Burundi: Des symboles institutionnels traumatisants.

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Sont-ce les institutions ou les hommes qui font la valeur d’une société ?  Par exemple la prestation de serment… Le ministre des Finances et de la planification du développement économique, Tabu Abdallah Manirakiza et celui à la présidence chargé de la Bonne gouvernance et de la privatisation, Issa Ngendakumana, viennent de prêter serment ce mardi en ces mots : « Devant le président de la République, devant le Parlement, moi, ……, je jure fidélité à – la charte de l’Unité nationale – , à la Constitution et à la loi. Je m’engage à consacrer toutes mes forces à défendre les intérêts supérieurs de la nation, à promouvoir – l’unité et la cohésion du peuple burundais, la paix et la justice sociale- dans l’accomplissement des fonctions qui me sont confiées. Je m’engage à combattre toute idéologie et – pratique de génocide et d’exclusion -, et à promouvoir et défendre les droits et libertés de la personne et du citoyen » .   En effet, ce sont les Institutions qui font les Hommes et non le contraire…

Depuis 2005, le Burundi est entrain de changer. Pour cause, les enfants de l’ex- Royaume millénaire du Burundi sont de retour au pouvoir après quatre décennie d’une des dictatures qui aura été des plus féroces dans l’Histoire du Monde (1). On parle de près de – 4.5 millions de victimes Barundi – . Le Burundi aujourd’hui c’est 8 millions d’habitants. L’ampleur du génocide des Bahutu Barundi (Batutsi et Baganwa compris) est considérable. Comprenant que chaque famille burundaise a entre 4 et 6 enfants, plus  de 9 habitants sur 10  de la population burundaise actuelle a été touché directement(et indirectement) par les dégâts de la Dictature des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, et Buyoya).  Le choc psychologique est très important (traumatisant) dans la société burundaise.

Dans le domaine économique, lorsque par exemple un choc psychologique important a affecté une entreprise à un moment donné en rendant méfiant les clients, il n’est pas rare que l’entreprise pour redonner confiance aux clients qu’elle se restructure fondamentalement. Elle change de nom et revoit en vrac ses “patern” (sa structure) en vue de rendre confiance aux clients.
Il est aberrant par exemple que le nouveau Burundi existant depuis 2005 n’est pas changé son nom et son drapeau, comme il l’a fait par contre, de manière très bénéfique, concernant les forces de l’ordre et de sécurité …  Les symboles sont forts mais nécessaire pour permettre aux citoyens traumatisés d’avoir à nouveau confiance en leur pays. Au Rwanda, comme en RDC Congo (ex-Zaïre), ces choix des changements symboliques ont été opérés. Au Rwanda, il s’agissait de faire oublier -le Génocide-. Tandis qu’ en RDC Congo, il s’agissait d’espérer opérer un changement de mentalité radical en terme de régime corrompu -comme celui de Feu Mobutu. Dans les deux cas, il s’agit de dire: on tourne la page.
Au Burundi, combien de citoyens barundi qui entrent dans les ambassades ou d’autres lieux publiques se sentent fortement frustrés en voyant les photos des dictateurs  Micombero ou  Buyoya ?
Il est très difficile pour une très grande majorité des Barundi par exemple de fêter au mois de février -la Charte de l’Unité Nationale- qui leur rappelle -le Dictateur Buyoya-.  Combien de Barundi, une fois passée – la Place de l’Unité -, se sentent psychologiquement soulagés ?  Ce sont des effets intérieurs que portent en eux les victimes barundi de la Dictature au quotidien …   Il s’agit de moments de très grande frustration nationale.
Un ministre ou même le Président du Burundi sont obligés de se prêter  à un serment ou un rituel issu de l’esprit de la Dictature des Bahima burundais. Il jure d’abord au nom de la “Charte de l’Unité Nationale” avant celle de la Constitution !
D’après de nombreuses autorités, interrogées par AGnews, le drapeau avec – ses étoiles- et le mot -République- rappelant l’oeuvre de Micombero leur font très mal … Au sein de la nouvelle  armée (FDN) et de la police (PNB), on ressent ce même sentiment de continuité qui traumatise … C’est comme si chaque matin, on invoquait les Dictateurs  -Micombero et Buyoya- pour commencer une bonne journée !   On est obligé de saluer le Drapeau ou la République qui ont tué Père, Mère, Tante,Oncle, Frères et Soeurs  !
Le choc des Barundi qui ont été victimes sous la Dictature des Bahima ne se termine pas là … La Constitution d’Arusha, qui impose des quota ethniques rendant les citoyens barundi différents en droit ,a permis – aux enfants de la dictature des Bahima – de préserver leurs privilèges au détriment des victimes de la Dictature. Il s’agit d’une situation rocambolesque. La frustration des victimes ne fait que croître.


Histoire du Burundi


Des groupes de citoyens barundi, conscients des conséquences fâcheuses que ces frustrations sont entrain de produire au sein de la population burundaise, demandent aux autorités, de manière très rapide, qu’ils entreprennent -les réformes institutionnelles nécessaires- en vue d’apaiser -les victimes de la Dictature – et de leur famille tout entière. Les autorités doivent savoir – qu’on ne peut pas construire de manière confiante – sur un passée aussi douloureux sans en changer les symboles les plus brûlants. Certes c’est de la – Communication – mais cela joue énormément en terme de mobilisation … Le Burundi a besoin pour réussir  sa -Vision 2020-2025 – que tous les Barundi s’approprient  de ce projet en le faisant devenir le leur.  Aux leaders des partis politiques, aux gouvernement et aux parlementaires Barundi de prendre leurs responsabilités ! Le “Feu sacré des Barundi” doit  – se rallumer -. L’occasion sera donnée lors de la prochaine réforme institutionnelle annoncée par  le Président du Burundi, S.E. Nkurunziza Pierre.

(1) Le Génocide du Burundi : http://burundi-anews.org/genocide.htm .

DAM, NY, AGnews, le 1 mars 2012

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