Burundi: L’implication de média privés dans le putsch manqué du 13 mai 2015

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Le monde des Média au Burundi

Le monde des Média au Burundi

A Bujumbura, ce vendredi 22 mai 2015,  M. Nubwacu Y.L,  un citoyen burundais, a témoigné sur sa page Facebook, de la sacré journée du mercredi 13 mai 2015 le jour du Putsch manqué.
Ce témoignage montre l’implication dans la stratégie du putsch manqué de certains journalistes de certains média privés burundais.


Voici son témoignage :

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Lors de la tentative de coup d’état ou de putsch, pour moi il n’y a pas de différence, les auteurs donc de ce putsch manqué ont utilisé les médias privés pour faire passer leur message. C’est-à-dire annoncer au public qu’ils viennent d’opérer un changement de régime par la force. Un acte qui est répréhensible, aussi bien par les lois nationales qu’internationales.
Menons notre réflexion cet aspects : -Est-ce que lors de la prise de parole par les putschistes ceux ont-ils utilises la force. Les gestionnaires de ces medias ont-ils été contraints de donner la parole aux auteurs du putsch contre leur grès ?

En 1924, lors de la révolution Bolchevique en Russie,Staline a dit à un journaliste :’’la radio peut être aussi nocif que toute arme’’. Je crois que c’est la raison pour laquelle les auteurs du putsch se sont en premier lieu emparés des medias.

Je suis dans mon bureau, il est environs 13h, je vois un collègue faire irruption le regard hagard, les yeux exorbites et de crier : « Va sur isanganiro, je ne sais pas ce qui se passe mais quelqu’un est en train de dire qu’il y a eu un coup d’état ». Je prends mon petit post de radio et je me branche sur radio isanganiro. J’entends qu’effectivement quelqu’un est en train de dire d’une voix enjouée qu’il vient de renverser le Président Nkrunziza. Sur le coup j’ai le réflexe de capte la radio nationale, et la surprise rien ne change dans les émissions. Plutôt il y avait un morceau de musique. Du zouk pour être plus précis. Je quitte la radio nationale pour aller sur Bonesha et la aussi le même discours. Je me dis que ça doit être sérieux vu que même Bonesha qui avait essayé de garder un semblant de professionnalisme en nous informant s’y met aussi. A ce moment-là j’avais du mal à croire que des journalistes qui disaient défendre la démocratie s’étaient mis non seulement à soutenir un puchts mais y participent carrément parce que la suite des évènements m’a démontré qu’ils soutenaient le mouvement des putschistes. Quelle ne fut ma surprise d’entendre les journalistes d’isanganiro, Bonesha,Renaissance faire l’apologie des pouchtistes dans deux jours qu’aura duré le coup. Durant les deux jours on nous les présenta comme des sauveurs de la nation, des héros à magnifier. Durant les deux jours le discours du General Niyombare passa sur ces medias plus 35 fois. A ce moment-là je compris que leur complicité n’était pas seulement passive mais elle allait au-delà. Ils faisaient bel et bien parti du coup, ils faisaient ensemble avec les putschistes un même corps qui avaient décidé de semer la mort et la désolation au Burundi. Jusqu’à ce qu’ils soient réduits au silence, ces medias avaient refusé de faire passer le communique du chef d’état-major qui condamne le coup d’état. A la place on entendait le General Niyombare et son porte-parole le Commissaire Zenon entrain de démentir et affirmaient que le coup avait réussi. Il a fallu l’intervention des forces loyalistes pour faire taire ces radios.

De ceci je conclus donc que la participation des responsables des medias Isanganiro, Bonesha et Renaissance est bel et bien volontaire. Elle est le résultat d’une volonté manifeste de participer à une activité illicite, d’y apporter son concours, intellectuel et physique et de tout faire pour que son aboutissement soit complet. Je crois qu’à partir de là les autorités se doivent de prendre des mesures pour que pareille situation ne surviennent à nouveau. Il est grand temps que compte tenu de la particularité du Burundi, des mesures particulières de gestion des libertés soient prises. Notamment en matière de liberté de la presse. Les abus constatés doivent être répertoriés méticuleusement, mise en index et sur la place publique pour que tout le monde sache par où il a pêché.
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Beaucoup de citoyens Barundi ont vécu cette  même folle journée et confirment ce récit.

DAM, NY, AGNEWS, le vendredi 22 mai 2015

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