Burundi: La Justice condamne à 8 ans de prison M.Bayaganakandi

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Epitace-BayaganakandiLe Colonel Epitace Bayaganakandi écope de 8 ans de prison dans une affaire judiciaire qui montre des pratiques courantes sous la Dictature des Bahima Burundais (1966-2005) …

Fin du mois de mai à Bujumbura, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bujumbura a condamné à 8 ans de prison le Colonel Epitace Bayaganakandi [ Président du Mouvement pour la Réhabilitation du Citoyen (MRC) -Rurenzangemero, un parti politique burundais ] dans une affaire qui l’opposait à M. Luc Pirard, représenté par Me Isidore Rufyikiri. De plus, la Justice burundaise le condamne à un dédommagement financier de près de 2,155 Milliards BIF  ( 1 379 635 USD  )  pour compenser la perte de terrains vendus illégalement.

L’affaire commence en avril 2002 où Me Ntakiyica, un des avocats de M. Luc Pirard, porte plainte contre le colonel Bayaganakandi, auprès du Procureur Général de la République, aux motifs de stellionat ( = un délit civil sanctionné par la nullité de l’opération ),  abus de confiance et  abus de biens sociaux.
Cette bataille juridique a duré jusqu’ à nos jours. Et apparemment, elle n’est pas terminée car le camps du colonel Bayaganakandi, représenté par Me Léonidas Nyamwana compte faire appel.

Début 1994, en pleine guerre civile burundaise , M. Luc Pirard (un partenaire belge) et le Colonel Epitace Bayaganakandi décidèrent de s’associer en créant une société immobilière “Immotco”. L’idée étaitt d’acheter le plus de biens immobiliers pendant cette période trouble que connaissait  le pays.
En 2009, lors de ce procès, on découvrait que les terrains qui faisaient objets de disputes appartenaient à l’Etat du Burundi. Comment des biens publics se sont  retrouvés dans ce commerce douteux ?

Voici un exemple flagrant  de criminalisation socio-économique que connaissait le Burundi sous la Dictature des Bahima Burundi. Bien mal acquis ne profite jamais !
Le Colonel Epitace Bayaganakandi, le 10 juillet 1993 , sera nommé comme Chef d’Etat-Major Général de la Gendarmerie à quelques semaines du putsch militaire qui hotera la vie à Feu Melchior NDADAYE. Selon de nombreuses sources (1), il fait parti de ceux qui ont organisé et réalisé le PUTSCH SANGLANT DE 1993 AU BURUNDI.
En 1996, il devient Ministre de l’intérieur et de la sécurité publique après le putsch militaire du Dictateur BUYOYA.
En juin 1998, le Gouvernement de partenariat du Dictateur Buyoya le nomme Ministre des Transports, Postes et Télécommunications.
Après les Accords d’Arusha de 2000, lui et le Dictateur Buyoya se disputeront la Présidence de la 1ère période de Transition (2001 à 2003).
En 2010, en pleine élection, le Colonel Epitace Bayaganakandi et son parti politique le MRC- Rurenzangemero entre dans la coalition de l’Alliance des Démocrates pour le Changement (ADC-IKIBIRI ) qui va terroriser le pays de jusqu’en 2012.  Par la suite, sa formation politique prendra ses distances avec l’ADC-IKIBIRI.  D’après les bruits de ces derniers jours, le MRC était une des formations politiques pressenties  pour remplacer l’UPRONA ( dont un futur remaniement ) au sein de la coalition gouvernementale …

En conclusion, le Colonel Epitace Bayaganakandi fait parti des dinosaures de l’ancienne dictature burundaise. Pour rappel, la Dictature des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, Buyoya) a fait en près de 40 ans de pouvoir plus de 4.5 Millions de victimes Bahutu Barundi.   La société civile burundaise exige que la Cour anti-corruption prenne cette affaire judiciaire en main et souhaite que le Colonel Epitace Bayaganakandi soit entendu lors de la future Commission nationale Vérité Réconciliation (CnVR) …

DAM, NY, AGNEWS, le 12 juin 2013

(1) “Histoire du coup d’Etat sanglant, dix ans après c’était le 21 octobre 1993”, Jean Marie Sindayigaya, [ www.bdi-museedugenocide.comxa.com/index.php/48-1993-ceux-qui-ont-organise-et-realise-le-putsch-sanglant-de-1993-au-burundi ]

 

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