BURUNDI : RESOLUTIONS DU DEUXIEME CONGRES DES SECTIONS EUROPEENNES DE L’UNEBA

RESOLUTIONS DU DEUXIEME CONGRES DES SECTIONS EUROPEENNES DE L’UNEBA 

 

UNION NATIONALE DES ETUDIANTS BARUNDI

DIRECTION CENTRALE PROVISOIRE

UNEBA,BRUXELLES

DU 28 JUILLET AU 1er AOUT  1967

 

                        UNION  NATIONALE  DES  ETUDIANTS   BARUNDI

                                  DIRECTION  CENTRALE  PROVISOIRE

                                                +++++++++++++++++++

 

 

 

 

 

 

 

 

RESOLUTIONS DU DEUXIEME CONGRES

 

DES SECTIONS EUROPEENNES DE L’

 

UNEBA.-

 

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( PREMIER CONGRES NATIONAL EXTRA-

ORDINAIRE)

 

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TENU A BRUXELLES DU 28 JUILLET

AU 1er AOUT    1967 .-

 

 

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Bujumbura, le 17. 8. 68.-

 

Sire,

 

Nous présentons nos meilleurs hommages avec respect. Le Burundi et ses habitants vous saluent.

Père du Burundi(Sebarundi) nous vous prions d’examiner attentivement cette lettre de détresse que nous vous envoyons. En effet, nos anciens Barundi disaient dans leurs dictons :

Un adolescent (jeune) ouvre les yeux après avoir été confondu . (Umusore ahumura ahumiwe). Par un autre dicton, ils disaient :

« Le conseil d’un ancien , tu l’apprécies après un échec ».(Ijambo ry’ umukuru urishima umukuru).

A présent , nous savons juger ainsi, les bévues qu’on commi cette jeunesse et nous nous observons actuellement.

J’ai été mandaté et recommandé pour vous envoyer cette lettre plus particulièrement au nom des personnes suivantes :

«Muhakwanke Mathieu, Jean Muhakwanke, Baredetse André, Bankanuriye Pascal, Mpozenzi Pierre , Kayabo Jean, Ngowenubusa Sylvère , Baranyanka Charles , Bakareke , Karibwami , Bangemu , Kana , Narishikije , Kiswaswa et Kahushi ».

Voici ce qu’ils me demandent de vous écrire :

« On a jamais connu dans toute l’histoire du Burundi des choses invraissemblables que ce l’on voit actuellement. C’est à verser des larmes , hommes , femmes , européens tout est pareil et on ne sait pas comment tout cela va se terminer. Nous vous prions de penser à votre Burundi et les Barundi avec tout votre esprit et envisager votre retour . Les responsables Tutsi rebelles qui conduisent le pays dans l’abîme s’ils sont nombreux ne dépassent pas cinq et le peuple ne peut pas subir les conséquences et les responsabilités de ces cinq personnages.

En 1965 , vous vous rappelez que MICOMBERO a fait exterminé par ses soldats des milliers des Hutu , alors que vous demandiez que toute affaire passe devant des juridictions à cause de votre justice innée et de votre jugement équitable. Nous sommes conscients que depuis lors , vous avez ressenti de l’amertume , tristesse et peine.

 

 

 

 

 

 

 

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Mais aujourd’hui, où en sont les choses, rien ne peut sauver la situation présente si ce n’est que Vous et Dieu le Tout-Puissant.

C’est pourquoi nous insistons plus particulièrement et vous invitons de penser à sauver les Barundi et le Burundi.

A présent nous souhaitons le retour du temps passé jusqu’à souhaiter le retour des Belges. En effet, du temps de la Monarchie et des Belges, il y avait la satisfaction, moins d’abus , on trouvait du travail, alors qu’aujourd’hui c’est une catastrophe. Pour mieux vous en convaincre, il serait bon de demander des nouvelles aux Européens qui quittent chez nous comment est le Burundi actuellement.

C’est pourquoi, nous vous demandons de contracter n’importe quel milieu occidental , sauf évidemment les communistes que nous ne voulons plus revoir , afin qu’ils vous aident à revenir au Burundi et qui aimeraient à nous aider pour relever le niveau des populations surtout du point de vue économique , commerciale . S’il y a lieu de faire un contrat avec deux qui s’intéressent à vous aider de cette façon , il n’y a rien à hésiter c’est ce que d’ailleurs les Barundi demandent pou l’instant et c’est notre souci principal , notre requête que nous formulons avec insistance.

Cher Père, travailler avec courage et demandons de communiquer cette requête à tous ceux qui veulent vous aider en leurs disant que ceci provient des requêtes formulées par tous les Barundi et toutes les ethnies qui s’y trouvent : Bahutu, Batutsi jusqu’aux Batwa.

Nous n’avons rien à vous offrir si ce n’est ces tristesses.

Aidez- nous , aidez nos enfants, aidez votre pays , aidez vos enfants . Aidez-nous à nous débarrasser des baïnnettes braquées devant nos bouches. Depuis que le Burundi existe ,le pays a été gouverné par la justice et non par des armes.

Père du Burundi, nous ne savons pas nous exprimer autrement et pensons que nos idées seront mieux comprises.

Que Dieu vous aide également à revenir près de vos enfants.

 

 

P.O. BUSIGO Alphonse.

sé : Busigo Alphonse

 

Traduit par

Germain Bimpenda.

 

 

 

 

 

 

 

 

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N.B. Fonctions des personnes citées :

Tous sont des personnalités qui exercent une très grande influence devant la masse et même les milieux plitiques du pays.

-BUSIGO Alphonse : Ancien aide de camp du Roi Mwambutsa IV.

garde de corps , très populaire dans les milieux du pays , étrangers

qu’autochtones.

– MUHAKWANGE Mathieu : ancien Ministre des Finances, un leader

influent dans le clan Hutu.

-MUHAKWANGE Jean : fils de ce dernier.

-BAREDETSE André : ancien Ministre depuis 1962, leader Hutu important.

– BANKANURIYE Pascal : ancien Ministre , leader Hutu.

-NGOWENUBUSA Sylvère : ancien Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Agriculture , un

Tutsi modélé et évolué.

MPOZENZI Pierre, ancien Ministre de l’Intérieur : un Hutu.

-BARANYANKA Charles , ancien Ambassadeur du Burundi à Bruxelles, à Paris.

-BAKAREKE Antoine : ancien Chef coutumier – Chef des Tambours royaux et régent.

-KARIBWAMI Antoine : ancien Chef coutumier

-BANGEMU François : ancien Chef de la Jeunesse du parti Uprona

-KANA Henri : ancien Gouverneur de province

-NDARISHIKIJE : ancien grand Chef coutumier

-KISWASWA Gervais : ancien sous-chef coutumier

-KAHUSHI : ancien grand chef coutumier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SITUATION AU BURUNDI.

La crise de structure politique que traverse actuellement le Burundi, malgré le calme apparent qui ne trompe aucun observateur averti n’augure rien de bon pour l’avenir de ce petit Pays secoue par des soubresaut chronique depuis son independance . On ne saurait effacer a la faveur d’un surprenant coup d’Etat cinq longs siècles d’histoires du Burundi. Depuis le 28 novembre 1966 date ou le pays fut entre les mains de gens avident de pouvoirs personnels et dicté par la Chine communiste , qui voyait dans le Burundi un tremplin idéal pour sa politique , en effet le Burundi se trouvant au centre de l’Afrique est une situation idéale pour infiltrer dans les autres pays , la politique Chinoise.

Le différend entre le Mwami et son fils le Prince Charles a été applani et réglé  en effet ils ont compris qu’ils devaient s’unir pour le bien être du peuple Burundi  Des lettres du pays arrivent régulièrement  à Sa Majeste pour lui demander de rentrer au pays ainsi que les moyens necessaire pour leur permettre de mener a bien a l’interieur du pays une résistance contre les usurpateurs.

Malgré l’effet de surprise , la terreur policière , la paralysie des groupements politique de masse et la mise en résidence ou arrestations qui ont été les mesures prisent depuis l’instauration du nouveau régime pour essayer de réduire le peuple au silence celui-ci restent attaché à la Monarchie . Hélas ne possédant pas les fonds nécessaire pour un véritable mouvement clandestin , corrompre certaines autorités indispensables a caractères indifférents, ceux-ci en sont réduit a attendre une aide de l’exterieur .

Avec une aide financière nous pourrions mener a bien une opération a courte durée .La réussite ne pourrait être que total d’autant plus que les véritables extremistes de cette révolution sont peu nombreux. L’ambition de sa Majeste n’est pas uniquement de reprendre le pouvoir mais de remettre la situation en ordre d’une facon démocratique et juste. Il ne craint pas comme les autres Tutsi , l’accession de l’ethnie Hutu tous pour lui sont égaux. Il ne veut pas decevoir la majorité du peuple qui pour le momment est conduit dans l’erreur par des gens sans scrupules et sans morales .

Sa Majeste est d’accord d’accorder aux pays qui pourront l’aider a reprendre sa place dans son Royaume et ainsi sauver le peuple Barundis de la tyranie : des relations commerciales et diplomatiques.

Chaque fois qu’une question pourrait être posée a l’O.N.U. sur un des pays l’ayant aidé il y serait toujours répondu en faveur du dit pays.

La plaine d’aviation (boeing) de Bujumbura serait autorisée aux avions des dits pays.

Toute fois si d’autres avantages seraient demander , il serait examiner avec la plus grande bienveillance par Sa Majesté.

Je tiens a votre disposition tout le dossier de cette affaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cher Ami,

 

Bien le bonjour,

J’ai bien reçu vos lettres à expédier à la famille

Un peu de nouvelles

« Situation tendue et notre Président est en mauvaise posthul dans l’armée principalement . D’autres part il y a le problème aussi des Bahutu inquiétante. Actuellement  le Président pour sa sécurité est gardé par des parachustes qui ont eu leur formation à Kinshasa. A l’intérieur l’armée n’est pas avec lui. Il ne loge plus dans la maison officielle et recours à des actes superstieuses par peur. Ici 99% sont pour Mwambutsa c’est dire que le pays entier est pour ce dernier. Tout ce qu’on diffamait contre sa personne n’est plus entendu par la population. Lorsqu’il voyage en hérécoptère , les gens montrent leurs derrières le ciel.

Quand nous nous ne savons pas vous comprendre , et vous expliquer davantage de la nécessité à obtenir une aide qui nous permettrait à faire une grande campagne d’envergure . Nous n’avons plus des mots pour vous exprimer le caractère urgent d’une telle opération . Comment pouvons nous expliquer davantage.

Les Bahutu disent : nous souhaitons vivement ceux qui peuvent aider Mwambutsa à revenir quid même à accepter n’importe quel contrat allant même jusqu’ à 50 années , les autres disent 100. si c’est un Dieu on le prie même si c’est un démon . Nous ne savons quoi faire , sans argent nous ne savons rien faire. On ne peut pas défricher un marais sans outil dit le proverbe .

Ainsi Monsieur Gaspard travaille efficacement , mais dans peu de temps fautes des moyens qu’il dispose , il ne saurait plus avancer . N’est-il pas une chose compréhensible. ?

N’avez- vous pas reçu dernièrement mes lettres ? qui parlent également de l’aide à fournir aux épouses détenues politiquement en prison . Tout cela si vous savez les aider financièrement ça donnerait un élément nouveau , psychologique.

Il faut que vous nous obteniez un fond qui nous permettrait de travailler efficacement et vite.

D’ailleurs, je ne veux plus insister sur cet objet, je n’écrirais plus dans cette condition

 

Saluez de notre part nos Majestés

B.A.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ROYAUME DU BURUNDI

Cabinet de S.M. le MWAMI

Bruxelles, le I février 1967.-

 

A Sa Majesté le Mwami MWAMBUTSA IV.

86 B. route Florissant

Genève

 

 

Cher  Père,

 

J’ai bien reçu votre lettre personnelle datée du 28 janvier 1967 , lettre qui m’ est amenée par le truchement du Grand Maréchal Bimpenda et était envoyée par vous Maître Simonian.-

 

Vous me demandez par écrit certaines précisions qui conditionnaient l’aide pour le retour au Pays .

Bien que nous ayons déjà discutée de ces problèmes lors de mon passage à Genève , il y a deux semaines et que nous nous étions bien entendu sur tous les points , je crois Vous les réconfirmer  par écrit pour que Vous ne croyiez pas à une désobéissance . Et c’est pourquoi , je réponds à Vos questions point par point :

 

I° –  Ma politique extérieure sera identique à la Vôtre dans le sens qu’elle sera réaliste , afin de

pouvoir éliminer  l’infiltration communiste , qui par l’expérience des choses est devenue

néfaste pour l’ordre intérieur du Pays.

 

2° –  La politique intérieure sera ferme , elle débutera par une période difficile , qui sera celle

de l’épuration et où les traîtres de la Nation subiront des sanctions exemplaires .-

–  Les détenus politiques   ou autres personnes arrêtées arbitrairement et illégalement  seront

libérés.

–  Les grandes affaires politiques mais à grand caractère politique , tels que les procès

Ngendandumwe , Kamenge , Kamatari , qui laissent des traces douteuses mais qui

mourissent la mésentente entre nos éthnies , seront poursuivit et éclaircit.

–  Les personnalités et fonctionnaires qui auraient été corrompus seront poursuivit sans

relâche.

– Les personnes de la JNR. qui detiendrons des armes illégalement seront désarmés .

Quant au mouvement de la JNR. , il sera réorganisé afin de le fusionner avec le

mouvement Catholique « Chiro » qui est un mouvement déjà bien organisé et qui a déjà prouvé l’utilité et le bien qu’il rend aux jeunes du Pays.

– Un Gouvernement fort que je présiderai si nécessaire, sous n’importe quel titre  et en

respectant la moyenne des composants ethniques sera nécessaire pour préserver la paix,

l’unité et la prostérité du  peuple sous l’égide de la Monarchie et l’idéal des Bamis qui

doit être de servir l’intérêt de la masse populaire.

–   Je suis conscient qu’on ne pourrait comprendre l’existence de deux Bamis . J’ai été

intronisé malgré moi et cela ne peut se concevoir de Votre vivant , à moins qu’une

abdication volontaire en ma faveur avec l’accord du peuple.

 

. . / . .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– 2 –

. . / . .

 

Il est bien entendu, et il faudra cependant que dès que la situation serait redevenue claire à Bujumbura vous viendrez immédiatement dans le pays , pour que nous consolidions ensemble l’œuvre que nous aurons à réaliser.

 

Tout en espérant que cette lettre vous satisfaira , veuillez croire Cher Père , à mes sentiments de respectueuse affection

 

Votre Fils , NDIZEYE  Charles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ROYAUME DU BURUNDI

Cabinet de S.M. le MWAMI

 

Genève, le 14 Février 1967 .

 

 

 

Mon Cher Fils,

 

J’ai bien reçu votre lettre du 1er Février 1967 dont le contenu m’a donné entière satisfaction.

 

Je constate avec plaisir que vous avez compris les raisons majeures des conditions sine qua non que j’ai posées dans l’intérêt du Burundi et de la Monarchie. – Il est essentiel , en effet, si nous voulons servir notre pays avec abnégation et efficacité , que nous adoptions une politique à la fois saine, démocratique, réaliste et coordonnée.

 

Conscient de mes devoirs de chef et de père , j’estime qu’il m’incombe de prendre mes responsabilités devant l’Histoire .- J’ai donc décidé de prendre les choses en mains et de me rendre personnellement au Burundi pour ne pas compromettre vos chances lors de la période difficile et délicate des démarches qui doivent forcément préceder notre retour au Pays.

 

Aussi , pour éviter toute équivoque tant au Burundi qu’à l’etranger , je vous demanderai de n’entreprendre aucune démarche en mon nom sans mon accord préalable.

 

Je compte d’ailleurs venir à Bruxelles pour renouer des contacts utiles et nécessaires sitôt que mes papiers de résidence et de séjour en Suisse seront en règle.

 

Votre père affectueux ,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bujumbura, le 18/8/68.-

Cher G.Bimpenda,

 

Voici ce que le pays souffre :

 

1.-        COMMERCE :

Il n’y a plus du commerce au Burundi et le commerce entier est au main seul

des gens originaires de la province de Bururi et ont fondé une société , une

coopérative dite ISEBE pour eux seuls. Ils ont la priorité du café et tout autre produit

du pays.

 

2.-        Les TAXES DE L’ETAT insupportables :

Vous allez acheter quelque chose dans un mangasin , dans une pharmacie ou

une autre chose , vous payez 2% pour l’Etat pour tout ce que vous achetez . Il est de

même tout ce que vous vendez.

Par exemple :

Un  commerçant venant de Gitega pour venir s’approvisionner des

marchandises  pour son mangasin, il paie 2% pour tout ce qu’il achète dans le

magasin de gros ou ailleurs . Une fois rentré chez lui , pour vendre ses marchandises,

il doit à chaque fois payé 2%.Le client qui vient acheter dans son magasin, doit aussi

à son tour  payer 2% à l’Etat de ce qu’il achète. Ainsi dans ces conditions , il est

impossible de faire du commerce , personne ne le pourra à la longue, je crois que

vous l’observait également ? Pour les importations  c’est 50% de droit d’entrée . De

plus les commerçants étrangers n’ont plus rien à redire , tout le commerce est au

mains des gens de Bururi , comment donc le Burundi peut progresser dans ces

conditions ? Nous avons un régime un gouvernement qu’on a jamais eu , un

commerçant veut se renseigner sur quelque chose , lorsqu’il est étranger il a 24

heures pour quitter le pays , laissant ainsi tout ces biens qu’il avait investi.

C’est un abus , un vol flagrant , on ne croit pas à un changement éventuel si ce

n’est que le retour du Mwami.

 

3.-          Réglementations administratives nouvelles :

Un Européen qui a à partir de 10 employés , doit acheter un drapeau du pays .

Chaque matin avant le travail tous doivent saluer le drapeau , patrons aussi bien qu’

employés. C’est une obligation .

Partout dans le monde où avez-vous vu des choses pareilles ?

 

4.-          Le parti :

Le Président de la république est aussi Chef du parti . Chaque Murundi est

obligé d’acheter une carte du parti de 40 frs Bu. Toutes ces recettes sont versées au

compte bancaire du Président , qui seul a le droit de retirer la somme qu’il désire

suivant son bon plaisir . Ne voit-on pas par là que du vol au sens du mot et dépassant

tout ce qu’on peut imaginer.

Au stade , au cours des réunions  d’informations publiques c’est toujours la

même phaséologie disant que le Président a chassé des voleurs (les Rois) avec ses

complices des Belges qui ont vidés le pays.

Tandis que les gens disent quand ses voleurs étaient dans le pays , on trouvait du

travail et aujourd’hui on ne trouve nulle part où travailler ? Et le peuple ne fait que

réclamer  ses voleurs qui leurs donnent du travail , étant donné que s’ils volaient

soi-disant , ils savaient leurs procurer du travail et un salaire raisonnable et trouve

aujourd’hui , qu’ils travaillent par contre pour rien . Chaque samedi tous avec les

Ministres sont obligés d’aller couper les herbes ou travailler sur les routes , chose

nouvelle , on s’ interroge où est allé l’argent qui faisait tout cela ? si les voleurs sont

partis , on se demande à présent et si c’est l’argent qui vole l’argent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

– 2 –

Ceux qui peuvent aider le Mwami Mwambutsa à revenir dans son pays , nous les

supplions de le faire, nous en serons reconnaissant et sommes prêts à collaborer et à

nous entendre sinon rien ne va . Nous excluons seulement les communistes que nous

ne voulons plus.

Nous savons que les auteurs de mettre fin à la Monarchie était pour eux une action

de vengeance qu’ils ont mis sur pied parce que le Mwami a eu l’initiative de rompre les

relations diplomatique avec la Chine communiste.

  1. –    Justice :

Ce qui se passe ici c’est grave . On voit encore des prisonniers politiques de 1962

oubliés dans les prisons , alors que le Mwami avait donné ordre que toutes ces affaires

repassent dans les tribunaux en vue de relâcher les innocents , or le Mwami n’est plus

là, rien ne se fait dans ce domaine. Pour nous Bahutu nous sommes plus particulière-

ment dans une pire situation , nous voulons que le Mwami retourne le plus

rapidement possible , sinon tout ces petits Tutsi originaire de Bururi vont faire périr le

Burundi , tout notre économie s’achemine vers la Tanzanie . C’est pourquoi nous

désirons  le retour du Mwami dans le pays coûte que coûte.

Les gens vont périr , certains sont déjà infirmes dans les prisons.

6.-            Nous demandons que le Mwami revient dans le pays  , qu’il cherche des militaires

étrangers qui peuvent l’amener et que nous garderons comme assistances techniques

qui auront comme mission de former notre jeune armée qui sera réformée en écartant

les  rebelles.

 

Le pays se lamente d’être gouverné par des baïonnettes et par un groupe des

Bahima qu’ils ont toujours refusé d’être gouverné par eux durant tout l’historique du

Burundi  ( Abahima : c’est un groupe de famille Tutsi qui socialement était toujours

mal considéré dans le pays ).

Les Pères et les Missionnaires n’ont plus rien à dire , ils sont pour l’instant

ridiculiser comme des chiens.

 

Ce qui nous importe le plus ce n’est pas une réponse à cette lettre , ce qui est

essentiel pour nous est de voir le retour du Mwami, ici au Burundi le plus rapidement

possible . Sinon et s’il ne revient pas rapidement , il  trouvera d’autres situations

dramatiques que nous aurons réalisé , car le Mwami en   personne avait refusé qu’on

massacre des Bahutu et Micombero s’est aventuré et les a   massacré.

Lorsque celui-ci a vu que le Mwami le punirait pour ce génocide, il a jugé bon de

faire acte de rébellion pour mieux en sortir .

Nous jurons , que le sang de nos frères sera venger et que nous ne nous

laisserons pas faire.

Si le Mwami veut la paix pour son pays , qu’il sauve son pays le plus

rapidement  possible , sinon vous entendrez des échos , des nouvelles de ce qui va

arriver.

Dans l’armée , il se dit que si on apprend l’arrivée du Mwami , les

militaires qui sont d ’ ailleurs plus nombreux s’opposeraient à ceux qui sont originaires

de Bururi s’ils tentent d’attaquer le Mwami et seront vite éliminés et s’il le faut

extériminer la province  de Bururi pour pouvoir augmenter en nombre les nôtres. Nous

savons les nôtres qui sont massacrés , nous savons ce qui s’est passé en 1965 alors qu’au

fond l’origine c’est la cause des Tutsi eux-mêmes . Malgré cela ce sont les nôtres qui ont

été   exécutés . Aujourd’hui les mêmes auteurs , ce ne sont-ils pas les mêmes qui ont mis

fin  à la Monarchie ? qu’est-ce  qu’ils ont à dire actuellement ?

Nous attendons ce que le Mwami veut faire , car le Mwami a été toujours

le Père de tous , il n’a jamais eu d’ambitions de s’enrichir arbitrairement , de son temps

la justice était bien rendue dans tout le pays , maintenant c’est une chose catastrophique.

 

 

 

 

 

 

 

UNION NATIONALE DES ETUDIANTS BARUNDI           Bruxelles le 10 février 1965.

Section Belgique

113, chaussée de Vleurgat

BRUXELLES 5.    Belgique.

 

A Sa Majesté Mwambutsa IV

MM le Président de l’Assemblée Nationale.

le Président de l’UPRONA.

le Premier Ministre du Burundi.

Ministre ( tous )

 

Transmis copie à MM le Président de

la J.N.R.

M le Président du SAAB.

le Secrétaire Général de la F.T.B.

le Président Général de l’UNEBA.

les Présidents de Section de l’UNEBA.

 

 

Majesté , Messieurs,

 

Après avoir déploré l’ignoble assassinat du Premier

Ministre Pierre Ngendandumwe et exigé un châtiment exemplaire et impartial contre les

assassins.

 

Constatant que les déclarations prématurées et tendancieuses de certaines autorités dont le Vice-Premier Ministre , le Dr.Pie Masumbuko , et les interventions intempestives du Gouvernement sont de nature à fourvoyer l’enquête et perturber le cours normal de la justice.

 

Constatant que le Mwami, manipulé par la clique réactionnaire dont il est entouré , a profité de cet assassinat pour imposer au peuple un régime dictatorial au service de l’impérialisme.

 

Remarquant que l’interdiction non motivée des mouvements démocratiques et progressistes : la Fédération des Travailleurs du Burundi (F.T.B.) et la Jeunesse Nationaliste Rwagasore (J.N.R.) est une atteinte aux droits inaliénables et secrés des citoyens.

 

Ayant appris l’existence d’un projet visant à s’installer une base militaire américaine au Burundi . Nous rappelant l’énergie déployée par le peuple Burundien avant l’Indépendance pour s’opposer à une quelconque amputation du territoire national . Considérant que notre pays ne peut servir de bastion contre la liberté de l’Afrique.

 

Après avoir appris avec étonnement la « Suspension » des relations diplomatiques entre le Burundi et la Chine populaire, sans justification et au mépris des règles élémentaires de relations internationales.

 

Conscients que cette regrettable mesure peut altérer sérieusement le prestige dont le Burundi jouissait jusqu’ici dans le concert des nations libres et progressistes du monde entier.

 

Constatant que cette mesure porte gravement atteinte à la politique de neutralisme positif que le Burundi a toujours pratiqué en matière de politique étrangère , la seule politique capable de consolider notre indépendance Nationale , de créer les conditions de paix , d’amitié et de coopération entre les peuples pour le bien de l’humanité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Constatant que la rupture des relations diplomatiques avec la Chine , vient immédiatement après la décision grossière , inamicale et anti-africaine prise par le Roi d’ajourner sine die l’accréditation de l’Ambassadeur de la République Démocratique  et Populaire d’Algérie , et qu’elle s’inscrit dans une série de mesure visant à précipiter le Burundi dans le camp des Traitres de la liberté africaine.

 

Convaincus que le peuple Burundien , qui a dit catégoriquement non aux colonialistes , aux impérialistes et à leurs valets , ne se laissera jamais dominer.

 

Nous, Etudiants Barundi de Belgique réunis en Assemblée Générale le 6 février 1965.

 

Réaffirmons notre détermination de lutter de toutes nos forces contre toute tentative d’asservissement de notre peuple par l’instauration d’une dictature au service de l’impérialisme .

 

Exigeons le retour à la procédure normale de la Justice , la levée immédiate de l’état d’exception et des mesures interdisants la F.T.B. et la J.N.R.

 

Nous opposons énergiquement aux manœuvres tendant à l’aliénation du sol national et à l’implantation sur notre territoire , de bases dirigées contre le Burundi et l’Afrique .

 

Exigeons le rétablissement immédiat des relations amicales avec la Chine . Stigmatisons l’ingérence de plus en plus flagrante dans nos affaires intérieures dont se rendent coupables certaines ambassades accréditées à Bujumbura .

 

Prions une fois de plus le Mwami de respecter l’esprit et la lettre de la Constitution et de rompre les liens si étroits qui l’enchainent à l’impérialisme qui ne cesse de comploter contre le Burundi et l’Afrique.

 

Supplions le Gouvernement du Burundi de revenir sans tarder sur sa décision inconsidérée , de rester fidèle au principe de neutralisme positif que nous ont légué les regrettés RWAGASORE et NGENDANDUMWE et de lutter avec acharnement pour que le Burundi ne devienne jamais un satellite de quelque puissance.

 

Déclarons notre solidarité aux travailleurs et à la jeunesse du Burundi , dans notre lutte commune contre une bourgeoisie pourrie et une monarchie réactionnaire vendues à l’impérialisme Yankee .

 

 

LES ETUDIANTS BARUNDI DE BELGIQUE

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/ MESSAGES DES MOUVEMENTS FRERES .

 

INTERVENTION AU CONGRES DES SECTIONS EUROPEENNES DE L’UNEBA.

 

Camarades congressistes,

 

L’association des étudiants et stagiaires Sénégalais au Benelux vous réitère , par ma voix ,son salut fraternel. Comme nous vous le disions hier dans notre message , nous nous sommes fait un devoir de participer aux travaux de votre congrès et de contribuer , autant que faire se peut , au retentissement qu’il ne manquera pas d’avoir. L’Uneba Belgique a, de bonne heure , travaillé de concert avec d’autres unions d’étudiants ; et, l’aboutissement de plusieurs années de tâtonnement fut la création de la Fédération des Etudiants africains en Belgique.

 

Car camarades , l’Afrique doit s’unir . Si non , elle se condamne à se laisser détruire. Il fut un temps où l’Afrique était constituée de plusieurs fédérations qui , si elles étaient dirigées par et pour les nationaux , constitueraient de grands ensembles viables. C’est ce que nos ennemis ont compris. Sachant qu’ils ne pourraient plus continuer à s’opposer à la rotation de la roue de l’histoire , car elle tourne elle , ils se sont avisés , pour préparer l’avènement du néocolonialisme et assurer leurs arrières , à balkaniser l’Afrique . Ce fut l’effondrement des fédérations du Congo-Ruanda-Burundi, de l’Afrique occidentale , de l’Afrique équatoriale pour ne citer que celles-ci. Les dates de l’éclatement de ces fédérations par rapport à celles de l’indépendance formelle des pays composants attestent une volonté délibérée de diviser pour régner . Les velléités unitaires ne sont nullement acceptables pour l’impérialisme . Après l’indépendance , quatre Etats ont voulu former la Fédération du Mali. Par des manœuvres extra-africaines , 2 chefs d’Etats ont renié leur parole , ce qui est d’une gravité incontestable chez nous en Afrique . Les deux récalcitrants n’ont pas tardé à se plier aux oukases de leur Patron. La sécession actuelle au Nigéria sent la sauce Katangaise. Il nous faut donc prendre conscience que nos ennemis veillent . Il y a toujours de l’argent pour payer les affreux , par contre il n’ y en a jamais pour notre développement . Le résultat de toutes ces manœuvres , c’est une multitude d’Etats bidons gérés par de fidèles serviteurs des intérêts de l’impérialisme international. En contrepartie des services rendus et qui sont : baraderie de notre économie , inféodation de notre politique étrangère , reniement de nos valeurs , bref renoncement à notre souveraineté , l’impérialisme leur donne le pourboire d’usage en plus du soutien militaire grâce aux bases en places ou aux mercenaires . Faut-il rappeler qu’un gouvernement ayant une base populaire et par conséquence appliquant une politique allant dans le sens des intérêts nationaux n’aurait besoin d’aucune force pour se protéger contre le peuple ? et surtout pas de force étrangère !

 

L’un des passifs que le problème congolais nous a légués est l’introduction du mercenariat en Afrique. Votre congrès , notre congrès doit condamner vigoureusement cette pratique.

 

Il y a un autre problème sur lequel nous avons cru utile d’attirer l’attention du congrès , nous voulons parler , vous vous en doutez , de la tactique du néocolonialisme . Tous les discours sont émaillés de vocabulaire pseudo-révolutionnaire si pernicieux que certaines personnes, de toute bonne foi , se sont fait attraper. Nous réaffirmons à ces nouveaux « révolutionnaires » qu’il ne s’agit pas de prendre les résolutions de nos congrès et de les vider de leur contenu pour en faire de simples slogans électoralistes . La quasi totalité de nos Chefs  d’Etats discourent de socialisme et à longueur de journée et à longueur d’ondes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Monseigneur Perraudin , archevêque de Kabgayi au Rwanda , a protesté dans une lettre pastorale contre une « mise au point » du ministère de l’information du Burundi diffusée au Rwanda et qui selon Mgr Perraudin utilise abusivement à des fins de propagande une lettre des évêques burundais.

 

Mgr Perraudin écrit notamment :

« Rien ne peut légitimer l’affreuse tuerie officielle du Burundi.Car il ne s’agit pas de luttes tribales ni même de guerre civile.Il s’agit de l’assassinat pur et simple , organisé par les autorités responsables du bien commun et de la sauvegarde de la vie des citoyens , de toute l’élite d’une ethnie.

Les victimes de ce génocide officiel se chiffrent par dizaines de milliers… La chasse à l’homme continue : il y a un peu plus d’un mois une cinquantaine de réfugiés revenant de Tanzanie vers Makamba ont tout simplement été massacrés.»

 

Cité dans Informations c ath.Internationales

I  janv.1973

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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