Burundi-Génocide 1972: Dossiers prioritaires des veuves et veufs

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Le Génocide de 1972 au Burundi

Cette semaine, au Burundi, Mme Annonciata Sendazirasa, Ministre de la Fonction Publique, du travail et de la Sécurité Sociale était l’invitée des parlementaires Barundi. L’objet était  l’état d’avancement -trop lent- de la régularisation des ayant droit  victimes directes du Génocide de 1972 [1].   Seul  968 cas ont déjà été régularisés, soit 600 par l’INSS, et 368 par l’Office National des Pensions et Risques Professionnels (ONPR)…

 

La dictature des Bahima burundais, avec à sa tête le capitaine Michel Micombero, installée depuis novembre 1966, suite à un coup d’Etat, mettra fin au Royaume millénaire de l’Urundi. A partir de ce moment, la chasse aux -enfants de l’ancien royaume –   sera lancée dans la même logique que celle commencée fin 1965… Avril 1972, on atteint le summum. Le régime des Bahima assassine feu Charles Ndizeye (Ntare V) et massacre plus de 500 000 Barundi (Bahutu, Batutsi, et Baganwa), fils et filles du Royaume. Il s’agira du premier génocide de la région des grands lacs. Aujourd’hui, en 2012, l’Etat du Burundi tente de donner une quelconque réparation  aux familles de ces victimes du Génocide de 1972.

 

L’Assemblée Nationale a interrogé Mme Annonciata Sendazirasa, ministre chargée de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, afin qu’elle informe sur l’évolution du dossier, concernant les pensions de survie,dédiées aux veuves et veufs  du génocide de 1972. Car il s’agit d’un  dossier classé prioritaire par le gouvernement Nkurunziza (nom du très populaire président africain du Burundi).  Cette pension de survie permet au conjoint survivant du – Génocide des Bahutu Barundi de 1972 par les Bahima burundais  – d’obtenir une pension calculée sur l’activité du  travailleur salarié de son conjoint décédé. Il s’agit d’une des mesures de réparation vis à vis des victimes de la Dictature sanglantes des Bahima burundaise (Micombero, Bagaza, et Buyoya) qui a fait en 40 ans de régime, plus de 4.5 Millions de victimes parmi les Barundi.

 

La Ministre Sendazirasa a répondu aux questions des députés concernant l’avancement des dossiers de « la rente de survie » pour les veufs et les veuves de 1972.  Elle a explique que des veuves et veufs du Génocide de 1972 au Burundi rencontrent des difficultés pour constituer les dossiers afin de recevoir cette rente de survie.  Les députés  souhaitent que la Ministre donne des éclaircissements sur ce blocage. La ministre rassure que les dossiers des veufs et veuves de 1972 avancent pas à pas, grâce à la priorité qui leurs sont donnés.
Pour éviter le déplacement des veuves et veufs  du Génocide de 1972 qui vivent à l’intérieur du pays, Mme Sendazirasa a mis en place un système d’acheminemant des dossiers jusqu’à leur demeure, grâce à un partenariat avec la Poste.
Le problème reste toutefois l’extrême lenteur d’avancement de ces dossiers. Les causes sont : les dossiers incomplets; la non connaissance  (des bénéficiaires)  du numéro de matricule de leurs conjoints décédés lors du Génocide; et la mauvaise foi de la part de certains fonctionnaires (fils et filles de la Dictature) car ils n’ont pas la même compréhension de l’importance de ces dossiers…
La Ministre Sendazirasa promet qu’une réunion, dans le Ministère, avec les fonctionnaires chargés de traiter ces dossiers, va être organisée incessamment. Un  rappel à l’ordre va leur être formulé…

 

Les Honorables ( titre donné aux députés Barundi )  demande  qu’un recensement des ayants droit soit réalisé au plus vite. Ce dernier permettra de pouvoir les informer tous.  Mme Sendazirasa a promis de suggérer à l’INSS (Institut national de sécurité sociale) et à l’ONPR (Office national pour les pensions et les risques professionnels) de se rendre dans les collines afin de sensibiliser la population sur ce sujet.

 

[1] Le Génocide du Burundi, AGnews, [ http://burundi-agnews.org/genocide.htm ]

DAM, NY, AGNEWS, le 2 septembre 2012.

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