Burundi: Une opposition politique frustrée

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M. Johan Deflander, de l’ONG La  Beneveolencija,   l’ambassadeur du royaume (cravate rouge) avec les responsables des médias privés burundais  ( Photo: iwacu-burundi.org )

M. Johan Deflander, de l’ONG La Beneveolencija, l’ambassadeur du royaume (cravate rouge) avec les responsables des médias privés burundais ( Photo: iwacu-burundi.org )

A l’heure de la globalisation, l’opposition politique n’est plus celle que portait des partis politiques au sens traditionnelle.
C’est la société civile qui a pris le pas sur les partis politiques. Notamment les médias appuyés  de think tank ou ONGs avec des structures locaux sur le terrain de lutte pour les Droits de l’Homme, contre la corruption etc  qui font désormais la loi…
 
A Bujumbura, ce jeudi 13 mars 2014,  de nombreux observateurs s’interrogent sur les propos  consistant à dire qu’ à 1 an des élections démocratiques de 2015 au Burundi l’opposition politique n’a plus le droit de s’exprimer.
Selon les bilans annuels d’AGnews (Africa Generation News) qui sortent chaque année depuis 2005 [1], on remarque que le Burundi est devenu un pays à culture démocratique.
Par exemple, ceux qui disent que l’opposition politique ne s’exprime plus au Burundi à cause d’un Etat trop rigide, ne disent pas la vérité. Simplement au regard de la vie des partis politiques du Burundi de janvier 2013 à septembre 2013 [2], dressé par AGnews, on constate que c’est faux !  La vie politique au Burundi y est dense. De plus, chaque parti politique a droit à avoir des permanences et y planter son drapeau où bon lui semble sur tout le territoire du pays.  Toutefois, ce que l’on observe de manière générale,  c’est que les acteurs politiques ont été devancés par la société civile  ces dernières années au Burundi.  C’est la société civile qui mène le débat politique et qui joue le rôle de l’opposition.

La tendance politique majoritaire dans la société civile burundaise est celle de l’UPRONA ex-parti unique sous la Dictature. Le paradoxe est que le parti UPRONA , qui a un poids électoral [Pe] de 7,86 % (voir élections démocratiques de 2010) sur l’échiquier politique burundais,  est au gouvernement et en même temps “sa” société civile mène le débat de l’opposition politique burundaise.
Ainsi, les autorités burundaises sont plus préoccupées par l’image très négative que véhicule cette société civile opposition que par les partis politiques dit de l’opposition de manière traditionnelle. En d’autres mots, les partis politiques d’opposition burundaise ne sont pas une menace politique pour l’Etat.

Au Burundi, une vie politique avec ses contradicteurs ( de l’opposition) existe belle et bien. Mais, ce ne sont plus les acteurs politiques traditionnelles qui mènent le débat. Cela crée une frustration énorme  chez ces acteurs politiques  qui désormais sont obligés, pour exister idéologiquement,  de faire un pacte avec cette société civile  dite -Uprona-.  Cette société civile, ce sont des associations locales ( qui font des rapports d’opposants ou très négatifs sur la situation au Burundi  pour des ONGs ou Think Tank internationaux ) mais principalement un réseau de média privés locaux relayé par des correspondants internationaux burundais (AFP-RFI,Reuter,BBC) qui font la différence.  Par exemple, Samedi 8 mars 2014, le Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD)  de M. Alexis Sinduhije  a du prendre en otage  2 policiers burundais pour montrer son existence politique au Burundi,en étant filmer en direct par la télévision privée TéléRenaissance ( Télevision appartenant à l’ancien Dictateur Pierre Buyoya, Sénateur à vie de l’UPRONA ).  Mais en même temps, le MSD a perdu son combat politique contre l’UPRONA ( ils partagent le même vivier d’électeurs ) car il risque aujourd’hui la radiation pour son acte posé.  Dire qu’au Burundi, l’opposition politique n’a pas la parole, c’est faux car les médias burundais sont parmi les plus libres d’Afrique.
Cette semaine, l’Ambassadeur des Pays-Bas au Burundi et l’ONG La Beneveolencija  ne s’y sont pas trompés en accordant une subvention de 1,7 Millions EUR ( soit 3,6 Milliards BIF ) attribuée à 6 média privés burundais. Seulement, il s’agit d’un acte “inamical” contre l’Etat du Burundi , même si au premier regard on applaudit des deux mains. Car, parmi les 6 média privés subsidiés, 5  font partis de cette société civile – Uprona.  Ce renforcement disproportionné  en faveur de la société civile burundaise -dit UPRONA- de 1,4 Millions EUR (soit 3 Milliards  BIF )  n’est pas un signe de tout repos pour l’ETAT burundais à 1 an des prochaines élections démocratiques.
Les démocrates burundais regrettent ces coup de pouces déguisés de la “communauté internationale” via la société civile interposée  à l’UPRONA ex-parti unique sous la dictature, ne représentant que 7,86% de la population burundaise . Pour rappel, ce régime dictatorial burundais -UPRONA- ( Micombero, Bagaza, Buyoya) a fait en près de 40 ans de règne plus de 4,5 Millions de victimes Barundi. Les auteurs de ce crime -le Génocide du Burundi- ne sont toujours pas inquiétés et au contraire, certains continuent à les soutenir en les renforçant. A cause de ce soutien internationale irréfléchi, finalement ce qu’aujourd’hui pense l’UPRONA devient ce que pense le Burundi à l’échelle mondiale.

Notes :

[1] Burundi: 2013, CNDD-FDD – IMBONERAKURE 1er parti du pays

[2 La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : Le CNDD-FDD  – La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : L’UPRONA   –   La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : Le MSD  –  La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : Le FNL   –   La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : Le FRODEBU   –   La vie politique burundaise de de janvier 2013  à Septembre 2013 : L’ADC IKIBIRI

DAM,NY,AGNEWS, le 13 mars 2014

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