bdi_burundi_laurent_kavakureA Bujumbura, ce mardi 11 février 2014, le ministre des Relations extérieures et de la coopération internationale, M. Laurent Kavakure, a rencontré les membres du corps diplomatique et consulaire au Burundi pour rassurer sur le fait qu’il n’y a pas de crise politique dans le pays.

L’UPRONA,ex-parti unique du Burundi, qui a un poids électoral [Pe] de 7,86 % (voir élections démocratiques de 2010) sur l’échiquier politique burundais, vit en ce moment une crise interne. Cette crise au sein du parti Uprona (organisation politique peu significatif sur l’échiquier burundais) n’a généré aucun impact négatif sur l’évolution politique du pays ni sur la paix et la sécurité. Il ne s’agit que d’une petite formation politique en terme de représentativité dans le pays, disposant toutefois d’un réseau civil ( au sein de la société civile burundaise) et médiatique en soutien qui est efficace. Cette instabilité dans l’UPRONA est à la base de la destitution du 1er-vice président de la République, le Major Bernard Busokoza, ainsi que la démission consécutive des ministres du gouvernement issus de sa formation politique UPRONA.

Le Ministre, M. Laurent Kavakure, a rappelé les raisons précises de la destitution du 1er vice-président du Burundi:
– le Major Bernard Busokoza  travaillait beaucoup plus sous la pression de son parti politique UPRONA;
– le Major Busokosa a pris une mesure qui entravait la mise en application de décisions judiciaires (confusion au niveau de la séparation des Pouvoirs);
– et le Major Busokosa a annulé des décisions qui avaient été prises par le ministre de l’Intérieur (C’est à dire par le Gouvernement du Burundi ).

Selon le correspondant d’AGnews à Bujumbura, qui était présent dans les coulisses de cette rencontre, un des objectifs  du  Ministère des Relations extérieures, était de clarifier cette information d’ordre politique -local- qui a pris des dimensions internationales inattendues. Elle a été malheureusement exagérée, au plus haut point, par le correspondant de l’AFP – RFI  M. Esdras Ndikumana, inondant la presse du Monde Francophone ( traduit par la suite en anglais pour influer sur le Monde entier)  et portant un préjudice sérieux sur l’image du Burundi engagée dans une politique résolument de développement, soutenu par des bailleurs de fond de confiance.
Ce comportement de l’AFP-RFI ( dénoncé  cette semaine d’une certaine façon par le Conseil National de la Communication CNC du Burundi ), c’est à dire de la France, vis à vis du Burundi, coûte, en terme de manque à gagner financier beaucoup d’argent au pays ( et de nombreuses réunions d’explications comme celle-ci ).  Ce type d’info  sert à alimenter les arguments au Conseil de Sécurité des Nations-Unis (dont la France occupe un siège) afin de prolonger le mandat du BNUB (Bureau des Nations Unis au Burundi), institution de l’ONU basée au Burundi.   Pourtant le Burundi ne souhaite plus voir cette organisation sur son territoire. Cette présence onusienne (BNUB), ces derniers années, est devenue une caisse de résonance politique de la vieille garde de la France-Afrique.
Le Burundi est indépendant depuis 1962 et voudrait que la France puisse le comprendre.  En 1885, à la Conférence de Berlin, le vieux Royaume millénaire du Burundi -Ingoma Y’Uburundi- du Mwami (Roi) Mwezi Gisabo  est donné sans l’avis des Barundi  à l’Allemagne, par les premières bribes de ce qui deviendra par la suite la Société des Nations ( ancêtre de l’actuel ONU ). Il s’agit de la fameuse – Communauté Internationale-. Par la suite, après la 1ère guerre mondiale, la Belgique prendra le relais de l’Allemagne, en définissant des ethnies inexistantes au Burundi -HUTU, TUTSI, TWA-  et au même moment le Burundi sera amputé d’une grande partie de son territoire qui sera cédé à l’actuel Tanzanie ( qui était Britannique à cette époque).  Depuis, dans l’imaginaire des Barundi, la relation avec l’ONU, bien qu’elle se soit améliorée lors des Indépendances (les années 1960 ), est toujours à prendre avec les plus hautes précautions …
Ainsi, avec cette affaire politique locale amplifiée déraisonnablement par le réseau AFP-RFI, les autorités politiques burundaises ne sont pas du tout  contentes de ce geste perçu comme inamical. Pour rappel, le Burundi  a envoyé il y a quelques semaines, en signe de solidarité avec la France,  ses militaires ( sous mandant de l’Union Africaine et de l’ONU ) en Centrafrique en vue de venir aider une opération militaire française, de restauration de la Paix …

DAM, NY, AGNEWS, le 12 février 2014

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