Burundi: 7ème audience publique sur le massacre de Gatumba en 2011

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bdi_burundimassacregatumba2011A Bujumbura, ce jeudi 21 novembre 2013 ,   les assassins des 39 personnes , du massacre de Gatumba de 2011, ont été entendus à la Cour d’Appel de Bujumbura pour la 7ème fois.
Les détenus  sont arrivés  de la prison de Rumonge où ils sont incarcérés. Me Janvier Nsabimana a demandé la libération provisoire pour ceux condamnés à 3 ans de service pénal et qui ont déjà purgé 2 ans…

Pour rappel de l’affaire, le Tribunal de Grande Instance  (TGI) de Bujumbura avait condamné, vendredi 27 janvier 2012, à perpétuité 7 personnes sur 21 accusées, pour avoir tué sauvagement 39 citoyens Barundi,acte terroriste et lâche, la nuit du 18 septembre 2011 à Gatumba dans un bar appelé “Chez les amis”.  9 autres parmi les 21 avaient été condamnés entre 3 et 5 ans de prison. Tous avaient été condamnés à verser 831 Millions BIF ( 536 000 USD ) de dommages et intérêts aux familles des victimes de cet acte terroriste.  Depuis les avocats (car ils sont nombreux) de ces meurtriers ne font qu’interjeter appel afin de tenter de réduire les peines infligées.  Ce qui n’est vraiment pas du goût des familles des victimes de cet attentat de Gatumba… On est à la 7ème audience publique à la Cour d’Appel de Bujumbura.
 
En vue de se remémorer cette nuit du 18 septembre 2011, voici le témoignage d’une personne qui était là ce soir là :«Il était 19h 40 minutes de ce dimanche. Alors qu’on prenait un verre en toute quiétude, un groupe d’hommes en tenue policière avec des imperméables surgit. Ils étaient lourdement armés. Ils ont commencé à lancer des grenades et à tirer sur tout ce qui bougeait : hommes, femmes et enfants. »
21 personnes ont été condamnés ( source: ministère public ) pour ce massacre en janvier 2012 : Joseph Sahabo (Kabizi), Gaston Sibomana, Etienne Bizozabishaka, Innocent Ngendakuriyo (Nzarabu), Issa Nyandwi, Jean-Claude Nsabimana (Nzungu), BPP2 Ernest Ndayisenga, OOP2 Jean de Dieu Nizigiyimana, Emmanuel Habonimana, Lt. François Niyonkuru (acquitté en janvier 2012 mais demeuré incarcéré à la prison de Bubanza), Jérôme Nzopfabarushe, Alexis Hakizimana, Edmond Mbonimpaye, Emmanuel Nizigiyimana, Benjamin Niyonzima, Amos Nshimirimana, Ferdinand Ngabireyimana (Mabele), Gaspard Njangwa, Mélance Niyonzima, Jean-claude Ntigirinzigo, Théobart Mfundo.

Les familles des victimes et les rescapés du massacre de Gatumba du 18 septembre 2011 ont assisté à l’audience de ce matin. Majoritairement, ils trouvent malsain l’intransigeance des  avocats de la Défense à vouloir faire sortir de prison  les assassins-terroristes que sont leurs clients. De plus, les familles des victimes de ce massacre n’ont pas encore été indemnisées, et s’interrogent comment ces avocats se font rémunérer. On est à la 7 ème audience publique en Cour d’Appel !  Depuis quelques mois, les familles des victimes soupçonnent les mêmes gens qui ont fait – disparaître et réapparaître- , en résidence surveillé, M. Rwasa Agathon (ancien président du FNL) en juillet 2010; ou encore l’ ancien officier de l’armée burundaise ( membre du Fnl d’Agathon Rwasa), M. Libère Nzeyimana (alias Mahopa) qui s’est évadé de sa chambre de l’hôpital Bumerec gardée par des policiers en décembre 2011,  d’avoir fait  évader et disparaître M. Innocent Ngendakumana, alias Nzarabu, de la prison centrale de Rumonge dans la nuit du 28 décembre 2012.   M. Innocent Ngendakumana avait été condamné à perpétuité dans cette affaire Gatumba 2011 !    Ces familles dénoncent, avec preuve,  de ce même modus operandi …  Ces familles des victimes souhaitent qu’un mandat international soit émis à l’encontre de cet individu  qui avait été condamné à perpétuité pour crimes.  Elles déplorent aussi que des radios locales (dont la RPA) ont pu donner la parole à M. Nzarabu une fois évadé… Le parquet de Bururi avait condamné, samedi 29 décembre 2012, l’officier de police Ndayiragije Etienne alias Wakera, de permanence à la prison de Rumonge à une peine d’emprisonnement de 20 ans pour flagrance après l’évasion de Nzarabu. Concernant l’affaire Libère Nzeyimana (alias Mahopa), en janvier 2012, un officier de police ( ex-combattant du FNL ), commandant de la marine burundaise OPC2, le colonel Didier Nyambariza, prenait la fuite -suspecté ou accusé- d’avoir facilité la fuite d’un chef rebelle, membre du FNL fidèle à Agathon Rwasa connu sous le nom de M. Antoine Bariyanka, alias Shuti ( Au départ, les services secrets burundais SNR estimaient d’après des éléments d’enquête préliminaire que le massacre de Gatumba de 2011 avait été préparé par M. Agathon Rwasa, puis exécuté sous les ordres de M. Antoine Bariyanka, alias Shuti ); mais aussi d’être mêlé dans l’affaire de M. Libère Nzeyimana …  

Les Familles des victimes s’interrogent et sont  inquiets de la tournure que prend  petit à petit de cette affaire.

DAM, NY, AGNEWS, le 21 novembre 2013

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