Burundi : NetPress (presse d'extrême droite tribaliste Hima burundaise) qui s’exprime sur le Rwanda –

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{jcomments on}Spécial « 20ème anniversaire de l’attaque de l’armée patriotique rwandaise sur le régime de Habyalimana »

30 septembre 2010  – Bujumbura, le 30 septembre 2010 (Net Press). Demain 1er octobre 2010, 20 ans jour pour jour se seront écoulés depuis l’attaque de l’armée patriotique rwandaise (Apr) sur Byumba, une préfecture située au nord du Rwanda, sur la frontière avec l’Ouganda. C’était après plus de 30 ans d’une frustration interminable des refugiés tutsi rwandais, les seuls au monde qui étaient condamnés avec leurs descendants, à ne plus jamais revoir leur pays natal, ni à y séjourner le temps d’un week-end. Ce 20ème anniversaire, tout comme l’événement qui en fut la cause, n’ont jamais laissé les Burundais indifférents.


Juvénal Habyalimana était prévenu…

« Nzagutera, nzakunesha… ». Cette prophétie est celle du général-major Fred Rwigyema, quelque temps après l’accession au pouvoir de Yoweri Museveni en 1986. Considéré comme un des piliers de la victoire militaire qui permit à l’actuel chef de l’Etat ougandais de chasser Milton Obote il y a 24 ans, Fred Rwigyema était en train de serrer la main à Juvénal Habyalimana à l’aéroport d’Entebbe, alors qu’il entamait une visite en Ouganda. Le fondateur de l’armée patriotique rwandaise faisait partie des plus grands officiers du haut commandement de l’armée ougandaise présents à l’aéroport pour saluer l’ancien président rwandais.

Ces paroles prémonitoires de ce qui devait arriver le 1er octobre 1990 au Nord du Rwanda, tout comme le 4 juillet 1994 à Kigali et à Butare, ne furent probablement pas prises au sérieux par l’hôte de Yoweli Museveni. En effet, Habyalimana poursuivit sans se poser de questions sa politique d’exclusion des réfugiés rwandais de l’intérieur comme de l’extérieur.

Les premiers n’avaient pas accès à l’emploi et à l’éducation dans les mêmes conditions que les Rwandais d’ethnie hutu et les seconds étaient tout simplement interdits à jamais de poser les pieds dans leur pays natal. Juvénal Habyalimana prenait pour prétexte que le Rwanda était trop exigu pour accueillir ses refugiés. Mais il y avait suffisamment de place pour les gorilles des montagnes et pour tant d’autres communautés étrangères non assimilables aux « cancrelats ».

Une délégation burundaise qui accompagna le club « Vitalo’o » en 1986 à Kigali s’en rendit compte avec stupéfaction. Invités par « Rayon Sport » pour livrer deux matches amicaux au stade Nyamirambo, les Mauves Blancs devaient naturellement être accompagnés par leurs supporters, qui se recrutaient majoritairement parmi les refugiés rwandais. Mais l’ambassade du Rwanda à Bujumbura refusa d’accorder des visas à tous ceux qui, figurant sur une liste collective, portaient des noms à consonance rwandaise. Le comble du ridicule poussa les autorités consulaires à rayer les noms des fanatiques authentiquement burundais originaires de Kirundo, dont les noms, comme chacun sait, ressemblaient à ceux de leurs frères du Rwanda.

Ce sont toutes ces frustrations qui poussèrent ces desperados sans terre, sans droits et sans patrie à s’organiser sous la houlette de Fred Rwigyema et de Paul Kagame pour faire tonner le canon afin d’exprimer leur révolte, faute d’avoir eu la possibilité de le faire par des moyens pacifiques.


Fred Rwigyema, a-t-il été victime de son appartenance au clan des Bahima ?

Jusqu’à ce jour, bien malin qui pourrait affirmer avec certitude pourquoi le leader charismatique et fondateur historique de l’armée patriotique rwandaise trouva la mort dès le début de la guerre le 1er octobre 1990. Deux versions s’opposent, l’une émanant du régime de Habyalimana et l’autre de l’état-major de l’Apr et il faut dire que l’une et l’autre furent présentées à l’époque pour les besoins de la cause.

Juvénal Habyalimana et les siens avaient intérêt à rassurer leur opinion, surprise par l’audace et le courage des réfugiés tutsi et aussi leur réputation d’être des guerriers redoutables qui avaient installé Museveni au pouvoir en 1986 par les armes. Aussi radio Rwanda informa-t-elle son public que Fred Rwigyema avait été victime des dissensions internes à la rébellion, ce qui augurait, dans l’esprit des propagandistes du régime des lendemains difficiles, et en tout cas de l’impossibilité de ces « assaillants » divisés, de remporter la victoire sur l’armée gouvernementale rwandaise.

De leur côté, les officiers de l’Apr présentèrent les choses autrement. Afin de conforter l’image d’un général courageux meneur d’hommes dans tous les sens du terme, ils annoncèrent que Fred Rwigyema avait sauté sur une mine, alors qu’il se trouvait au-devant de ses troupes pour inaugurer solennellement le déclenchement de la guerre de libération.

Cependant, entre les deux versions officielles – celle des pro-Habyalimana et celle des pro-Rwigyema -, une troisième version officieuse circule de bouche à oreille depuis 20 ans, selon laquelle ce chef charismatique aurait été victime de la résurgence des divisions claniques entre les réfugiés tutsi. Comme le général Rwigyema appartenait au clan tutsi des Bahima (un clan qui existe également chez les Tutsi du Burundi), il semble que les Tutsi « purs » du Rwanda n’auraient pas supporté la perspective d’un futur président appartenant à ce clan qui a toujours été tenu en mépris des deux côtés de la Kanyaru.

Pour revenir sur l’annonce de la mort de Fred Rwigyema, bien que disparu le 1er octobre 1990, la nouvelle ne sera portée à la connaissance du public que le 30 octobre, soit 29 jours après les faits. On peut penser que ce retard s’explique par la volonté de ceux qui prirent la relève du commandement avant le retour des Etats-Unis de Paul Kagame, de ne pas décourager les troupes de l’armée patriotique, qui avaient besoin de se trouver entre des mains « sûres », celle de l’actuel homme fort de Kigali, avant que la funeste nouvelle ne crée la stupeur et la consternation chez tous ceux qui entrevoyaient la fin de leur exil sans fin.


Et le monde entier découvrit, stupéfait, le vrai visage du régime de Habyalimana.

En juillet 1989, Béchir Ben Yahmed, le patron de l’hebdomadaire « Jeune Afrique », décida de visiter le Burundi pour la première fois depuis le lancement de son journal en octobre 1960. Il anima une conférence de presse à l’hôtel Source du Nil, et fut abasourdi d’apprendre que dans cette partie des grands lacs africains, il existait un pays dont la politique consistait à refuser pour toujours le retour de ses propres réfugiés, même pour y séjourner pendant quelques jours. Pire, le même régime de Habyalimana leur recommandait ouvertement de solliciter la nationalité de leurs pays d’accueil. Le résultat fut que les exilés tutsi devinrent des apatrides errant dans le monde entier, à la recherche d’un pays susceptible de leur assurer momentanément des conditions de vie un tant soit peu acceptables pour un être humain.

Les Burundais se souviennent encore combien la facilité offerte par Micombero aux anciens exilés tutsi rwandais d’avoir accès à la nationalité burundaise fut supprimé par Bagaza, sous la pression de l’opinion tutsi, sans que l’on sache trop pourquoi. Les uns affirmaient que c’était par jalousie envers des réfugiés qui réussissaient en tout, dans les affaires et également dans l’enseignement.

Dans ce dernier domaine, une véritable exclusion fut inaugurée par la IIème République, qui conditionnait la réussite du concours national par les enfants rwandais, à l’obtention d’un pourcentage supérieur à celui des élèves de nationalité burundaise. Cette discrimination se prolongeait dans le secteur de l’emploi, quand on sait que tous les recrutements à des postes vacants annoncés dans les médias, posaient et posent encore comme condition préalable l’appartenance à la nationalité burundaise. C’est ce que découvrit, ahurie, la communauté internationale en ce jour du 1er octobre 1990 et qui explique la bienveillance et la compréhension avec lesquelles cette guerre de libération fut accueillie par-dessus les océans et les mers de toute la planète-terre.


Le 4 juillet 1994 : une date inconcevable chez Habyalimana il y a 20 ans.

Lorsque l’armée patriotique rwandaise lança la première attaque sur Byumba, il y a tout juste 20 ans, nombreux étaient ceux qui crurent à un geste suicidaire des réfugiés qui n’avaient plus d’autre option que celle de mourir les armes à la main. Ceux qui voyaient les choses de cette manière étaient principalement les proches de Habyalimana qui ne s’imaginaient pas un seul instant que les descendants des « cancrelats » chassés de leur pays depuis 1959 pouvaient revenir la tête haute partager le pouvoir avec ceux qui les avaient contraints à l’exil.

Mais c’était sans compter avec la détermination de ceux qui se retrouvaient privés de leurs droits de citoyens appartenant à un Etat (voir article précédent), car même les militaires rwandais qui avaient aidé Museveni à conquérir le pouvoir, n’étaient plus les bienvenus en Ouganda car ressentis de plus en plus comme encombrants. Sans oublier enfin que même les plus grands milliardaires du monde ne peuvent jamais se sentir autant à l’aise que quand ils sont chez eux, dans la droite logique d’un dicton français bien connu : « Cordonnier est maître chez soi » pour dire que l’homme le plus misérable du monde a néanmoins un motif de consolation, celui de se trouver dans sa propre maison dont personne ne peut lui contester l’appartenance.

C’est cette volonté inébranlable de Paul Kagame et de ses hommes, alliée à une politique subtile d’exploiter la mauvaise politique de Habyalimana dans les territoires conquis un à un par l’Apr, qui leur permis de marcher triomphalement sur Kigali le 4 juillet 1994. C’était tout simplement inconcevable 4 ans auparavant chez les tenants d’un hutisme pur et dur dont Théoneste Bagosora, condamné plus tard par le tribunal pénal international d’Arusha à perpétuité.

Chef du cabinet militaire de l’ancien président, il avait tout simplement annoncé, au fur et à mesure que les troupes de l’Apr progressaient, qu’il allait déclencher l’apocalypse, au cas où il se rendrait compte qu’il était inévitable que les Tutsi prennent le pouvoir.


François Mitterrand au secours de la francophonie.

Dès l’annonce de l’incursion de la rébellion de l’armée patriotique rwandaise au Nord du pays, Juvénal Habyalimana fit appel à son meilleur ami qu’il avait en Occident, François Mitterrand, au pouvoir depuis 9 ans en France. L’ancien président rwandais était un parfait francophone et éminent francophile, à tel point que le premier pays étranger qu’il visita au-delà de la Méditerranée moins d’une année après le putsch du 5 juillet 1973, fut la France de Georges Pompidou. Il devait être reçu à l’Elysée le 3 avril 1974, mais la mort du successeur du général de Gaulle la veille chez lui au Quai de Béthune, ne permit pas ce rendez-vous tant souhaité par le tombeur de Grégoire Kayibanda.

Avec Valéry Giscard d’Estaing, Juvénal Habyalimana entretiendra de si bonnes relations que la France désignera le Rwanda pour abriter le sommet franco-africain qui se tint à Kigali en mai 1979. Pour la petite histoire, les Burundais se souviennent encore que les exilés hutu, appuyés par les services de renseignement de Habyalimana, distribuèrent à l’aéroport de Kanombe des tracts d’une rare virulence anti-tutsi et anti-Bagaza à son arrivée ainsi qu’à l’hôtel où il était hébergé.

Celui-ci reprendra son avion dès le lendemain matin sans attendre l’ouverture du sommet, et les deux présidents commencèrent à entretenir des relations exécrables. On raconte que lors d’un sommet tripartite tenu à Ngozi en présence de Mobutu venu éteindre le feu entre les deux hommes, Bagaza aurait menacé Habyalimana de lâcher sur son pays les réfugiés rwandais avec le soutien de son armée, étant quasi-certain que la prise de Butare et de Kigali ne serait qu’une question de quelques heures. Habyalimana aurait alors eu de la trouille, et ceux qui assistèrent à cet entretien l’auraient vu avec des sueurs chaudes sur son visage, les essuyant à maintes reprises avec son mouchoir.

Les bonnes relations de Habyalimana avec les dirigeants français se poursuivront et culmineront avec François Mitterrand qui appréciait particulièrement la manière impeccable dont l’ancien président s’exprimait dans la langue de Voltaire. C’est donc au secours de cette « espèce linguistique en voie de disparition » (The Guardian, février 1983) que Mitterrand enverra ses troupes combattre aux côtés de celles de Habyalimana. Il l’a fait pour éviter que l’espace francophone ne se réduise dans une région dominée de façon tentaculaire par la langue de Shakespeare. C’était donc une bataille perdue d’avance par l’ancien président socialiste, tout comme il perdra le combat qu’il menait sans interruption depuis le mois d’octobre 1981 contre son cancer de la prostate. Cette maladie finira par l’expédier dans l’au-delà le lundi 8 janvier 1996 où il rejoignit son grand ami Habyalimana, qui l’y avait précédé le 6 avril 1994 dans les circonstances que l’on sait.


Si Paul Kagame vous était conté en quatre « niet ».

Jusqu’à présent, les portraitistes les plus patentés de Paul Kagame se sont heurtés à une difficulté majeure, celle de décrire un homme qui fait rarement état de ses sentiments, surtout lorsqu’il s’agit d’exprimer sa joie. C’est pourquoi on se limitera à le décrire au regard des trois « non » qui collent à sa personne comme la peau à ses os : « non » à la mise en cause du génocide des Tutsi, « non » à la liberté de la presse tel qu’il ne la conçoit pas, « non » à l’alcool et à la cigarette et « non » au sourire.

Depuis 1994, tous les Rwandais de toutes les ethnies peuvent s’exprimer de façon plus ou moins libre (encore qu’il s’agit d’une liberté surveillée) sur les sujets de leur choix, sauf qu’il est archi-interdit de remettre en doute le génocide des Tutsi d’il y a 16 ans. A ses yeux, ce crime des crimes reconnu internationalement doit être gravé en lettres indélébiles dans l’histoire récente du Rwanda et toutes les générations qui se succéderont l’apprendront par cœur de cette manière et de cette manière-là seulement.

Pour ce qui est de la liberté d’informer, seul domaine où le Burundi peut se targuer de tenir à distance son tout-puissant voisin du Nord, elle n’est tolérée que dans la mesure où elle se conforme à la logique tel que le président rwandais s’en fait. Il s’agit donc d’un « non » à l’expression libre sans limites tel que la conçoit Reporters sans frontières, ce qui explique les difficultés énormes que rencontrent nos confrères rwandais pour exercer leur profession. Les deux derniers « non » concernent des domaines légers et même plaisants, « non » à l’alcool et à la cigarette chez cet homme froid et austère et « non » au sourire y compris dans les circonstances les plus heureuses, même lorsque l’équipe nationale rwandaise de football qu’il aime passionnément se permit de battre celle de la Rdc au plus fort de la crise entre Kigali et Kinshasa.


De Kagame père à Kagame fils ?

Depuis que le fils aîné de l’actuel chef d’Etat rwandais a été envoyé aux Etats-Unis suivre ses études, que de rumeurs recueillies depuis dans la capitale rwandaise ! Ces rumeurs ont été alimentées par le fait que le fiston, âgé cette année de 19 ans, s’est fait inscrire dans une académie militaire américaine de prestige, après s’être fait enrôler pendant deux ans dans l’armée patriotique rwandaise.

C’est donc un jeune homme à fleur d’âge qui va rentrer au pays on ne sait quand, bardé de titres académiques dans l’art de faire la guerre et qui pourrait gravir tous les échelons au sein de la hiérarchie militaire, mais pour arriver où ? Et c’est là toute la grande question qui se pose à l’heure actuelle dans le tout Kigali. En effet, sur un continent où Bongo fils a succédé à Bongo père l’année dernière, où Museveni fils va succéder à Museveni père, où Wade fils va prendre la relève de Wade père et où Moubarack fils va reprendre le flambeau de Moubarack père, pourquoi est-ce que Kagame fils ne prendrait pas la succession « démocratique » de Kagame père ? Mais comme les secrets de ce dernier sont aussi impénétrables que les sentiers du Seigneur, nul ne saura pénétrer le mystère de ce que cache son cœur, jusqu’à ce qu’il décide lui-même de révéler ce qu’il prépare pour son fils aîné.


Paul Kagame et Pierre Nkurunziza, deux amis qui se veulent du bien.

S’il est deux chefs d’Etat de la sous-région des grands lacs qui s’aiment cordialement, c’est bien celui du Rwanda et celui du Burundi. Depuis 2005, les deux présidents ont mis fin à la série noire entamée depuis 1959, qui voulait qu’à Kigali et à Bujumbura, les deux chefs d’Etat en place se vouent une haine viscérale liée à la jeune histoire de leurs pays. Si la « révolution sociale » a réussi au Rwanda comme s’en est réjoui tapageusement Jean-Paul Harroy dans un ouvrage qu’il a publié avant sa mort et qu’elle a échoué pitoyablement au Burundi comme l’a regretté amèrement le même ancien gouverneur général du Ruanda-Urundi, la capitale rwandaise et la capitale burundaise ont entretenues depuis leur indépendance des relations en fonction de cette réussite et de cet échec.

Nul n’a encore oublié que radio Rwanda appela la population hutu du Burundi à se soulever contre Micombero et même à l’éliminer en 1972. De même, on a évoqué plus haut les relations haineuses entre Bagaza et Habyalimana, tout comme ce sera ce dernier qui laissera se déferler sur le Nord du Burundi les insurgés hutu qui massacreront des milliers de Tutsi à Ntega et à Marangara en 1988.

Aujourd’hui, c’est la lune de miel entre Paul Kagame et Pierre Nkurunziza depuis 2005. Le président rwandais fut même le seul à être présent aux cérémonies d’investiture de son homologue burundais le 26 août 2010 le sauvant ainsi du déshonneur protocolaire qu’il aurait subi, si aucun des 15 chefs d’Etat invités n’avait fait le déplacement de Bujumbura.


Burundi – Rwanda – Politique.

Paul Kagame très conforté par Yoweri Museveni.

Kigali, 1er octobre 2010 (Net Press) C’est ce vendredi 1er octobre 2010 que les Nations Unies doivent publier le rapport définitif sur les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et probablement les crimes de génocide qui auraient été perpétrés par différentes armées de la sous-région, de l’Afrique centrale et même australe en Rdc entre 1993 et 2003.

Sont cités en vrac, la Rdc elle-même, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, l’Angola et le Tchad. Mais leur implication dans les massacres n’a pas eu la même ampleur, car l’Angola, le Tchad et le Burundi ne sont pas pointés du doigt avec la même sévérité que le Rwanda, l’Ouganda ou la Rdc.

Après la menace de Paul Kagame de retirer ses troupes au Darfour, au cas où le rapport définitif confirmerait les accusations contenues dans le pré-rapport – menace qu’il a retirée la semaine dernière – le chef de l’Etat rwandais a obtenu hier le soutien de poids qu’il n’attendait pas. En effet, Yoweri Museveni, dont l’armée n’est pourtant pas accusée d’actes de génocide, a menacé de retirer ses 4.300 hommes de Mogadiscio, si le rapport n’était pas du tout simplement annulé.

Paul Kagame attendait plutôt le soutien de Joseph Kabila sur lequel il a un ascendant depuis une année, pour avoir fait arrêter Laurent Nkundabatware et accepté de coopérer avec Kinshasa dans la neutralisation des groupes rebelles à l’Est de la Rdc qui se comportent comme s’ils étaient en terrain conquis. Le secrétaire général des Nations Unies doit donc être très embarrassé, mais M. Ban-Ki-Moon a déjà fait savoir qu’il n’avait aucune possibilité de modifier le contenu du rapport définitif, ni d’en interdire la publication.


Burundi – Ouganda – Sécurité.

Yoweri Museveni sur les traces de Paul Kagame.

Kampala, le 6 octobre 2010 (Net Press). Par les temps qui courent, le rapport définitif que vient de publier le 1er octobre 2010, les Nations Unies est en train de donner du tournis aux deux pays les plus visés par les accusations, le Rwanda et l’Ouganda. Kigali et Kampala alternent en effet menaces et signes de bonne volonté, sans que les deux capitales, puissent se positionner sur une ligne claire dans l’espoir d’infléchir la position des Nations Unies. En ce qui concerne le Rwanda, Paul Kagame avait menacé dans un premier temps de retirer ses 3.500 hommes du Darfour, si le rapport définitif reprenait à son compte les accusations contenues dans le pré-rapport diffusé par le journal « Le Monde ».

Mais le président rwandais était revenu sur sa décision à New York en présence de Barack Obama et de Ban-Ki-Moon. Louise Mushyikiwabo avait reparlé un instant de la possibilité du retrait du contingent rwandais. La ministre rwandaise des affaires étrangères l’avait fait quelques minutes après la publication du rapport définitif, mais aucune autre précision ad hoc n’a été faite jusqu’à ce jour.

Pendant ce temps, au cours de la journée d’hier mardi, Yoweri Museveni a déclaré que, non seulement il n’allait pas retirer ses hommes de Mogadiscio comme il avait menacé de le faire, mais qu’il allait porter son contingent jusqu’à 20.000 hommes, soit deux fois plus que les effectifs promis lors du sommet de l’Union Africaine tenu chez lui les 11,12 et 13 juillet de cette année.

Les derniers gestes de bonne volonté manifestés par les deux présidents sont destinés en réalité à amadouer les Nations Unies dans deux sens qui ont tous un objectif commun. D’une part, Museveni et Kagame espèrent secrètement qu’au moins un des 5 membres permanents, du conseil de sécurité si pas davantage va opposer son veto à la mise sur pied d’une juridiction pénale internationale chargée de juger les crimes commis à l’Est de la Rdc. Mais d’autre part, si la création d’un tel tribunal devient incontournable, les deux présidents pourraient continuer à espérer qu’à tout le moins, le terme « génocide » ne soit pas repris dans l’acte d’accusation.

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