Burundi: Une forte influence musicale burundaise en RDC.

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La rumba congolaise se  sent menacé par les Barundi.

Culture – On savait qu'autrefois, les étrangers (puis par la suite les Colons), qui traversaient la frontière entre le Royaume du Bunyabongo (ou du Bushi)  pour se rendre dans celui de l'Urundi,  s'empressaient d'aller rencontrer les "Baluzi ou Baluci" ( luci ou luzi  est un terme qui a au Kivu en RDC  à une connotation de supériorité, de vie d'abondance  ou de noblesse) c'est à dire les notables parmi les Barundi (On désigne ici  les familles des Bahanza, des Bajiji(1) , des Bashubi et les nombreux clans regroupant les enfants des Bami [sing. Mwami (2)] Barundi).  Ces étrangers  venus de  l'actuel Congo RDC appellaient dès lors  les riches barundi  – balusi – car avant de se rendre au Burundi, ils avaient rencontré les Baluzi du Bushi . C'est une des explications que la luinguistique donne pour expliquer  le mot- Batutsi –  qui est devenu à nos jours un "groupe ethnique" au Burundi.  Mais on dirait que l'influence n'était pas unidirectionelle ! Aujourd'hui, on apprend que les musiciens barundi ont du succès à Bukavu (ville en RDC frontalière au Burundi situer dans l'ancien royaume du  Bunyabongo) 
 
A Kinshasa, on se demande si ce n'est pas l'effet – VITAL KAMERHE -. En tous les cas, certains parlent d'un complot organisé. Désormais certains artistes congolais de Bukavu imitent le style musical en vogue au Burundi. Et cela, au détriment de la rumba typiquement  congolaise. Les artistes congolais du Sud Kivu,qui  ont les moyens, enregistrent leurs albums à Bujumbura et de préférence ils font un morceau en duo avec un artiste burundais  pour adopter son style …
Ainsi, à Bukavu dans le Sud-Kivu à l’Est de la RDC, les jeunes congolais sont devenus des fans inconditionnels de la musique burundaise. Que ce soit en discothèques ou sur les points de vente de CD, la musique des jeunes barundi est plébiscitée… Un phénomène qui pose beaucoup d'interrogation vue de Kinshasa. Alors comment cela s'explique ?
 
Un sociologue burundais, qui a souhaité conserver l'anonymat,  explique que le même phénomène s'est produit venant de Tanzanie vers le Burundi.  Il explique cela comme l'effet contagieux de ce que l'on appelle communément l'ensemble -EAC-  (East African Community)… C'est l’influence du Bongo Music, ce style musical qui ensorcelle les jeunes sur des paroles en swahili  dans cette zone EAC(Afrique de l’Est). Il faut dire qu'il y a une forte influence – Black Américain- .  S'agit il d'un retour des ancêtres esclaves noirs sur leur continent ou d'un message qu'ils envoyent des USA depuis l'élection de S.E. Obama ?  Pour le sociologue, cette communauté EAC  rassemble des peuples qui échangent avec une langue commune -le Kiswahili-.  Selon ce spécialiste,  cette langue commune -Swahili-  et  surtout les échanges humains existants depuis toujours  entre les peuples Barundi et  Congolais (les Bashi, les Babembe, les Balega, les bahavu, les Batembo, les Bafuliru, les Bavira, les Babwari, les Babuyu, et les Banyindu) expliquent l’origine de ce succès des artistes barundi à Bukavu.
 
Le sociologue ajoute : "Dans l' ancien territoire de l'illustre Royaume du Bushi (nom de pays de Bashi, ethnie shi), Bukavu s'appellait  Rusozi. Le nom Bukavu vient de -bu-nkafu (qui signifie – la ferme des vaches- soit une étable). A l'époque, la possession de vaches était une des carastéristiques de la richesse …  Finalement, il faut ajouter aussi que lorsque un Burundais assiste à des cérémonies religieuses chez les Bashi en particulier il comprend une très grande partie de ce qu'ils disent dans leur langue propre -le Mashi (3)- qui n'est pas le swahili mais qui se raproche du Kirundi avec des sonorités différentes … Cette proximité explique peut-être pourquoi les artistes ougandais ou kenyans qui chantent aussi en swahili ne sont pas aussi connus à Bukavu que les chanteurs barundi ".
Actuellement, la musique burundaise tient une place importante dans les discothèques de Bukavu.  On perçoit de nombreuses pancartes placées  sur des maisonnettes qui servent de point de vente de Cd :
« Ici, vente des Cd et Dvd des musiques swahili 100 % Burundi et autres».
Aux abords de toutes ces maisonnettes, chaque vendeur met la musique à fond, c'est à dire avec un volume assourdissant. Les commerçants  installent des télévisions avec des clips pour attirer les clients.
Les morceaux en swahili d’artistes burundais sont ceux qui font rêver les jeunes congolais… L'artiste chouchou est de loin le jeune burundais  RUGERINYANGE Halidi alias DOGO A   qui  n’ est plus à présenter aux Bukaviens.   
DAM, NY, AGnews, le 13 janvier 2012
 

Notes:
 
(1) Les Bajinji ou Bagingi(sing. Mujinji) au Sud Kivu étaient  – les gardiens des secrets du Royaume-. Ils étaient considérés autrefois comme des chefs -les anciens chefs Bajinji- . Au Burundi, on a vu que la dernière dynastie du Royaume ancien de l'Urundi (qui s'étend de 1420 apJC  à 1966 apJC) avait une particularité avec une gouvernance bicéphale: Celle des roi baganwa (clan des Bahanza) et  des prophètes-devins Bahanuzi (du clan des Bajiji).
(2) Chez les Babembe, – Mwami-  désigne le bonnet de peau que porte les chefs. Chez les Bashi, ce mot désigne le chez suprême ou le roi. C'est la même chose  chez les Barundi, les Banyarwanda,les Bafolero,les Bahavu, les Batembo, les Bahunde, …  
(3)Le Mashi est une langue bantoue parlée au Sud-Kivu en RDC. Mais on parle aussi le Mashi en Zambie, en Angola et en Namibie. Il s'agit d'une langue batoue avec des variantes différentes.

 

 

 

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