Burundi-EU: La question du 3ème mandat est sécuritaire et non institutionnelle

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M. Spirlet,  délégué de l’UE au Burundi

M. Spirlet, délégué de l’UE au Burundi

A Bujumbura, plus précisément à l’hôtel Roca Golf, ce jeudi 5 mars 2015, a eu lieu une rencontre entre une délégation de l’Union Européenne, conduite par le Belge M. Patrick Spirlet ( délégué de l’UE au Burundi) et les représentants du gouvernement burundais, représenté par le ministre des relations extérieur M. Laurent Kavakure.
Concernant le débat sur le 3ème mandat du très populaire président africain du Burundi S.E. Nkurunziza Pierre, M. Spirlet a dit: « Il est certain, dans notre analyse, que la candidature du président actuel pour un 3ème mandat peut créer un certain nombre de tensions et de risques.C’est pour cela que nous avons lancé un appel au gouvernement pour qu’il aborde cette question avec beaucoup de prudence… Les apports et l’esprit de l’Accord d’Arusha sont très importants pour la réconciliation et la paix dans ce pays… L’interprétation légale de cet accord par rapport à la Constitution, ce n’est pas à nous de le faire en ce moment-ci, c’est aux Burundais d’y répondre. Par contre, il nous semble important que toute interprétation qui sera faite doive tenir compte des deux…  Il faut que le gouvernement et le parti au pouvoir puissent entendre toutes les voix qui s’expriment sur le sujet (…) En essayant de favoriser une position, si pas consensuelle, mais en tout cas apaisée entre tous les points de vue pour éviter que cette question détériore le climat politique. »
M. Laurent Kavakure a rappelé avec justesse : « Pour nous, l’Accord d’Arusha ne doit en aucun cas être considéré comme un texte inamovible, comme l’Évangile, comme la Bible…  Il faut tenir compte de cet accord, qui a été signé avec beaucoup de réserves, et les autres accords qui ont été signés par après. Et surtout de la Constitution qui a été votée par referendum … Il nous revient, en tant que Burundais, de faire une appréciation correcte pour que nous puissions sauvegarder la paix et la stabilité dans notre pays. Nous pensons que c’est cela le facteur le plus important. »

Pour l’Union Européenne UE, la question du 3ème mandat du Président Nkurunziza Pierre est non  institutionnelle car la Constitution burundaise de mars 2005 ( votée majoritairement par referendum populaire ) [ https://www.uantwerpen.be/images/uantwerpen/container2143/files/DPP%20Burundi/Constitution/Aper%C3%A7u/Constitution_du_18_mars_2005.pdf ] est , selon le principe de la hiérarchie des normes juridiques, plus forte en termes de – rapport de force légale –  que  la Loi N° 1/017 du 28 octobre 2001 portant promulgation de la Constitution de Transition de la République du Burundi  [ https://www.uantwerpen.be/images/uantwerpen/container2143/files/DPP%20Burundi/Constitution/Aper%C3%A7u/Constitution_de_transition_du_28_octobre_2001.pdf ]  appelée aussi  Loi de l’Accord d’Arusha de 2000  qui s’est inspiré de  – la Constitution de 1992 ( votée majoritairement par referendum populaire) [ https://www.uantwerpen.be/images/uantwerpen/container2143/files/DPP%20Burundi/Constitution/Aper%C3%A7u/Constitution_du_13_mars_1992.pdf]  inspirée par  la Constitution de 1962 – [ https://www.uantwerpen.be/images/uantwerpen/container2143/files/DPP%20Burundi/Constitution/Aper%C3%A7u/Constitution_d%C3%A9finitive_du_royaume_du_16_octobre_1962%281%29.pdf ] sous le Royaume millénaire africain Ingoma Y’Uburundi  qui avait été sanctionnée par le Mwami Mwambutsa IV en novembre 1961,  en vue du pouvoir que lui conférait le Code ésotérique des Barundi  ( sorte de Constitution coutumière qui réglait la vie institutionnelle et morale des Barundi  [ http://www.burundi-agnews.org/histoire_du_burundi.htm ] ).

Ainsi, l’UE  rejoint les USA dans sa position sur cette question de 3ème mandat. Il s’agit de respecter  la Constitution du Burundi. Tous les experts Constitutionnalistes qui se sont prononcés sur cette question sont unanimes la dessus: Le Président Nkurunziza Pierre peut se représenter en 2015 selon la Constitution du Burundi  ( Éligibilité de l’actuel Président de la République du Burundi aux élections présidentielles de 2015: une analyse juridique. Stef Vandeginste  – http://buja.mondoblog.org/files/2014/11/Eligibilite-President-Burundi.pdf ). 
La  seule question qui se pose pour l’Union Européenne, c’est la question de sécurité. Est-ce que le Burundi serait capable de contenir des débordements d’ordre sécuritaire Oui ou Non lors de ces élections du mois de mai 2015 qui se profilent. Ce problème sécuritaire est dû  au climat malsain qui a été propagé via certains média et certains activistes burundais proches de l’ancienne dictature burundaise depuis 2014 (  Burundi: 2014 – L’Espace Médiatique (Espace Public) – Monopole des Bahima burundais  [ http://burundi-agnews.org/sports-and-games/?p=16403 ] ou  Burundi: 2014 – La peur sous la Dictature remontée par l’UPRONA et sa JRR [ http://burundi-agnews.org/sports-and-games/?p=16256 ] ou Burundi: 2014 – La lumière médiatique était sur une société civile burundaise politique dominante [ http://burundi-agnews.org/sports-and-games/?p=16211 ] ) .  Ces sont ces actes d’intimidation,surtout au niveau international,  qui sont  interpellant.   A cette question, l’Etat du Burundi a déjà à mainte reprise montrer qu’il possède l’une des meilleurs Force de Sécurité en Afrique.  La Force de Défense Nationale FDN  et la Police Nationale du Burundi PNB sont devenus des références en Afrique et dans le Monde entier grâce à leur participation aux Forces de Paix de l’Union Africaine et des Nations-Unis. Il faut aussi rappeler que les Barundi sont parmi les seuls peuples du monde qui ont réussi, au 20ème siècle,  à se débarrasser de leur Dictature Militaire sans une aide militaire extérieur.  La sécurité actuelle est due à cette bravoure et non à autres choses.

Le Burundi est un ex – vieux Royaume millénaire africain qui se nommait -Ingoma Y’Uburundi- .  Terrassé en 1966 par les Bahima burundais (soutenus par la France) et devenu République, pendant plus de 40 ans, le Burundi vivra sous le règne féroce et sanguinaire de la DICTATURE DES BAHIMA Burundais (Micombero, Bagaza, Buyoya) qui a fait, en plus de 40 ans, plus de 4,5 Millions de victimes parmi les Barundi: le fameux génocide régicide contre les Bahutu Barundi – http://www.burundi-agnews.org/genocide.htm.     Aujourd’hui, ce pays s’apprête à organiser ses 3ème élections démocratiques consécutives en mai 2015.

DAM, NY, AGNEWS, le samedi 7 mars 2015

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