Burundi : une "loi sur la mémoire historique" rundi en cours …

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{jcomments on}- Vers une loi pour les victimes de la Dictature militaire burundaise, à l’instar de la loi pour les victimes du franquisme d’octobre 2007 en Espagne. Selon les résultats d’une consultation populaire de 2010, cadrant sur la mise en place de la Commission nationale vérité-réconciliation (Cnvr), entre 83% et 90% des Barundi consultées veulent que l’on organise des funérailles dignes pour les victimes des différentes tragédies qu’a connues le pays.

En Espagne, ce sont les nombreuses initiatives politiques et citoyennes (civiles) dont l’objectif consistait à retirer des lieux publics les symboles de la dictature militaire de Franco, comme les statues, à rebaptiser les noms des rues et celles des institutions, établissement scolaires qui portent les noms liés au généralissime et à celle de ses partisans. Il fallait aussi mettre à jour les fosses communes, dans le but d’éviter de répéter les erreurs du passé et de condamner les crimes commis. Dès ce moment, un Centre Documentaire de la Mémoire Historique était né …

Depuis quelques jours au Burundi, l’AVOD ( Association des Veuves et des Orphelins pour la défense de leurs Droits) a décidé d’encourager les Barundi, comme le demande – le CSD’69 ( Collectif Septembre Décembre 1969) -, de permettre aux nombreuses victimes de la Dictature militaire – sanguinaire – Micombero/Bagaza/Buyoya, à pouvoir organiser les deuils de leurs parents assassinés.

AVOD souhaite que les victimes puissent être aider, par l’Etat ou par d’autres citoyens, à localiser les fosses communes où une multitude de corps de Barundi ont été jettés par le Régime dictatorial.

Tollé du coté de FORSC et de nombreuses organisations, proches de l’ancienne élite sous la Dictature. Ces derniers évoquent le risque de réveiller la haine parmi les Barundi. Or leur rétorque les victimes, “Vous vous avez pu enterrer les vôtres pourquoi pas nous”, répond un réfugié fraîchement rentré d’exil.

AVOD répond :” Notre objectif est d’honorer la mémoire des disparus et soulager les familles des victimes”. M. Habonimana Déogratias intervient : “Cette idée mérite à mon avis beaucoup d’attention , et ceux qui semblent vouloir la balayer d’un simple revers de la main en invoquant le risque de compromettre le processus de réconciliation nationale devraient y penser à deux fois. Loin de le compromettre, honorer la mémoire des victimes s’avère être l’un des levains du processus”. Du côte de beaucoup de -démocrates Barundi-, parmi les politiciens proches du pouvoir, on est fort sensible à cet appel citoyen des victimes barundi. S.E. le Président Nkurunziza Pierre, tout comme José Luis Rodríguez Zapatero (Premier Ministre espagnol), est une victime de la Dictature militaire de son pays. Le Président du Burundi a perdu son père. M. Habonimana de conclure : “Je pars d’un exemple précis où une fosse contenant plus de 70 corps a été bouchée au “béton” sans consultation et de surcroit , sous les yeux médusés des parents des victimes ! J’interpelle à ce sujet le délégué général du FORSC pour me dire ce qu’il en pense.”

Le mouvement politico-civil en Espagne s’est terminé avec le vote d’une « loi sur la mémoire historique » (Ley de la Memoria Histórica), portée par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero et adopté par les députés du Congrès le 31 octobre 2007. Elle inclut : – la création d’un siège des Archives générales de la Guerre Civile, qui sera intégré au Centre Documentaire sur la Mémoire Historique ; – le “caractère radicalement injuste de toutes les condamnations, sanctions et violences personnelles […] durant la Guerre civile et […] la Dictature” : même si les jugements ne sont pas annulés, toute demande de révision doit être examinée, sans opposition possible de la Justice ; l’extension des aides aux victimes de représailles et à leurs familles (pensions, compensations financières); – l’aide de l’État à la localisation, l’identification et éventuellement l’exhumation des victimes de la répression franquiste dont les corps sont encore disparus dans les fosses communes; – le retrait des symboles franquistes : la loi établit que les “écus, insignes, plaques et autres objets ou mentions commémoratives qui exaltent le soulèvement militaire, la Guerre civile ou la répression de la dictature” devront être retirés des édifices et espaces publics; – l’ interdiction des “actes de nature politique […] exaltant la Guerre civile, ses protagonistes ou le franquisme”; – l’obtention de la nationalité espagnole pour les brigadistes qui ont dû renoncer à la leur ; – l’obtention de la nationalité espagnole pour les enfants et petit-enfants d’exilés qui s’étaient exilés sous la dictature et qui avaient perdu ou avaient dû renoncer à la nationalité espagnole entre les dates du 18 juillet 1936 et du 31 décembre 1955.

Dans le cadre de la promesse faite par le Président S.E. Nkurunziza Pierre aux Barundi, pour commencer le processus de Justice transitionnel au Burundi qui prend du retard, certains députés de la majorité, et certains sénateurs, penchent sur la mise en place d’une loi cette année, comme celle de l’Espagne. Elle sera le pré-requis pour mettre en place la première étape du processus de vérité-réconciliation. Ces parlementaires encouragent la société civile rundi tel les initiatives de AVOD et du CSD’69 et espèrent au plus vite faire voter la Loi pour encadrer légalement l’aide aux victimes barundi qui souhaitent notamment exhumer leurs proches disparus dans des fosses communes. Car selon ces parlementaires, il faut que ces actions soient notifiés dans une sorte de Centre Documentaire de la Mémoire. Cela aidera énormément au moment de la mise en place de la Commission nationale vérité-réconciliation

Mme Jacqueline Karibwami, présidente d’AVOD, en compagnie d’autres veuves tel Mme Générose Bimazubute, ont enterré ces derniers jours « dans la dignité », les restes des gouverneurs Anglebert Sentamo (de Karusi), Sylvestre Nurwakera (de Gitega) et Augustin Ntabayanda, administrateur de la commune Busoni en province de Kirundo (au nord du Burundi) assassinés tous en octobre 1993. Notons que le ministère de l’intérieur Rundi avait donné son accord … DAM, NY, AGNEWS, le 14 janvier 2010

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