Burundi: Hima, Muhima, Bahima, et le Hamitisme.

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Les Bahima du Burundi

Les Bahima du Burundi

Après avoir découvert ensemble qui étaient les Bahutu , et les Batutsi  du Burundi , allons alors voir qui sont les Bahima du Burundi. Depuis l’indépendance du Burundi, ce sont eux qui ont pris les rennes de ce petit pays d’Afrique. Ils ont gouverné le Burundi de 1966 à 2005. Alors, qui sont les Bahima du Burundi … ?


Nous tentons ensemble de mieux comprendre la société burundaise [1].
Nous avons déjà vu qui étaient :
–  les Bahutu du Burundi [2] ;
– et  les Batutsi du Burundi [3];
Aujourd’hui, nous allons découvrir qui sont les Bahima du Burundi.

😀 En résumé, ceux que la géopolitique occidentale, suite à la colonisation, appelle -BAHUTU- (mot péjoratif en Kirundi)  au Burundi  sont les enfants de l’ancien Royaume millénaire de l’Urundi. Ils sont depuis 2005 de nouveau au pouvoir au Burundi, après une interruption de près de 40 ans. Leurs ancêtres ont fondé et mené la Grande Histoire du Royaume  de l’Urundi entre  -1250 av.JC à 1966 ap. JC.
 La classe dirigeante du Royaume de l’Urundi, regroupant les notables de cet ancien état africain (actuel BURUNDI ), était composée essentiellement-  de BAHUTU –  qui ont été baptisés suite à des influences externes – BATUTSI – (voir BALUSI).   Maintenant,  allons à la découverte des BAHIMA du Burundi.
 

 

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Qui sont les Bahima du Burundi ? 

Les Bahima de la région des Grands Lacs  sont une peuplade africaine riche culturellement   que l’on retrouve en Ouganda, en Tanzanie, au Burundi et au Rwanda.  Nous allons nous intéresser aux Bahima du Burundi.

 

Voici les clans des membres qui composent les Bahima du Burundi …

ABACHABA ; ABAYANZI ; ABANGIRAKIHAKWE ; ABAGIRAKIHAKWE ; ABASHEGE ; ABAFUMFU ; ABASARAGU ; ABADARA ; ABAVYAHIMA ; ABASAMBI ; ABASIGI ( des Bahutu selon CH.B et  des Bahima selon E.S.) ; ABASIZI ( des Bahima selon CH.B) ;  ABWITIRA ; ABAVONGOZA ; ABAZIGABA ; ABAHINDA ; ABARAMUKA ; ABASANZU ; ABASAGARA ; ABANYAKARAMA ( selon  CH.B ce sont des Bahutu, Batutsi, Batwa et selon E.S. ce sont des Bahima, des Batutsi, des Batwa) ; ABAHEKA (ou ABAHENYI) ;  ABAGANDA ; ABASHWERE ; ABACHONDORI ; ABANIMBIRI ; ABAGESHANKAZI ; ABASAMBO ; ABASHINGO ; ABAVEJURU ; ABARIYABA ; ABAMBARAMISANGE ou ABAHUKA ; ABIRUNTU ; ABAHIRWA ; ABAREMBE ; ABASAFU  ; ABITIRA ; ABASITACERE ; et ABANYAMA.

Au niveau de leur nombre, la population burundaise compte  de 8 Millions d’âmes.  Comme majoritairement les Bahima  votent pour le parti Uprona (+ partis satellites comme le MSD), on estime  plus ou moins 8 à 9% de la population burundaise, soit moins de  800 000 individus.

Sources : Tiré d’une liste de M. Eugène SIMONS (Administrateur territorial, 1944) et du livre du muganwa Charles Baranyanka -Le Burundi, Face  à la croix et à la Bannière- , 2009) .

( Attention ce n’est pas le Bible … Si il y a quelques  erreurs ou vous souhaitez rajouter, veuillez nous écrire en commentaire  DAM )

NB:  Des clans au Rwanda peuvent être considérés comme BAHUTU, alors qu’au Burundi, ils  deviennent des BAHIMA.  (ex: les BACHABA)

 

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Historiquement au Burundi, il existe un antagonisme HIMA / HUTU.

 

(1) La première facette de cet antagonisme : un conflit interne antérieur à la Colonisation.

En Ouganda, entre 1896 et jusqu’en 1962 (date d’indépendance de l’Ouganda), les Bahima qui représentent 10% de la population nationale, étaient  – le fer de lance – (ou les alliés)  de l’ Empire Britanique dans cet endroit de l’Afrique des Grands Lacs actuels.  Les Bahima sont, selon Raphaël Bitus (Cliquez ici),  un groupe ethnique  africain que l’on retouve en Ouganda ,  au Rwanda et au Burundi.
 M. Posnansky avait découvert qu’il existait dans le royaume de Nkore (actuellement une région en Ouganda), un conflit qui pesait entre les Bahima et les Baïru . Est ce  ce même antagonisme  que l’on retrouve au Burundi entre les Bahima et les Bahutu ? 

Le Muganwa Charles Baranyanka et (Feu) Antoine Nyetera (Prince Rwandais)

Le Muganwa Charles Baranyanka et (Feu) Antoine Nyetera (Prince Rwandais)


A propos de cet antagonisme, voici ce qu’en disait un prince Rwandais Feu NYETERA Antoine, lors d’une conférence à Bruxelles :

  • – Ce conflit a souvent confronté “les devins” des peuples de la “terre” ( Bajiji etc) à ceux de la “vache” ( “bahinda” / Bahima).  Lorsqu’il y avait  victoire on s’empressaient de placer ses devins.  Avec la Colonisation, c’est d’autres devins qui sont arrivés, ayant pour conséquence la perte du code ésotérique des précédents leaders.  Pour feu NYETERA Antoine, ancien secrétaire de l’Historien Rwandais, l’abbé Alexis KAGAME ( qui a joué un rôle très important dans l’enracinement de l’idéologie hamitique que nous découvrirons plus bas), la distinction entre le MUHIMA et le MUTUTSI (MUHUTU)  se comprend aisément  lorsque l’on aborde l’Histoire de  l’EMPIRE DE KITARA.


Selon  le muganwa Charles BARANYANKA, l’antagonisme Hima / Hutu remonte à bien longtemps. Il s’agit d’une constante dans la Région des Grands Lacs. Particulièrement au Burundi  où l’on peut citer quelques faits majeurs:

 

  •     – Entre 1380 – 1420, le Royaume de l’ Urundi vit une période trouble [ou d’inter-règne]. Ainsi vers 1410, NTARE I RUTSHASI ( du clan  des Bahanza, intronisé par les Bajiji de l’Urundi) va combattre RUHINDA (un Muhima) pendant près d’une dizaine d’années. La victoire de S.A.R. NTARE I sur RUHINDA marquera à jamais un conflit lointain entre les baHutu et les baHima. Encore aujourd’hui, une chanson burundaise réputée évoque cette épisode de l’Histoire du Burundi.
  •     – Sous Ntare IV Rugamba alias Rubogora (1740 – 1820),  Sebwa, Chef d’état major des armées Barundi de Ntare IV, fils de Runyota (un Muhanuzi du clan des Bajiji), frère de Ndwano,  va défaire  Baramba (fils de Mpere, le Muhima du Bugufi ou Buhagaza) près des chutes de la Kagera. Baramba a été combatu car il s’était fait construire un tambour – kirimutima ou kitutsi -, et avait proclamé son territoire indépendant.  Par la suite les trois fils de Baramba iront se réfugier au Rwanda. Cette  famille de Bahima fut exterminée.
Livre de Charles Baranyanka

Livre de Charles Baranyanka

Ces deux faits majeurs expliquent de nombreuses expressions ou chants culturelles Rundi qui évoquent la méfiance entre la Monarchie Rundi et les Bahima burundais.
Ces deux évènements expliquent ils  le  Génocide / Régicide [4] qui va suivre à l’indépendance  ?

 

(2) La deuxième facette de cet antagonisme : Le Hamitisme ou la théorie des Hamite.

Sindayigaya Jean Marie

– C’est sur cet antagonisme Hima/Hutu  que la France va jouer pour affiner son ancrage au Burundi après son indépendance en 1962. L’idée politique française (géostratégique avant tout) était de faire un croc en jambe à la Belgique qui contrôlait le Burundi depuis la fin de la première guerre mondiale (1914-1918),grâce à la Société des Nations (l’ancêtre de l’ONU).  Pour ce faire, la France va tout simple reposer sa conquête du Burundi sur les épaules des penseurs de laphilosophie hamitique -[0]  venue par les Britaniques depuis leurs colonies (Ouganda notamment) et appliqué scrupuleusement par les missionaires catholiques Belges au Rwanda-Urundi .  En gros, les Bahima du Burundi vont devenir le fer de lance de la France au Burundi indépendant.
Ainsi, pendant le Règne de Mwambutsa IV  Bangiricenge (1915 – 1966), précisemment en 1965, Micombero (un Muhima) deviendra le responsable de l’armée naissante du Burundi.  Une tentative d’assassinat du Mwami aura lieu et  environ 10 000 citoyens Barundi (Bahutu, Batutsi, et Baganwa) seront exécutés .  2000 réfugiés Barundi fuieront le pays.


En novembre 1966, Micombero (Muhima) s’installe au pouvoir quelques mois après l’arrivée de Mobutu au Congo (ex-Zaïre). Et comme marque tangible de cette prise française du Burundi au détriment de la Belgique, le “Royaume” tombe et Micombero proclame “vive la République” du Burundi.


 – De novembre 1966 à  novembre 2003, le Burundi sera sous l’emprise des Bahima burundais. On parle de la République -Hima – du Burundi (  Micombero / Bagaza / Buyoya ) . Et cela, malgrè quelques intermèdes de pouvoir sous leur contrôle, qu’aura été les règnes éphémères de : feu S.E. Ndadaye Melchior (juin-octobre 1993);  Ngeze du Comité de salut public (octobre 1993 – janvier 1994);  feu  Ntaryamira Cyprien (janvier 1994 à mai 1994); de Ntibatunganya (1994 à 1996); et de NDAYIZEYE (juin 2003- juin 2005).


 – Pendant la Dictature militaire des Bahima, il y aura des massacres importants contre les Bahutu Barundi dont 1969; 1972 (le génocide/régicide); 1989;  21 octobre 1993 [ à novembre 2003 (guerre civile)] ; 1996 (des dizaines de milliers de citoyens  Bahutu Barundi  assassinés sous protection du HCR à UVIRA dans les camps de réfugiés au Congo RDC); et 1997 [ à 2001 ( les Camps de Concentration du Burundi  avec plus de 1 200 000 victimes)].

Henry A Kissinger (USA) dénonce le  Génocide/ Régicide  des Bahutu du Burundi  en 1972, en cours sous le Régime du Muhima MICOMBERO Michel.

Henry A Kissinger (USA) dénonce le Génocide/ Régicide des Bahutu du Burundi en 1972, en cours sous le Régime du Muhima MICOMBERO Michel.

 

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Le PLAN HIMA.

Il s’agit d’un plan qui combine à la fois les deux facettes de l’antagonime Hima/Hutu vue plus haut.  C’est à la fois le désir  des Bahima de la région des Grands Lacs de conquérir des terres pour agrandir leur territoire mais aussi la volonté de servir les intérets des anciens Colons (Britaniques ou Français), puisque, selon ces derniers, leur destin semble commun au travers de l’idéologie Hamitique.
Selon de nombreux historiens BAHUTU BARUNDI,  les BAHIMA burundais, pour s’emparer du Burundi,  ont appliqué le – PLAN DE LA MISE EN PLACE DE L’EMPIRE HIMA –  vers les années 1960.

Personnages qui étaient très actives pendant le Génocide/Régicide du Burundi

Personnages qui étaient très actives pendant le Génocide/Régicide du Burundi

[1962] Lors du trouble (sic) du 15 septembre 1962 à Matanda Karuba-Kibari au Nord Kivu (au Congo RDC), une lettre a été découverte à Nyamitabo en date du 6 août 1962. Il s’agit du plan Hima [ Conquête de la région des Grands Lacs par les Hima ,  http://burundi-agnews.org/himaplan.htm  ] .  Le Ministre de l’intérieur n’est autre que Jean Ntiruhama, une personnalité parmi les Bahima burundais de l’époque.

[1968] Au Burundi, ce sont des personalités comme Albin Nyamoya, Arthémon Simbananiye, Albert Shibura, ou d’autres anciens étudiants burundais de France  qui en ont été les chantres. Par ailleurs, en 1968, un plan, découlant du PLAN HIMA AU BURUNDI,  a été mise à nu officiellement : Il s’agissait du fameux  PLAN dit ARTHEMON SIMBANANIYE [ http://burundi-agnews.org/nature.htm#Annexe 4 ]
Le PLAN ARTHEMON SIMBANANIYE est un plan d’extermination de toute la classe dirigeante de la monarchie burundaise. Selon le Ministre de l’information d’alors, Martin NDAYAHOZE (un Muhutu), Simbananiye Arthémon demandait d’écarter les BAHUTU du pouvoir définitivement au Burundi…
 Ce sont les BAHIMA Burundais  que l’on appelle pompeusement,  La clique de Bururi [ http://www.burundi-agnews.org/la_clique_de_Bururi.htm ],  qui vont mettre en pratique ce fameux plan.

[1969] Edith R. Sanders, dans “The Hamitic Hypothesis; Its Origin and Functions in Time Perspective” perçoit que l’idéologie du hamitisme  qui a été drainée  sous la colonisation peut être utilisée pour simplement rationaliser l’exploitation de l’homme noir et spolier le continent  africain.

[1993]  Après les élections démocratiques, c’est le lieutenant colonel Jean Bikomagu , un Muhima, chef d’Etat Major et  proche du dictateur Hima Pierre Buyoya, qui renverse les institutions démocratiques en participant à l’assassinat  du  président feu  Ndadaye (un Muhutu). Il s’agit pour ce dernier de sauver l’ idéal de l’Empire Hima à venir dans la Région … 

Aujourd’hui, avec la guerre géostratégique qui a lieu à l’EST du Congo RDC, on reparle de ce fameux agenda caché du plan HIMA. On évoque à nouveau l'”Empire HIMA”  ou dit “République Unie du Kilimandjaro” dont le sous-secrétaire d’Etat américain Herman Cohen annonça l’émergence vers le milieu des années 90. En effet, le projet d’intégration sous-régionale des pays des Grands Lacs avait commencé d’être évalué en 1986 en vue de la création de cette empire. Mais le trouble fête était là : KABILA Père, puis son fils actuellement !

Depuis 2005, avec l’arrivée du CNDD/FDD au pouvoir au Burundi ( c’est à dire le retour des -enfants de l’ancien Royaume Millénaire de l’Urundi- ), le projet d’intégration sous-régionale (dit Cohen ) des pays des Grands Lacs ( actuellement concrétisé par  la construction de l’EAC ) est suivi de très près En gros, les enfants de l’ancien royaume de l’Urundi, qui ont gagné la guerre contre la dictature militaire des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, et Buyoya), ne souhaitent plus être les victimes d’un génocide sans précédent [4].

 

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La Révolution de 1965 (concrétisée en 1966) au Burundi.


La révolution régicide de 1965-1966 au Burundi  considérée comme une Révolution des HIMA , ou une Révolution des BACHABA, ou une Révolution des  BASHINGO, ou encore une révolution des BASAFU (ou BASAPFU),  a été portée par des individualités parmi  ces divers clan ou  sous-clan  des BAHIMA.
Qui sont ces divers sous clan ou clan  :
BACHABA est un sous clan des BAHIMA. On trouve dans ce groupe des gens comme MICOMBERO ou BUYOYA.
BASHINGO est un sous clan des BAHIMA. On trouve dans ce groupe des gens comme BAGAZA.
BASAPFU est un sous clan des BATUTSI dont les ancêtres étaient des BAHIMA qui avaient été exterminés sous la Royauté. Voici ce que disait le Père Rodegem sur “clan” appelé BASAPFU : “Tutsi de statut hiérarchique élevé, ils descendent initialement des HIMA. Mais pour certaines raisons que la tradition a omises de préciser, le Roi, un jour, décida qu’ils devaient tous être massacrés. Il confia cette tache au clan Abongera qui organisa proprement la razzia de tous les troupeaux Abasapfu, pilla leurs récoltes, mit le feu à leurs craals et massacra tout ce qui se trouvait sur leur chemin. Un des survivants était un petit garçon qui avait trouvé refuge derrière un écran de roseaux (en kirundi SAPFU). Après le départ des auteurs du raid, il fut découvert par un passant qui décida de le conduire au Roi Ntare. Ce dernier le garda à sa Cour sous sa protection et l’appela Musapfu pour commémorer cette aventure
On trouve dans ce groupe des gens comme feu Gille BIMAZUBUTE,  Prime NIYONGABO (ex. président de la JNR) ou encore SIMBANANYE Arthémon (?).

 

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La Dictature héréditaire des Bahima burundais Micombero / Bagaza / Buyoya   ( de [1962-1965] 1966 à 2003).

« BURUNDI : QUATRE DECENNIES DE CRIMES CONTRE L’HUMANITE » (par Hon. Jean-Marie SINDAYIGAYA

« Burundi : Quatre décennies de crimes contre l’humanité » par Hon. Jean-Marie SINDAYIGAYA

Les Bahima burundais sont issus de la classe dirigeante burundaise qui a pris les rennes du pouvoir officiellement depuis  novembre 1966 à  novembre 2003 au Burundi ( officieusement depuis 1962, date de l’Indépendance ). Cette période politique est assimilée à celle de la Dictature militaire burundaise.  Le Dictateur Michel Micombero, un Muhima, est celui qui a décapité l’ancien Royaume Millénaire de l’Urundi en 1966, en proclamant -la République- du Burundi.
Il est aussi l’auteur du Génocide/Régicide du Burundi [4].
Le Dictateur Michel Micombero est une parenté  du Dictateur Bagaza (un Muhima) et du Dictateur Pierre Buyoya (un Muhima). Tous étaient d’anciens présidents de la République du Burundi. Bref,pendant cette époque, le Burundi était devenu une Dictature héréditaire des Bahima burundais.
La dictature burundaise des Bahima a été une des périodes le plus sanglante et douloureuse de l’Histoire du Burundi. En effet, il y a plus de 4.5 Millions de victimes Barundi à cette période.
 Actuellement, une Commission Nationale Vérité Réconciliation  (CNVR) est entrain d’être mise en place au Burundi pour tenter de réconcilier les Barundi à cette période trouble et meurtrière qu’a été la Dictature des Bahima burundais (Micombero, Bagaza, et Buyoya).

 

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Les BAHIMA ne sont pas des BATUTSI (c’est à dire des notables BAHUTU ) au Burundi.

Dixit Dr Lazare Ndayongeje [ http://burundi-agnews.org/agnews_lazare001.htm ] :

Jan (ou Jean) Martin-Michel van der Burgt (1863-1923), Père Blanc hollandais

” Pour le Burundi par exemple, l’amalgame hamitique a fait que la dynastie des Baganwas, traditionnellement de souche hutue soit reclassée tutsie et d’origine étrangère pour la simple raison qu’elle avait du bétail et des pouvoirs. Les Bahimas furent rebaptisés Batutsis alors que c’étaient des Bahimas c’est-à-dire descendants de Muhima et non de Mututsi. Des Hutus riches et qui avaient du bétail, voyant que les colons appelaient Tutsis les riches, les puissants et les nobles, revendiquèrent et acquirent le titre de Tutsi. Le paradoxe aujourd’hui est que les Bahimas qui depuis 1966 se disent les porte-flambeau de la noblesse tutsie du Burundi ne sont même pas des Batutsis au sens authentique du terme et qu’avant la colonisation ils étaient plutôt un clan méprisé, à part quelques lignages. Le mot Tutsi, au départ synonyme de descendant de Mututsi est venu signifier pasteur, riche, noble, Blanc dans une peau noire. Et, suite aux manipulations coloniales le mot Hutu a été assimilé à tort à serviteur, esclave alors que les termes umusuku, umuja exprimaient adéquatement ces statuts. Cette œuvre de faussaire a fini par fragmenter, pétrifier et polariser la société.”

Julien Gorju, de la société des Pères Blancs du cardinal Lavigerie.

Julien Gorju, de la société des Pères Blancs du cardinal Lavigerie.

Monseigneur  GORJU Julien, qui a écrit “Face au royaume hamite du Rwanda, le royaume frère de l’Urundi” et “Zigzags à travers l’Urundi”, citant le grand chef Nduwumwe (un Muganwa) : « Ne te méprends pas sur notre origine ; nous autres princes, notre premier aïeul était Muhutu, nous ne sommes que des bahutu … Il est des princes dont le faciès est du bantu pur. Nous nous fatiguerions à citer des noms parmi les anciens et les nouveaux. Bref , pris dans l’ensemble nos princes sont moins hamites que les simples pasteurs et, quand ils le paraissent, cela doit vraisemblablement être attribué à des unions incessamment répétées dans le stock hamite… Leurs coutumes viennent à l’appui de leurs dires. Leurs hommes de confiance sont toujours parmi les manants. Un prince, lorsqu’il épouse une fille mututsi, accomplit des cérémonies dans une hutte d’un muhutu, constituée expressément pour cela par des bahutu, dans un kraal de bahutu. Lorsqu’un prince sent la mort venir, il se fait porter dans la hutte d’un de ses bahutu pour y mourir »
 Mgr Gorju démontre que les Batutsi au Burundi, tout comme les Baganwa, sont des Bahutu. Mais en même temps, il décrit les Bahima comme de simples pasteurs (voir thèse hamitique in supra).

– Contrairement à nos habitudes contemporaines (liées à la géopolitique notamment), les BAHIMA du Burundi ne faisaient pas parti des BATUTSI dans  l’Urundi. Cela signifie que les BAHIMA du Burundi n’étaient pas des notables dans la société Rundi. Par ailleurs, on peut comprendre cette nuance à travers  le conflit qui règnait fin des années 1960 et début 1970  entre les BaHima (BanyaBururi) et  les Banyaruguru. Au Burundi,  les BAHIMA étaient  tout simplement des BAHIMA.  Ce sont les “habitudes coloniales” qui les ont amalgamés aux BATUTSI dans l’Urundi.
En effet, en Ouganda, les autorités coloniales britaniques avaient déjà créé la légende qui veut que les BAHIMA sont des ancêtres des éthiopiens (d’où “de Cham “). Mais toutefois, du côté britanique, on faisait bien la différence entre BAHIMA et BATUTSI , notamment chez l’anthropologue Sir Harry Johnston qui disait ceci :  ” Sometimes one is disposed to think that those remarkable cattle-keeping aristocracies of the heart of Central Africa- the Bahima, the Batutsi, the Makarka, and Mangbettu are descended from Egyptian colonists of 2,000 and 3,000 ago ».
Le père Pagès, au Rwanda,  dira en 1933, dans son ouvrage – Un royaume hamite au centre de l’Afrique- : «On rencontrera souvent le mot « hamite »…il sert à désigner les ‘Batutsi’ qui sont les mêmes que les ‘Bahimas’ de l’Uganda et du Nkole…les ‘Banyambo’ du Ndorwa et du Karagwe. Les ‘Peuls’ou ‘Peulhs’ (au pluriel Foulbé ou Foula) du Soudan…paraissent eux aussi, fortement apparentés à la race des Hamites.»
Avec le Père Pagès, le Mututsi du Burundi est assimilé aux Bahima de l’Ouganda et du Karagwe.
L’historien rwandais, l’abbé Alexis Kagame, ira dans le même sens  au travers de son article : « Les Hamites du Rwanda et du Burundi sont-ils des Galla ?  »  Alexis Kagame assimilera les Batutsi aux Hamites que l’on appellait à cette époque coloniale ” Hamites inter-lacustres”.  C’est à dire : les Bahima, les Bahinda, les Batutsi du Rwanda, du Burundi et du Buha.  L’abbé Alexis Kagame a participé à traverstir les Batutsi Barundi (qui sont des Bahutu) en des Hamites. Le “Hamitisme” des Colons  donnera  – la lettre de noblesse aux Bahima de l’Urundi – , alors qu’ils étaient considérés par les Barundi comme des ennemis du Royaume de l’Urundi.
Les Belges au Burundi avaient l’intention de surfer sur cette vague du -Hamitisme- qui touristiquement ( c’est à dire géopolitiquement) était intéressante.

Père Rodegem

“Les Hima”, écrit le Père Rodegem, “semblent doués pour le commandement et l’action directe”. On pourrait dire que vers 1930 un tournant s’est produit … L’idée des autorités cléricales belges à vouloir à tout prix lier le MUTUTSI MURUNDI à leur légende des HAMITES, aidée  en cela par certains Barundi, va accélérer l’approche vers la confusion internationale voulue pour qu’un MUHIMA soit lié aux BATUTSI BARUNDI.
C’est ce même courant de l’idéologie du Hamitisme qui va tout faire  pour que l’Histoire du Burundi ait ses origines ” le Nord” de l’Afrique.  Ainsi on verra que NTARE I RUTSHATSI deviendra un MUHIMA confondu avec RUHINDA, ce fameux monarque des abords du Lac Victoria et très connu autrefois dans le nord de la Tanzanie frontalière à l’Ouganda (au KARAGWE). Et même Kiranga (Ryangombe), le prophète des Barundi, deviendra un MUHIMA.  Bref,avec le Hamitisme, tout viendra du Nord c’est à dire de l’Occident actuel -le pays des Blancs-.  C’est la critique que Cheikh http://www.decitre.fr/gi/23/9782708705623FS.gifAnta Diop faisait lorsque les historiens occidentaux voulaient – blanchir l’histoire de l’Egypte antique et  –  des peuples noir d’Ethiopie et de Somalie. 
Ces dernières années pendant la Dictature des BAHIMA burundais, cette dernière confusion a été entretenue par une élite intellectuelle issue de certaines familles des BAHIMA. Ils ont continué à vouloir rendre – Ntare I Rutshatsi- , premier Mwami (Roi) de la dernière dynastie des Baganwa Rundi, comme étant un Muhima (singulier du mot Bahima), plus particulièrement en le confondant à RUHINDA ( dont est issu le clan des Bahinda). Ce qui est un non sens, pour la tradition burundaise !
L’autre confusion, drainée toujours par “ce courant du Nord”, consiste à amalgamer – Ntare I Rutshatsi – à  RUGANZU Ndoli ( monarque rwandais, dont les origines seraient celles de l’ex- Royaume “muhima” du KARAGWE ( actuellement une région localisée en Tanzanie frontalière à l’Ouganda). RUGANZU Ndoli portait le même  nom  que – Ntare I Rutshatsi – : “Cambarantama” .  Or “Cambarantama ” semble être un nom “ésotérique” ou “magique” répandu autrefois dans cette ère géographique. Sinon  certains disent  tout simplement que Ruganzu Ndoli s’est donné ce nom  pour ressembler à Ntare I Rutshatsi de l’Urundi, qu’il admirait.   D’où, pour rejeter catégoriquement cette thèse vouée à travestir l’Histoire millénaire du Royaume de l’Urundi, Ruganzu Ndoli était contemporain de NTARE II Bijanyarii. Il ne pouvait pas être NTARE I Rutshatsi.
 Dernier point à ce sujet, la réforme administrative de l’Etat Urundi faite par la Belgique  vers les années 1920,  avait étiquetté  ou élevé, certains BAHIMA, au rang de – BATUTSI – ( ou Balusi  – notable -)  dans la société burundaise.

😉 En termes de conclusion, les penseurs du Hamitisme (idéologie Hamite) ont rendu le Muhima de l’Urundi en Mututsi Burundais.

 

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– Les Accords d’Arusha ou l’institutionalisation de la confusion BATUTSI Barundi =  BAHIMA burundais de l’idéologie Hamitique.

NDUWUMUKAMA Philibert, alias KIWI, (Muhima du Burundi) vient d'être arrêté  à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) au moment où il cherchait à rejoindre le M23. Il  serait l'assassin de Feu  Président Melchior NDADAYE en 1993. Rappelons que le Dictateur Pierre BUYOYA et Jean BIKOMAGU sont indexés ...

NDUWUMUKAMA Philibert, alias KIWI, (Muhima du Burundi) vient d’être arrêté à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) au moment où il cherchait à rejoindre le M23. Il serait l’assassin de Feu Président Melchior NDADAYE en 1993. Rappelons que le Dictateur Pierre BUYOYA et Jean BIKOMAGU sont indexés …

 Le Sénat burundais s’occupe de vérifier si les équilibres ethniques ( découlant de  “l’idéologie hamitique” ) dans les institutions burundaises sont respectés. Il s’agit d’appliquer les Accords d’Arusha, signés entre les Burundais, grâce à la dynamique lancée à la suite des rencontres Franco-Britannique qui ont eu lieu après le Sommet de St Malo en 1998 où Jacques Chirac et Tony Blair (et les USA)  ont tenté de rapprocher leurs points de vue … .  Le Sénat burundais vérifie si les quota entre les BAHUTU, les BATUTSI, les BATWA, et les Femmes, sont respectés ou pas. On n’y parle nullement des BAHIMA. 
C’est un peu comme les différents derniers accords  inter-congolais (  ex. Les Accords de Sun City) où on ne parle plus de Banyamulenge mais bien de Congolais.  Il s’agit d’un processus d’assimilation !
 Les BAHIMA, qui s’assimilent désormais aux BATUTSI barundi, suite à 40 ans passé au pouvoir au Burundi sous la dictature,  créent une injustice vis à vis des vrai BATUTSI barundi (soit des BAHUTU). On parle même d’usurpation de l’identité “TUTSI” à trop forte proportion.  Pour rappel, les BAHIMA  ne sont pas TUTSI sociologiquement parlant au Burundi.

Comment cette usurpation  s’est mise en place avant les Accords d’Arusha  ? 

Une étude qui met les quota ethnique en avant

Une étude qui met les quota ethnique en avant

– Lors du coup d’arrêt donné à la monarchie millénaire de l’Urundi en 1966 par le Muhima Micombero Michel,lui et son clan  (les Bahima dont sont issus les Dictateurs Buyoya et Bagaza)  auront pris soin de se débarasser de toutes traces des Bahutu (1962, assassinat de Rwagasore et kidnaping de l’Uprona;  pendaison des fils Baranyanka; assassinat  des syndicalistes;  assassinat de Kamatari; assassinat  de Ngendadumwe et Mirerekano;  1965,Pogrom des Chefs Bahutu (dont de nombreux Batutsi et  Baganwa)  à Muramvya;  suite du Pogrom des Chefs Bahutu avec l’assassinat de leurs enfants en 1969 ;  1972, assassinat de Charles Ndizeye – Ntare V  et  Génocide des Bahutu Barundi -dont les Batutsi et les Baganwa- ).
 Après ce régicide et ce génocide des Bahutu, les Bahima burundais, jusqu’aujourd’hui, vont se camoufler derrière l’histoire des Bahutu Barundi en se faisant passer pour des Batutsi barundi [5].

– L’exemple de Bahima devenus plus Batutsi que les Batutsi Barundi, alors qu’ils qui n’ont rien à voir avec le “Mulusi” de l’Urundi. Il suffit de naviguer sur des sites comme :  netpress.bi , tutsi.org (Surviit)burundi-information.com , etc. Le même phénomène d’usurpation est entretenu par des associations burundaises  comme AC GENOCIDE ou PA AMASEKANYA etc.  Il s’agit en gros de militants  Bahima de l’Uprona kidnapé après l’indépendance  etc.  Ils sont les Burundais mis en exergue par  – l’Histoire du Burundi réalisés par l’Ecole Française –  depuis 1966.

Exemples d’organisations de l’ Extrème Droite des Bahima du Burundi

😯 En termes de conclusion, l’Histoire des Bahutu Barundi a été usurpée depuis l’avènement de la République du Burundi avec la venue des Bahima au pouvoir.  Le Tutsi institutionalisé à Arusha n’est pas  le Mulusi ou MuTutsi de l’Urundi, mais bien le Muhima des – penseurs du Hamitisme (C’est à dire de la 4 ème ethnie burundaise [6]) -.

 

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Lire aussi :

[0] Les Bahima [ http://burundi-agnews.org/hima_document.htm]
[1] Les grandes dates de l’Histoire des Barundi, et du Royaume de l’URUNDI ,  [ http://www.burundi-agnews.org/histoire_du_burundi.htm ]
[2] Burundi: Hutu ou Bahutu (Barundi)  [ http://burundi-agnews.org/societe/?p=2421 ]
[3] Burundi: Tutsi ou Batutsi.  [ http://burundi-agnews.org/societe/?p=2225 ]
[4] Le Génocide/Régicide du Burundi. [ http://burundi-agnews.org/genocide.htm ]

[5] Etude d’un système institutionnel adapté au Burundi, USAID / FONDATION POUR L’UNITE, LA PAIX ET LA DEMOCRATIE , Bujumbura, Août 1996, [ Consultants : Dr. GATUNANGE Gervais, Professeur, Faculté de Droit. Mr. HABONIMANA Balthazar, Ambassadeur Mr. NDAYISENGA Gérard, Inspecteur de la Justice], [ http://www.grandslacs.net/doc/0303.pdf ].

[6] Nom que donne l’ancien dictateur Buyoya (un Muhima) à la communauté internationale.

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13 comments on “Burundi: Hima, Muhima, Bahima, et le Hamitisme.

  1. Je vois que vous avez 4 questions au total. Je comprends les 3 premieres questions et je n’ai pas de reponses precises. J’ai par contre une toute petite question p/r a la 4eme question que je comprends a moitie:

    Pourquoi 15 ans et pas 10 ans ou bien 33 ans ou bien 125 ans ?

    Bien a vous,
    Rusengo

  2. Réécrire l’histoire d’un peuple ancien comme les Batutsi serait chose aisée si les précédents malheureux d’une telle entreprise ne laissaient pas des traces amères que les gens ordinaires que nous sommes connaissent bien pourtant. Les activistes-gribouilleurs du site AgNews devraient mieux apprendre a dissimuler leur “plagiat”. L’original du copyright revient de droit à un manuel de 25 pages résumant une “Nouvelle Histoire du Rwanda” à l’usage des interahamwe et autres relais de la propagande exterminatrice (car le génocidaire tue toujours 2 fois: les corps et les mémoires). Le fameux manuel fut rédigée par les experts du “Ministre de la Défense Nationale” sous Habyalimana en 1993, soit quelques mois avant l’Apocalypse qui a emporté autour de 2 millions de Tutsi là-bas. Un manuel de 25 pages donc qui n’a pas vraiment porté bonheur à ses auteurs, que du contraire ! Voilà l’original de cette version-pirate d’AgNews, dont même peu de Hutu conséquents semblent sont réellement fiers.

    • M. Muramira,

      Le Burundi n’est pas le Rwanda. L’Histoire des Barundi et l’Histoire des Rwandais sont différents.
      Exemples : Des clans Bahutu (comme le Bachaba) au Rwanda sont des Bahima (Batutsi) au Burundi. Des clans Batutsi au Burundi (comme les Benegwe) sont des Bahutu au Rwanda.

      Bien à vous
      DAM
      Burundi-agnews.org

    • Foutaises et propagande assez typiques ce ceux qui, surgis de l’Ouganda vers le Rwanda, puis du Rwanda vers la RDC, semblent à présent surgir du Rwanda vers le Burundi, où ils ont pour agenda d’élever un rideau de fumée sur la Vérité plutôt que de concourir à son triomphe! Il semble qu’il s’agisse aussi de l’agenda de l’Inko(ro)otanyi Muramira, “Celui-qui-saisit-vivement”, ou “Celui-qui-épaule” (une litière d’umureruzi, un fusil AK47), ou “Celui-qui-soutient” (un certain big boss de Kigali, par exemple), à moins qu’il ne s’agisse de Muramika, “Celui-qui-allume” sa cigarette itabi ou sa pipe nkononko, en disciple de Muramikwa car il aime mettre le feu… plutôt que de dialoguer sincèrement en apportant des éléments fiables et vérifiables, avec références scientifiques. Vérité et Justice, sinon blablabla…

  3. Sur 1972. Duplicata d’un commentaire poste sur le site “iwacu” le lundi 30 avril 2012 à 16 : 33 : 09

    Cela fait quelques jours que des médiateurs d’opinion, généralement qualifiés de « hutu », se livrent à l’exercice annuel consistant en des envolées lyriques sur ce qu’ils appellent le « Génocide des Hutu de 1972 », sans aucune retenue, et comble de surprise, sans aucune réaction proportionnelle de la part d’aucun site qualifié de tutsi. On peut probablement objecter qu’il n’y a pas encore véritablement de plateforme d’expression tutsi, mais dans ce cas, il est grand temps qu’il y en ait au moins 1, 2, 3 voire 4, étant donné que ce qui se passe dans le cas d’espèce ne s’en tine pas à des témoignages de victimes simplement éplorées, mais relève d’un matraquage médiatique à des fins de propagande politique, de vengeance aveugle sur des cibles désignées, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent.

    Je me sens donc interpellé, en tant que Tutsi adulte et averti, à faire quelques distinctions qui pourront servir à d’autres intervenants de mon groupe ou à d’autres qui savent de quoi on parle quand on fonctionne dans des cadres logiques, et surtout face à des sujets d’une telle actualité au Burundi et dans la région. Les choses ne sont pas aussi simples que certains le prétendent, et la réflexion de Mr BIRUTEGUSA est là pour le rappeler : « La vérité historique ne peut être une sommation des vérités subjectives ». J’ajoute en ce qui me concerne que la « VERITE HISTORIQUE » n’est pas la seule souhaitable, puisqu’en la circonstance elle est impossible à établir (cf. Michel de CERTEAU), du fait de la nature de l’objet sur lequel elle s’applique en l’occurrence (un conflit sanglant survenu dans des conditions qui dépassent le contrôle des acteurs supposés, et qui avait pour motifs un renversement de rapports de force politiques et militaires sur un espace qui dépasse celui dont les commentaires font généralement mention). On pourra éventuellement y revenir avec illustrations à l’appui, si les modérateurs le permettent…

    Commençons par ébaucher les différents STATUTS de ce qu’on appelle généralement la « VERITE ». Cet exercice de typologie très simple nous permettra de mesurer l’abime qui existe entre le rédacteur de l’article et un certain public averti dont je me revendique, dans le respect des clauses de la diversité. Nous distinguons 10 statuts de ce qu’on appelle LA VERITE.

    1- LA VERITE POLITIQUE . Ex : celle qui se dégage au terme d’élections pour départager les candidats à l’exercice de mandat politique. En fonction des acteurs et des règles en place, les conséquences peuvent être gratifiantes ou fatales pour l’un ou pour l’autre candidat ;

    2- LA VERITE PHILOSOPHIQUE. Ex : la leçon de pensée et de vie que dégage le conte philosophique de Voltaire qui s’appelle « Candide » peut faire l’objet de multiples développements philosophiques et de plusieurs applications à des situations passées ou présentes, en fonction de la personne qui précède à cet exercice intellectuel. Maitre Pangloss sait qu’on n’énonce pas impunément ses principes de base à Genève ou à Surinam ;

    3- LA VERITE THEOLOGIQUE. Ex : On ne discute différemment de l’UNICITE de Dieu à Athènes sous Périclès et à Nyanza sous Musinga, et les conséquences de telle position ou de telle autres peuvent être gratifiantes ou fatales ;

    4- LA VERITE JUDICIARE. Ex : L’actualité du monde nous indique que le meilleur juge du monde peut se tromper, avec des conséquences incalculables pour l’un ou l’autre de ses « clients ». Rappel : « L’Affaire Dreyfus » ;

    5- LA VERITE DIALECTIQUE. Ex : En fonction de celui qui regarde se dérouler les événements sur un espace donné, un certain nombre de rapports de causalité peuvent se dégager entre des faits et pas ed’autres, alors qu’un autre témoin verra d’autres types de causalités. Ex, certains verront dans l’extermination des Batutsi en 1993, une conséquence mécanique de la « petite colère » (« AGASHAVU ») après l’assassinat du président hutu NDADAYE, alors que d’autres verront l’exécution d’un plan froidement préparé et soigneusement managé de la part des dirigeants Bahutu de l’époque ; d’autres enfin y verront même un suicide collectif des Batutsi (cf Bruon BETLHEM parlant des Juifs) ;

    6- LA VERITE SEMANTIQUE. Ex. Ce n’est pas la même chose d’appeler la Commission dirigée par Mgr SERAPION, « COMMISSION NATIONALE DES TERRES ET AUTRES BIENS » ou bien de l’appeler « COMMISSION NATIONALE DE CONFISCATION DES TERRES ET AUTRES BIENS APPARTENANT AUX TUTSI VAINCUS ». La question qui se posera en filigrane est bien sûr « Les Tutsis ont été Vaincus par QUI ? » ;

    7- LA VERITE CHRONOLOGIQUE. Ex. On tire généralement des conclusions différentes des faits suivants : a) L’ex-roi NTARE V est mort le 5 mars 1972 à la prison de Mpimba ; ou bien b) L’ex-roi NTARE V est mort le 29 Avril 1972 au Palais de Gitega ;

    8- LA VERITE SITUATIONNELLE. Ex. quelqu’un qui dit : ‘En 1972, je me suis retrouvé orphelin tutsi de Vugizo’ ; et un autre qui dit ‘En 1972, je me suis retrouvé exile hutu originaire de Kayanza’ qui dit la vérité commune ? ;

    9- LA VERITE BIOLOGIQUE. Ex. Nous mourrons tous à un moment ou à un autre. Il n’y a rien à faire. Appliqué à 1972, vous voyez ce que ça représente du côté de DARWIN et disciples ;

    10- LA VERITE VRAIE. Je suis curieux de savoir qui peut me la définir par rapport à des situations comme 1961, 1972, ou 1993 au Burundi !!!

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  5. Amis burundais. Je lis “feu Ntaryamira Cyprien (janvier 1994 à mai 1994)”. Pour rappel, S.E. Cyprien MTARYAMIRA a été assassiné en même temps que son homologue rwandais S.E. Juvénal HABYARIMANA, lors du coup d’Etat du 06 Avril 1994, à 20H32 environ, opéré, lors de leur retour de Dar es-Salam, par l’envoi, depuis la colline de Masaka, de deux missiles Sam-16 livrés par l’URSS à la NRA ougandaise, puis livrés plus tard sur ordre de Yoweeri KAGUTA MUSEVENI par la NRA aux rebelles du FPR. L’assassinat a été perpétré par le NETWORK COMMANDO du 3-Bn du FPR, basé depuis décembre 1993 au CND à Kigali en vertu des accords d’Arusha. L’ordre d’assassinat de S.E. Cyprien MTARYAMIRA et de son homologue rwandais S.E. Juvénal HABYARIMANA a été donné par le rebelle du FPR Paul KAGAME, actuellement président autoproclamé du Rwanda. Chaque mot de ce message est pesé. Vérité et Justice pour la Région des Grands Lacs d’Afrique Centrale.

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