l’isolement. C’est pourquoi le renforcement de notre indépendance va avec le renforcement des bonnes relations que nous entretenons avec les autres nations et les organisations internationales.

8. L’indépendance ne signifie pas non plus que nous n’ayons plus besoin des amis du Burundi. Nous leur demandons de rester à nos côtés, de nous appuyer dans les programmes où nos moyens ne suffisent pas, sans toutefois cultiver ou prêter le flanc au réflexe de dépendance. Bien plus, l’indépendance exige de nous tous la sauvegarde de notre honneur, l’effort pour l’auto-développement, et même le coup de mains à d’autres pays. Voilà l’héritage que nous trouvons dans notre hymne national, pour ainsi mériter les applaudissements des autres nations.


Burundaises, Burundais, Amis du Burundi,


9. Vous êtes en droit de vous demander : « Qu’est-ce qui a été réalisé dans le cadre de la consolidation des acquis de notre Indépendance ? » – Les exemples sont légion.


10. Le peuple Burundais a coupé court avec la mauvaise pratique hier à la mode, qui consistait à dédire le peuple en ne respectant pas ses décisions. Cette habitude a semé la désolation et a laissé beaucoup de pleurs dans les familles.


11. Maintenant, cette façon de faire est entrain de changer, car le Burundi vient de passer cinq ans (5) sous la direction des institutions démocratiquement élues, et c’est la première dans son histoire. Les coups d’Etat et les régimes dictatoriaux se succédaient sans accorder aucune attention à la liberté d’expression du citoyen, et personne ne s’occupait du « bas peuple ».


12. Aujourd’hui, nous avons également renoncé à la mauvaise pratique de prendre des décisions en l’air, à partir des bureaux. Les citoyens sont consultés en ce qui concerne la vie du pays, et les projets de développement sont conçus à la base, car la population est devenue première actrice et premier bénéficiaire de son propre progrès. Le développement part du peuple et revient au peuple. Jugez-en vous-mêmes des bénéfices de cette nouvelle dynamique en prenant pour exemples les écoles et les centres de santé construits, la protection de l’environnement, et tous les engagements pris par la population. Cette dernière a beaucoup réalisé sans le concours de l’aide extérieure, sans les subsides de l’Etat.


13. Nous avons travaillé sans relâche, que ce soit dans la construction des écoles, les centres de santé, les routes, dans la lutte contre la faim etc., car la paresse et la pauvreté peuvent freiner notre épanouissement.


14. L’important reste donc que nous gardions vive l’idée que l’indépendance a été chèrement acquise, et que tout Burundais se doit de la consolider par la paix, l’unité, l’amour de la patrie concrétisé par le respect de la volonté et des décisions de la population en tout temps. Unissons-nous donc pour la consolidation de la paix et de l’unité, fondements de l’Indépendance véritable, car c’est ce qui nous avait fait défaut depuis notre accession à l’indépendance. Nous en connaissons les conséquences : les troubles et les divisions de toutes sortes, l’exclusion, la haine et le mensonge, la ruse et les intrigues politiques qui ont caractérisé les différents régimes que nous avons vu se succéder.


15. Notre joie est profonde, car la célébration de ce 48ème anniversaire de notre Indépendance coïncide avec deux (2) événements très importants dans la vie de notre pays. Premièrement : nous commémorons le troisième anniversaire de l’adhésion de notre pays à la Communauté Est-Africaine. Deuxièmement : c’est aujourd’hui que tous les pays de la Communauté Est Africaine ouvrent officiellement leur propre marché commun.


16. Ceci aide le Burundi à cimenter davantage les bonnes relations qu’il entretient avec les pays voisins, un facteur fort important dans la consolidation de la paix nationale, renforçant ainsi l’Indépendance de notre pays, chose qui traduit si bien le souhait de « Prendre notre place dans le concert des nations » (Shinga icumu mu mashinga), et qui nous permet de marcher la tête haute, de rester debout, sans courber l’échine, et de prendre souverainement les décisions qui s’imposent pour le bien de notre peuple.


Burundaises, Burundais, Amis du Burundi,


17. Nous vivons à un bon moment : celui des élections. Deux scrutins ont déjà été, et ils se sont bien déroulés. D’autres vont suivre, et Nous sommes sûrs qu’ils vont se passer dans d’excellentes conditions, mieux que celles de 2005, mieux que celles de 1993, mieux que celles que nous avons connues depuis l’Indépendance de notre pays.


18. Nous invitons tous les Burundais qui remplissent les conditions exigées par la Loi à se présenter nombreux à ces élections, car c’est leur plein droit de choisir leurs dirigeants. Ce droit, personne ne peut vous l’ôter, surtout que vous l’avez obtenu après mille peines.


19. Nous saisissons cette occasion pour exprimer nos remerciements à tous ceux qui ont donné leur contribution pour que les élections puissent connaître un bon déroulement depuis leur préparation. Nous pensons tout particulièrement aux Nations et aux Organisations Internationales qui nous ont appuyés matériellement, ou qui nous ont envoyé des observateurs. Nous leur demandons de poursuivre l’œuvre commencée, jusqu’à la fin de tout le processus électoral.


20. Nous remercions de tout notre cœur les hommes d’Eglises et tous les prédicateurs, les associations de la société civile, les journalistes, tous ceux-là qui se sont dépensés et qui ont suivi de près les scrutins déjà organisés, car Ils ont donné aux Burundais et à la Communauté Internationale une information authentique. Nous leur demandons d’aller de l’avant, et de continuer sur cette même lancée pour les scrutins qui restent.


21. Nous remercions également les membres des Partis politiques qui ont participé à ces élections, tout en rappelant ceci à ceux qui ont interrompu la participation avant la fin de la course : la compétition est libre. Personne ne peut donc forcer quelqu’un, mais le mieux aurait été que chacun s’essaye et qu’il demande au peuple ce qu’il pense du programme et du comportement de tel ou tel parti.


22. Si donc l’un ou l’autre juge bon de se retirer de la compétition, qu’il sorte sans avancer des prétextes peut être non fondés, et que d’ailleurs la plupart des Burundais critiquent négativement. Que les protagonistes politiques se ressaisissent, qu’ils acceptent le verdict des urnes, car le non respect de la décision et de la volonté du peuple, c’est cela qui a plongé à plusieurs reprises le pays dans le chaos. Mais les temps ont changé.

Qu’ils comprennent alors que la démocratie ne signifie pas gagner les élections en tous temps, et que toute compétition n’a en définitive qu’un vainqueur. Bien plus, autre chose est l’élection, autre chose est la vie au quotidien. Nous devons tous bien comprendre cette réalité. Il y a des voies honnêtes que l’on doit suivre, et renoncer au mensonge, au montage et au claquement des portes.


23. Nous remercions très sincèrement l’Administration et les forces de l’ordre et de sécurité pour leur travail en vue de la bonne marche des scrutins déjà terminés. Nous leur demandons de continuer, ils n’ont plus rien de neuf à apprendre dans le domaine.


24. Nous félicitons vivement la population burundaise et les forces de l’ordre et de sécurité pour la collaboration effective dont ils ont fait preuve. Ils ont en effet réussi à mettre en échec les mauvais plans ou à mettre la main sur les malfaiteurs qui intimidaient et terrorisaient la population ces derniers jours.

Nous vous exhortons à rester fermes et à décourager définitivement ces saboteurs, et que la justice s’en occupe comme il faut, et dans les délais les plus raisonnables.


25. Nous n’avons pas oublié d’exprimer nos remerciements au peuple burundais qui a bien compris que l’élection de ses dirigeants est un droit inaliénable, et qui ont participé à tous les scrutins en dépit des nombreuses occupations qui les attendaient. Continuez à fermer les oreilles aux mauvais guides qui cherchent à vous induire en erreur, car l’expérience vous a rendu sages. Vous savez distinguer le bien et le mal et, comme dit le proverbe kirundi, les douleurs de l’accouchement sont connues des seules qui les ont endurées, (inda woyibarira uwayirayeko). Nous mettons en garde les sourds par option afin qu’ils arrêtent là leurs machinations, et que ceux qui sont attrapés soient punis conformément à la Loi, à titre personnel. Celui qui oserait mettre en liberté ces gens ou leur faciliterait l’évasion devra être puni sévèrement.


26. Avant de terminer ce discours, nous voudrions vous réitérer à vous tous nos souhaits de bonne fête. Célébrez cet anniversaire de l’Indépendance de notre pays en revenant sur son sens profond, et en méditant sur ce que le Prince Louis Rwagasore et ses compagnons de lutte cherchaient pour le Burundi et les Burundais.


27. N’oubliez jamais que le Burundi est comme une famille, où chaque membre doit apporter sa contribution pour l’organisation et la bonne marche de la maison. Que personne ne se soustraie dans l’œuvre de la construction du Burundi, que plutôt nous nous unissions pour la consolidation de la paix et de l’unité, fondements de l’Indépendance véritable.


28. Nous redisons notre prière à Dieu pour que nos frères Burundais puissent accueillir le don d’intelligence et de dynamisme pour construire et fortifier le pays que sa bonté nous a donné. Nous demandons à tous les Burundais de continuer à prier pour notre pays, mais également prier les uns pour les autres.


Que Dieu vous bénisse,


NOUS VOUS REMERCIONS.

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