Burundi/ Justice : La CnVR est enfin là – présidée par Mgr Jean Louis Nahimana

Share Button
Monseigneur Jean Louis NAHIMANA, Président de la Commission nationale Vérité et Réconciliation. ( Photo: igihe.bi )

Monseigneur Jean Louis NAHIMANA, Président de la Commission nationale Vérité et Réconciliation.
( Photo: igihe.bi )

Au Chili, il y a eu la dictature militaire de Pinochet qui a massacré les partisans de  Feu M. Salvador Allende. Au Burundi, il y a eu une dictature militaire des Bahima burundais qui a massacré  – les Barundi ( que le monde occidentale nomme vulgairement – les Bahutu- )- qui étaient les partisans et l’ossature  de l’ancienne monarchie millénaire du Burundi – Ingoma Y’Uburundi -, reconnaissable dans la tradition africaine par les fameux TAMBOURS DU BURUNDI  qui viennent d’être reconnus seulement aujourd’hui comme patrimoine immatériel de l’Humanité.     Cette semaine, le Parlement du Burundi  vient de mettre en place  une Commission nationale Vérité Réconciliation CnVR du Burundi qui  va ainsi devoir se pencher sur les crimes de cette Dictature africaine …

A Bujumbura, ce mercredi 3 décembre 2014, l’Assemblé Nationale du Burundi a voté les membres de la Commission nationale Vérité Réconciliation CnVR.
L’équipe de la CnVR burundaise est composée comme suit :
– Mgr Jean Louis Nahimana, Président de la Commission ; – Mgr. Bernard Ntahoturi, Vice-Président ; – Maître Clotilde Nibigira, Secrétaire ; – Honorable Libérate Nicayenzi, Membre ; – Cheikh Ali Shabani, Membre ; – Mgr Antoine Pierre Madaraga, Membre ; – Monseigneur Onesphore Nzigo, Membre ; – Honorable Dr Didace Kiganahe, Membre ; – Honorable Pascasie Nkinahamira, Membre ; – Père Désiré Yamuremye, Membre ; et – Honorable Clotilde Bizimana, Membre.
Ces 11 membres de cette CnVR ont été choisi, par les députés de l’Assemblée Nationale du Burundi,  parmi 33 candidats, en s’appuyant sur la loi n°1/18 du jeudi 15 mai 2014 portant Création, Mandat, Composition, Organisation et Fonctionnement de la Commission Vérité et Réconciliation, qui, elle-même, fait suite aux exigences de l’Accord d’Arusha de 2000 [ http://burundi-agnews.org/wp-content/uploads/2013/11/Accord_Arusha_burundi_2000.pdf ].

Le Burundi a connu une des dictatures qui aura été parmi les plus féroces du 20ème siècle: la dictature militaire des Bahima burundais ( Micombero, Bagaza, et Buyoya ) [ http://burundi-agnews.org/agnews_hima_bahima_burundais.htm ].  

Ce régime, qui a duré près de 40 ans ( de 1965 à 2005 [1]), a fait plus de 4,5 Millions de victimes parmi les Bahutu Barundi [ http://www.burundi-agnews.org/histoire_du_burundi.htm ].   C’est le fameux génocide-régicide des Barundi: http://www.burundi-agnews.org/genocide.htm.

Cette Commission nationale Vérité Réconciliation, présidée par Monseigneur Jean-Louis NAHIMANA et Monseigneur Bernard NTAHOTURI, va se pencher sur la vérité de ce crime des crimes qu’aura été le  génocide-régicide des Barundi, c’est à dire grosso-modo sur – les crimes de la Dictature des Bahima burundais –  ( Voir  Le musée du génocide-régicide du Burundi :  http://bdi-museedugenocide.comxa.com/ ).

C’est à dire :

  • montrer ce qu’aura été la cruauté socio-économique du système dictatorial des Bahima burundais et donner la parole aux victimes ayant subi l’apartheid ethnique ( BAHIMA contre BARUNDI- ) qui était son mode de fonctionnement:  http://www.burundi-agnews.org/criminalisation.htm; ( NB: Les centaines de milliers de spoliations de biens et de terres qui ont été mis à jour depuis 2006 par la CNTB Commission Nationale Terres et autres Biens  ou encore l’apartheid scolaire  qui étaient appliqué sous ce régime  ne  sont  que 2 exemples parmi tant d’autres) .
  • revenir sur les assassinats ciblés entre 1961 à 1965 (- Première Phase du Génocide Régicide des Barundi ) pour instaurer la république des Bahima burundais orchestrés par  Monsieur NTIRUHWAMA Jean  très inspiré. Ici on parle de :
    l’assassinat de Feu Rwagasore en octobre 1961 notamment les commanditaires qui se cachaient derrière le Grec ( M. NTIRUHWAMA Jean alors Ministre de Intérieur ) – la famille royale des BATARE a été accusé injustement ;
    l’assassinat des 4 syndicalistes  à KAMENGE  le 19 janvier 1962 :  -Jean NDUWABIKE, Séverin NDINZURWA Basile NTAWUMENYAKAZIRI et André BARUVURA -. Les responsables de ce crime commis de sang froid était M. Prime NIYONGABO et M. François BANGEMU ( sous les ordres des membres du gouvernement MUHIRWA que sont: M. NTIRUHWAMA Jean alors Ministre de Intérieur et Fonction Publique, M. NYAMOYA Albin  Ministre de l’Agriculture et Elevage, et M. NICAYENZI Zénon  Ministre de la Défense Nationale ;
    l’assassinat du frère du Mwami Feu SAR MWAMBUTSA IV, Feu Ignace Kamatari;
    – l’assassinat en 1964  de Mgr Gabriel Gihimbare ;
    – l’assassinat  du 15 janvier 1965 de M. Pierre Ngendandumwe par les accusés jamais condamnés M. Albin Nyamoya, M. Augustin Ntamagara, M. François Bangemu, M. Pierre Ngunzu, et M. Zenon Nicayenzi ;
         – l’exécution des 10 personnalités politiques  le mercredi 15 février 1965 : M. Emile Bucumi,M. Paul Mirerekano, M. Gervais Nyangoma etc. Les responsables sont connus et ils sont tous issus du Conseil de guerre: M. Michel Micombero, M. Jean Kandeke, M. Paul Rusiga, M. Tarcisse Vyuzira, M. Gelasse Ngurinzira, M. Damien Nkoripfa, M. Ndayuhurume Etienne, M. Mabushi Charles;
         – l’exécution de 131 citoyens Barundi ( militaires, gendarmes,et civils :  tous des fidèles à la Monarchie – Ingoma Y’Uburundi )    le 17 décembre 1965 sous les ordres M. Artémon Simbananiye et ses compères ( M. Albert Shibura, M.Jean Ntiruhwama, M. Sota Sylvère et M. Prime Niyongabo.  Mais aussi  M. Pie Masumbuko, M. Augustin Ntamagara, M. Zénon Nicayenzi, M. Anicet Njangwa, M. Lazare Ntawurishira, M. Léonidas Ntibahezwa, M. Charles Semahuna, etc. ).  
    Parmi les 131 victimes 84 étaient des membres de familles prestigieuses Barundi ( des chefs Barundi) liés à la Monarchie Burundaise ( Ingoma Y’uburundi), dont les plus marquants : M. Joseph Bamina,  M. Joseph Miburo, M. Emile Benyuje alias Benyaguje ( descendant directe du Mutabazi[2] – Bihome. Un familier du Mwami Mwezi Gisabo ), M.Patrice Mayondo, M. Ntimpirangeza, M. Pierre Burarame, M. Léonard Ncahoruri,  etc…
         – le nombre de victimes de l’année 1965 sont près de 5000 dont des devenus anonymes comme : – 3 chefs de la mission protestante de Rwintare tués à coups de bàtons;  6 autorités , dont le député M.Ezechiaz Biyorero battues et torturées à mort dans la prison de Bururi; – le député bourgmestre de la la province de Muramvya,M. Mathias Nzobaza, tué à coupe de bâtons au commissariat de Bujumbura; – 12 dirigeants communaux amenées de la province de Muyinga (N.E) tués à la prison de Mpimba à Bujumbura; – 32 dirigeants communaux sortis de prisons et conduits dans la forêt de kibiro, près de Muramvya, pour être ligotés à des troncs d’arbres et entassés sur un bûcher, pour finir brûlés et achevés, pour les plus chanceux, à coups de fusil; – à Gitega, un instituteur de la paroisse de Kitongo, achevé à coups de bâtons alors qu’on le conduisait en prison; etc.

 

  • revenir sur la  Deuxième Phase du Génocide-Régicide des Barundi comprenant la période de 1966 à 1972  avec le Coup d’Etat des Bahima burundais, qui confirme bien que c’étaient eux qui étaient à la manoeuvre depuis 1961 pour mettre  fin au Royaume millénaire africain des Barundi – Ingoma y’Uburundi -,en vue d’instaurer leur République.
       – en 1968, le public découvre leur plan dit « Simbananye » ou plan Hima d’extermination des Barundi  [ http://burundi-agnews.org/nature.htm#Annexe 4 ];
         –  les exécutions de 1969 confirmeront à jamais le plan ci-haut cité : Voir  le Collectif Septembre Décembre 1969 – CSD’69http://burundicollectif69.blogspot.be/ . En décembre 1969,  500 citoyens Barundi furent exécutés. Quelques victimes :  Bazayuwundi Mathias,(matricule S0034, camp Ngozi); Barnabé Kanyaruguru, ministre du plan et des travaux publics; Bambasi (Militaire); Bahoyiki Emmanuel (Adjudants ou candidats officiers); Bitariho Ferdinand, Directeur Général de la Bralima; Bahoyiki(Militaire); Bandyambona Jean-Chrysostome; Buzirukanyo François; Bacakuyabo Joseph; Babonangenda Gaspard; Bagwagure Gabriel; Cimpaye Joseph *(Il est mort en prison en avril-mai 1972); Gahungu Marc (Abbé, Econome Général du Diocèse de Ngozi) ; Henehene Cyprien, ancien ministre de la Santé (qui aurait succombé au cours de l’interrogatoire) ; Kabura André, ministre de l’économie (ingénieur civil); Karolero Charles, (matricule S0003, G4) sous-lieutenant membre de l’Etat-major général ( aurait été enterré vivant) ; Katariho Nicodème, (matricule S00033); Kabura Jean; Kanyaruguru Barnabé; Mbanje Jean-Baptiste (Militaire); Nahimana Joseph (Médecin); Ndayahundwa  Anselme (inspecteur général des finances) *(Il est mort en prison en avril-mai 1972); Ndoreraho Balthazar ( ministre des affaires sociales sous le Royaume Ingoma y’Uburundi); Ngeze Gabriel (Abbé) ; Nicimbikije Grégoire, vice- ministre de l’économie; Niyonkuru Frédéric (Militaire); Ntirirundura Zacharie (Militaire); Ntukamazina François; Ntaconayigize Martin; Nzosaba (Militaire); Ncahoruri Léonard; Ngenzirabona Samuel; Niyongabo Léonidas; Nzobonimpa Pie; Ninteretse Isaac; Ndikumana Véron; Ruranika (Militaire); Sayumwe Simon; Simbizi Mathias; Singira Cyprien; Tungishaka Jean Baptiste (Militaire); etc.
         – L’assassinat de NTARE V ( Charles NDIZEYE) et le GENOCIDE de 1972 sont les faits qui terminent la seconde phase de la main mise des Bahima burundais sur la société Barundi. ( Voir le Collectif des Survivants et Victimes du Génocide des Hutus avant et après 1972 au Burundi – http://genocidehutu1972.org   )

 

  • – revenir sur  la Troisième Phase  du Génocide-Régicide des Barundi  qui s’étend de  1989 à 1991  avec  NTEGA MARANGARA et ses 100 000 morts… http://burundi-agnews.org/genocide.htm#1988  ( le Responsable : Pierre BUYOYA )

 

  • – et pour finir avec la Quatrième Phase 1993 à 2003 du Génocide-Régicide des Barundi.
    – l’assassinat de  Feu NDADAYE Melchior le 21 OCTOBRE 1993  [ http://www.burundi-agnews.org/agnews_Octobre1993.htm ];
         – la guerre civile imposée [ http://burundi-agnews.org/guerre_civile_burundaise_1993_2003.htm ] ;
         – les camps de concentration du Burundi où de 1996 à 2001, soit en 5 ans, près de 2.5 Millions de Barundi vont être internés, en majorité des femmes, des enfants et des vieillards. Beaucoups y périront [ http://www.burundi-agnews.org/ccburundi.htm  et  http://www.burundi-agnews.org/agnews_analysecampsregroupement.htm  ].
    Les responsables des crimes majeurs de cette phase sont :  Pierre Buyoya, Jérôme Sinduhije, Alphonse Kadege, Libère Bararunyestse, Jean Bikomagu, Pascal Simbanduku, Jean Bosco Daradangwe, François Bizindavyi, Samuel Nduwingoma, Laurent Niyonkuru, François Ngeze, Charles Mukasi, Commandant Ntakiyica, Lieutenant Kamana, Major Busokoza, Lieutenant-colonel Ningaba, Lieutenant-colonel Nzosaba, Lieutenant-colonel Ndayisaba, Lieutenant colonel Niyoyunguruza, Lieutenant-colonel Maregarege, Lieutenant colonel Nengeri, Lieutenant-colonel Pancrace Girukwigomba, Major Gervais Nimubona, Major Bukasa, Major Haziyo, Lieutenant Ntarataza, et Lieutenant Ngomirakiza.
         – Entre 1996 et 1997 –  Le Génocide des réfugiés Barundi dans les Camps du HCR (Nations Unis) aux SUD-KIVU, commis par l’armée burundaise du Major BUYOYA et les Banyamulenge : http://burundi-agnews.org/genocide_1996.htm

 

 

En conclusion, voilà le travail qui attend la Commission nationale Vérité Réconciliation CnVR du Burundi.    Comme on peut le constater, les criminels sont connus. La responsabilité majeure est à donner à la Dictature militaire des Bahima burundais, surtout  Micombero et Buyoya, inspirés par les planificateurs du plan haineux  – Plan Simbananye – ( concocté par M. Jean NTIRUHAMA, Albert SHIBURA, Arthémon SIMBANANYE,et Albin NYAMOYA ) que l’on a appelé grossièrement le PLAN HIMA du Burundi [ http://burundi-agnews.org/himaplan.htm ].
Il n’y a donc pas eu au Burundi  – de multiples guerres interethniques HUTU-TUTSI rendant très complexe le travail de la CnVR sur la question du conflit burundais –  Comme  aime à le diffuser, les nombreux média burundais, majoritaires, et appartenant aux enfants de cette Dictature des Bahima burundais, qui, tel que l’on vient de le voir ( avec des faits concrets seulement – il y a eu 1 seule guerre au Burundi depuis 1962 à nos jours : la guerre civile burundaise de 1993 ) est responsable de ce Génocide Régicide du Burundi.  Pour tenter d’atténuer ce crime des crimes, l’Extrême Droite Hima Burundaise – EDHB [ http://www.burundi-agnews.org/Exdroite.htm ]   tente de trouver une issue de secours car les Bahima du Burundi ne voudraient pas se retrouver, comme les HUTU du Rwanda, taxés de – Génocidaires –  à vie.  Ainsi l’EDHB surfe, dans le contexte de globalisation, sur le Génocide du Rwanda de 1994 et en essayant de le confondre  à ce qu’il appelle le ” Génocide des TUTSI du Burundi” [ http://www.burundi-agnews.org/Le_theme_de_genocide_de_tutsi_1993.htm ], les Bahima burundais souhaitant se confondre aux Batutsi du Rwanda.   Brièvement, l’ EDHB voudrait que l’on parle pour le cas du Burundi d’un “double génocide” qui s’annule.  L’EDHB veut dire par là que 1972 les HUTU du Burundi ont été massacrés et qu’en 1993, par contre, ce sont les TUTSI du Burundi qui ont été génocidés ( les Bahima burundais se considérant comme des Batutsi Barundi, c’est à dire – des notables traditionnels Barundi- , ce qui est une pure aberration et  falsification de l’Histoire du Burundi ). Malheureusement pour ces extrémistes révisionnistes Bahima burundais de l’EDHB [ http://www.burundi-agnews.org/exdroite_documentation.htm ], comme l’inspire si bien la pensée sociologique -Durkheimienne- ( Emile Durkheim et son fonctionnalisme), la fonction d’un fait social ne peut être que sociale, c’est à dire qu’elle consiste dans la production des faits socialement utiles [3]. Bref, rien ne sert de s’agiter,  les faits au Burundi restent têtus. La Dictature militaire des Bahima burundais a bien existé en fondant la République du Burundi …

————————————

Notes :

[1] Petit intermède démocratique de juillet 1993 au 21 octobre 1993, date de l’assassinat du 1er Président démocratiquement élu Feu Melchior NDADAYE.

[2] Selon le code ésotérique des Barundi ( le Constitution de l’ancien Royaume, seuls les Baganwa – princes ou fils de monarques Barundi- pouvaient être anobli aux titres de Mutabazi -sauveur de la Nation – )

[3] Alain Bajomée, Elements d’anthropologie culturelle, edition Céfal, 2012, p.103

DAM, NY, AGNEWS, le jeudi 4 décembre 2014

Facebook Comments