Burundi: La Justice sous pressions anti-démocratiques de diplomates Européens

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Lettres de diplomates européens pressant la Justice du Burundi, concernant l'Affaire Pierre Claver Mbonimpa (APRODH)

Lettres de diplomates européens pressant la Justice du Burundi, concernant l’Affaire Pierre Claver Mbonimpa (APRODH)

La Justice Burundaise est inquiète des pressions anti-démocratiques qu’exerce des diplomates de l’Union Européenne à son égard, et cela, en désaccord total  avec l’ Accord de Cotonou.  Ce sont les principes de démocratie, de souveraineté, et de respect des Droits de l’Homme  des articles 1,4,9,33,et 55 qui  ne sont pas respectés  par ces diplomates …

A Bujumbura, mercredi 21 mai 2014, après un atelier organisé par le Bureau des Nations Unis au Burundi (BNUB) avec tous les acteurs politiques burundais ,  la délégation de l’Union Européenne au Burundi a exprimé “sa préoccupation quant à la récente arrestation de Pierre-Claver Mbonimpa de l’APRODH et demande au gouvernement burundais que tout soit mis en œuvre pour que les procédures judiciaires et les droits de l’accusé soient respectés, dans ce cas tout comme dans d’autres cas récents mettant en cause l’exercice des libertés d’opinion et d’expression. Cet engagement constitue un élément essentiel pour garantir un environnement politique adéquat pour les futures élections”.

Pour de nombreuses autorités judiciaires burundaises, il s’agit d’un chantage. Si vous ne libérez pas M. Pierre-Claver Mbonimpa de l’APRODH, il y aura des conséquences sur le financement des élections démocratiques de 2015 de la part de l’Union Européenne.   Les magistrats ( le Judiciaire)  s’attendent à avoir des pressions exercées par l’Exécutif, contraint par ces diplomates européens, avec  ce type de déclaration.  Il s’agit d‘une sorte de “corruption”  anti-démocratique et non respectieuse de l’Etat de droit.
Ces méthodes anti-démocratiques  sont en contradiction avec l’“appui à la consolidation démocratique du pays conformément aux valeurs essentielles de l’accord de Cotonou“. Elle démontre une certaine nostalgie, liée  à la période coloniale, de la part de certains diplomates européens, niant par ces actes de reconnaître la qualité de formation des Femmes et Hommes de droits du Burundi pourtant ayant évolué  pour la plupart dans certaines des meilleurs universités du monde ( européennes ou américaines).

Pour rappel M. Pierre-Claver Mbonimpa,  que certains diplomates européens basés à Bujumbura  souhaitent voir libérer, est un  ancien policier sous la dictature militaire burundaise (1966-2005)  et aujourd’hui reconverti en militant des droits de l’Homme burundais.   M. Pierre-Claver Mbonimpa  a accusé l’Etat du Burundi d’entraîner militairement des jeunes burundais du parti CNDD-FDD en RDC Congo. Ce dernier a montré comme preuve des photos. Après vérification de la police judiciaire burundaise, les photos fournis se sont avérés “fausses”. De plus, M. Mbonimpa avait certifié la mort de certaines personnes en montrant ses photos. Après vérification judiciaire, ces individus  montrés sur photo n’étaient pas morts.  La police judiciaire les a convoqué pour l’attester.  M. Pierre-Claver Mbonimpa a été arrêté jeudi 15 mai 2014, accusé de 3  délits :
– atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat pour avoir tenté d’inciter la population à la révolte contre les pouvoirs publics (délit passible de 3 ans de prison);- atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat pour avoir tenté de créer une crise diplomatique entre le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC) ( délit passible de 5 ans de prison); –  et de faux et usage de faux car il a utilisé des fausses photos comme preuves judiciaires. L’affaire est désormais pendante au niveau de la justice burundaise.

Le Burundi va certainement  réagir et dénoncer, aux états ACP, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne ( en se référant aux articles 96-98 de l’ Accord de Cotonu ), et à l’ONU, ce genre d'”actes politiques” ( sous formes de déclarations)  qui font des pressions anti-démocratiques sur  la Justice du Burundi. La stabilité démocratique commence d’abord par le respect de l’Etat de Droit. Depuis de nombreuses années, l’Union Européenne soutient les réformes juridiques et judiciaires et la modernisation des systèmes de justice au Burundi. Ce type de déclaration montre que ces diplomates européens n’ont pas confiance au travail  fourni entre  le Burundi et  l’Union Européenne en cette matière.
Ce sont ce genre de déclarations qui démontrent, avec justesse,  de jour en jour aux citoyens Barundi que certains de leurs compatriotes ne travaillent pas pour le processus de développement local du Burundi mais bien pour les intérêts d’états étrangers. En Russie, une loi permet  de pouvoir distinguer les ONG: ceux financés par l’extérieur et les autres.
Les diplomates européens ( France, Belgique, etc.) doivent savoir que le Burundi (membre de l’EAC et de l’Union Africaine) est un état démocratique indépendant.  Depuis 2005, à nos jours, le Burundi a organisé 2 élections démocratiques successives considérées  comme réussies par l’Union Européenne.
En moins d’1 mois, c’est la 2ème entrave à l’Accord de Cotonu, car  au début de ce mois de mai 2014, la justice du Burundi avait demandé,  suite à un mandat international délivré en bonne et due forme, l’extradition d’une – personnalité politique – burundaise  violente ( mettant à mal la stabilité sécuritaire nationale et régionale des Grands Lacs africains) et ne respectant nullement l’Etat de droit au Burundi.   La réponse de la  Belgique  fut  sans appel et d’un dédain total…   Pourtant la personne recherchée était reconnue par un rapport de l’ONU de 2012  comme une personne leader d’une rébellion burundaise  opérant essentiellement à partir de l’est de la RDC Congo approvisionnée en armes et disposant de plusieurs bases d’entraînement en Tanzanie d’où il avait lancé des attaques dirigées contre le Burundi en novembre 2011. Au Burundi, les autorités regrettent le non respect légal des institutions démocratiques nationales de la part de  certains diplomates européens.

DAM, NY, AGNEWS, le 22 mai 2014

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